mercredi 15 août 2018

Portraits et sagesse 145

Natif de 1949, Si Mohamed avait obtenu le titre d’ingénieur diplômé de l’école supérieure de l’électricité et du gaz de Paris, pour faire une carrière brillante à la STEG de Tunisie, avec un penchant notoire à la recherche historique dont l’histoire contemporaine du pays. Ce que l’amena à couvrir certaines périodes la deuxième guerre mondiale dans deux livres historicistes et importants. Cette fois, dans son nouveau livre « Un Tunisien au cœur du IIIème Reich », il relata le parcours d’un homme dans les mailles des services de propagande de Goebbels, avec des éclaircissements assez explicites sur la période d’autrefois et la contexture socialo politique de l’époque. Depuis son recrutement progressif, sa mise au pas, sa mise à l’épreuve, son dévouement, sa « déportation » utilitaire, son excès de zèle, son mariage « orfi » à cause de l’ethnicité allemande, ses difficultés après la guerre, sa condamnation par contumace et son retour au pays juste avec la dite indépendance salutaire…Si Mohamed Noureddine Dhouib, avait bien narré le parcours en limitant quelques fois l’extrême limite son approche juste à la dimension du personnage. Le livre avait bien évoqué la sympathie d’une grande partie du peuple Tunisien aux forces de l’axe, croyant à un sort meilleur et la délivrance d’une dépendance totale à la France. Ce qui était très ambigüe, au point que cette prise de décision difficile, avait bien effleuré l’esprit de Bourguiba avec une visite étrange en Italie. Si Mohamed Torki, personnage du livre, avait terminé sa vie auprès des siens en Tunisie…avec peut être un remord, mais l’intention était comme l’avait bien répété Si Dhouib, « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». A l’occasion de la sortie de son ouvrage historiciste, il vint visiter l’espace de mon action mémoire de la mer et de l’homme en m’offrant son livre et écrire sur le livre d’or du « musée » écologique. D’ailleurs, en plus de sa connaissance lors des réunions de l’association de sauvegarde de la presqu’ile de Zarzis, j’ai aussi vu ses interventions dans un film documentaire au sujet de la libération de l’Afrique du nord par les alliés, dans lequel, Si Noureddine avait bien participé favorablement. On a eu de bonnes discussions surtout sur les portraits que je faisais globalement sur les personnalités de Zarzis et ailleurs, sans omettre de citer Si Abdelmajid Dhouib, sa compétence et son professionnalisme…pour arriver à citer le grand des grands, Si Abed Bouhafa. Si Noureddine croyait que ce dernier, malgré sa grandeur et ses compétences linguistiques, artistiques, politiques et journalistiques…était aussi la cause de la mise à l’ombre et l’oubli volontaire de développer la région de Zarzis comme les autres au moins, par Bourguiba qui l’avait utilisé en « Sparring partner ». Toutefois, il était très chaud au sujet du père, Si Jilani Bouhafa, qui avait renvoyé les décorations avec une longue lettre de protestation et de révolte au sujet des actes barbares de Tezerka perpétrés par les soldats du protectorat contre la population civile pacifique. Voici donc, une page publiée sur les projets de Si Mohamed Noureddine Dhouib, au sujet de la reconstruction de Borj de Zarzis et éventuellement les cinq ksars du littoral uniques dans le monde. Suite à l’invitation de l’association de sauvegarde du patrimoine de Zarzis, Si Mohamed Noureddine Dhouib, ingénieur chevronné travaillant à Tunis, avait présenté un projet conceptuel et technique, visant à la reconstruction du Bordj de Zarzis, détruit dés l’indépendance dans des circonstances douteuses et sous des prétextes ridicules. Construit aux alentours de 1770, par Ali Bey, ce petit fort à pont levis et des miradors dans les coins, perché sur un monticule de pierre, au milieu de l’oasis, avec aussi un puits à l’intérieur pour assurer l’alimentation en eau en cas de siège…et résister aux razzias des tributs Nouayels de la Lybie, participa à l’installation progressive des habitants et la création d’un petit centre d’échanges et de convivialité. Entouré de cinq ksars de plaine en bord de mer, phénomène unique dans la région, il y avait aussi une ruelle totalement ombragée d’arbre et complètement couverte par une végétation touffue, plusieurs marabouts signalant aussi certains sages des tribus, des km et des km de haies de cactus fleuris ou fruités….qui avaient été, détruits méthodiquement, à la hache de l’ignorance, à la dynamite de la bêtise et aux niveleurs du nouvel conseil municipal. D’après Si Dhouib, le rôle du délégué et son gouverneur, était radical soi disant dans le sens d’éradiquer tout ce qui est ancien et la ville perdit ainsi, une grande partie de sa mémoire. Voilà donc, une belle initiative, visiblement sérieuse, pour la reconstruction du Bordj, au jardin de la délégation et pourquoi pas, la reconstruction de l’un des cinq ksars de cet oasis maritime gigantesque. L’association du patrimoine, s’engagea à entreprendre les démarches préliminaires, le suivi du projet et son exécution, pendant que Si Mohamed Noureddine Dhouib, confirma sa disponibilité à cet effet et sa position privilégiée à Tunis pour les contacts de rigueur avec les différents ministères. Une bonne initiative, qui pourrait être suivi par d’autres, capable de reprendre la mémoire collective de l’oubli, au service de la culture, du tourisme et l’histoire. Avec la satisfaction collective pour cette orientation, les anciens de la région, Si Nourridine Sraieb, Si Abdelmajid Dhouib, Si Abed Bouhafa, Si Béchir Nebhani….et d’autres, pourraient dormir en paix, car leurs souhaits seraient exhaussés, Inchallah. Lihidheb Mohsen 13.08.17

jeudi 9 août 2018

Coquille et "Tahboulisme".

Quelques fois, il faut avoir la possibilité, la faculté et la passion d’entrer, sortir, observer, provoquer, lire et essayer de comprendre, cette société en gestation permanente, dans un nuage d’unanimisme confortable et stoïquement convivial. Basée principalement sur les compromis, les plafonnages, les lignes de conduites, les couloirs étanches et linéaires, les concepts préétablis dans touts les domaines, les techniques de formation, de formatage et de nivelassions, elle refuse toutes nouveautés et se satisfait des préceptes fixés et finis. Cet état de fait, l’arrangeait bien, et n’avait pas besoin de prévenir, de programmer, de fructifier ou de se créer un parcours évolutif et cohérent, car la fixation était totale et la soumission était générale. Dans ce monde très particulier et difficile à complaire sans tomber dans des compromis compromettants et jouer le jeu du sectarisme violent, il fallait bien entreprendre des actions comportementales de diversion et de mouvements parallèles imposant le droit à la différence et la diversité du paysage. Cette coquille, alimentée par le « Tahboulisme » un comportemental situé entre le simplet, la désinvolture, la marginalité de fait, la présence effective dans toutes les activités sociales, l’insaisissabilité mercuriale durable, le journalisme d’investigation, l’opposant global, le visionnaire indomptable, le fonctionnaire terrifiant par sa voracité au travail, l’ami inconditionnel des pauvres et l’ennemi des injustices, l’omniprésent et l’acteur en plein milieu de touts les incidents sociaux et les problèmes de la région, le dangereux citoyen à l’intelligence supra humaine, le volontaire bagarreur pour toutes les causes advenant… avait bien permis à Boughmiga, d’exister pendant les dictatures politiques et les mainmises sociales. Ce n’était pas forcément de la traitrise ou l’animosité vis-à-vis de ce qui était local, mais une sorte de démarcation vitale particulière, permettant à Boughmiga, de se consacrer à ses principes de liberté et de justice. Dans un élan de sortie du peloton du troupeau pour mieux le voir et mieux le servir, il ne cessa d’œuvrer inlassablement pour l’embellissement conceptuel et spirituel de son milieu humain. Bien sur avec l’action directe, dans son amour pour l’environnement, avec les centaines de poèmes et textes qu’il distribuait comme des tracts subversifs, avec ses dizaines d’interventions radiophoniques à la radio locale avec des forcing aux tabous politiques, avec la douzaine d’assemblages artistiques géants, sauvages et contestataires squattant les lacs salés, avec les milliers de photos et écrits publiés sur le net animant touts les créneaux de la communication, avec les livres et les interventions directes lors des débats et les opportunités légales de discourir, avec le contact direct avec les gens et la frange de la société susceptible d’écouter le langage de la justice et de la dignité…Boughmiga avait bien contourné la région par terre, mer et par les ondes du ciel. Un accompagnement sans paternalisme ni partisanats politiques, visant essentiellement à épanouir l’homme et l’intégrer dans son milieu ouvert et paisible. Ainsi, cette coquille individuelle sociétale, acquise, conquise, et ce Tahboulisme maitrisé, avaient bien permis à Boughmiga de composer favorablement, avec une situation très difficile, où le dictat politique exigeait la soumission, où la société exigeait l’unanimisme inconditionnel et où les devoirs parentaux étaient sacrés et basiques. Tout de suite après la « révolution », plusieurs contacts arrivèrent à Boughmiga de plusieurs personnes importantes, craignant d’éventuelles représailles de ce dernier, ignorant qu’il était en réalité pacifiste jusqu’au bout. Lihidheb Mohsen 09.08.18

mardi 10 juillet 2018

L'erreur, comme chaque fois.

Cette fois, c’était dans mon garage que le pigeon avait choisi de couver ses deux petits œufs, pour avoir une filiation et certainement de la chaleur et de la convivialité. Je ne l’avais su qu’après avoir vu comment elle partait à chaque entrée de ma voiture ou ma présence pour la sortie. Après quelques jours, pendant son absence, quelques parts dans les palmiers de l’oasis maritime, j’ai monté ma petite échelle pour voir, un nid approximatif, avec deux œufs au milieu, bien au fond. Je sais toujours pas pourquoi le squatteur, avait choisi cet endroit, exposer sa progéniture aux dangers et les caprices des hommes imprévisibles, mais, aussi, c’était peut être à cause de fuir les prédateurs naturels, les chats, les rapaces, les hiboux, les chats sauvages, les corbeaux, les serpents… comme si l’homme n’était pas aussi d’essence, un chasseur cueilleur, d’œufs et de viande fraîche. Comme toujours, l’idée de vérifier les chances de sécurité pour cette nidification et la réussite de la couvée, ne m’était pas venue à l'idée, me limitant à réduire mes entrées au garage, laissant ma voiture en plein canicule. Quelques jours après, un seul œuf avait éclos, donnant un beau petit pigeon, qui ne manifestait pas encore ses dimensions générales et les particularités de son espèce. Toutefois, j’étais très surpris de constater la disproportionnalité entre l’œuf d’où il venait de sortir et sa taille effective, qui allait au rapport de un à dix. Peut être, l’air et le vide ambiant, avaient enflé sa structure et soufflé dans ses œufs et ses plumes naissantes. Je ne pouvais toujours rien faire et il me suffisait de rester loin et réduire les dérangements. Aujourd’hui, après la sortie de la voiture, le nid n’était plus là, l’oisillon n’y était pas non plus et les brindilles du nid étaient par terre avec les traces dégoulinants d’un œuf cassé sur le mur. Au début, j’avais pensé que le pigeon aurait pris son petit et parti, mais ce serait impossible à cause du temps nécessaire encore à l’entretien et le développement physique nécessaires au petit pour voler. Ce n’était qu’en regardant mieux, que j’ai constaté les effets dévastateurs d’une attaque canine et tactile perpétrée par un chat. Car juste dans le mur mitoyen, il y avait la porte d’une armoire murale qui aurait servi au saut acrobatique du félin pour atteindre la fenêtre squatté et portant de la viande fraîche. Il y avait aussi des objets renversé juste sous l’endroit et témoins des traces du crime, si crime il y avait. Maintenant, avant de parler de ce désastre, de la porte principale de la maison, un chat inconnu, vint me montrer ses canines agressives, en miaulant en provocateur en ma direction. « Yallah », Dieu est grand et il y a tout dans le monde. Il suffirait de laisser la violence « naturelle » à ses niveaux basiques tout en œuvrant à en déconstruire l’instrumentalisation et les destructions de masses. Lihidheb Mohsen 10.07.18

lundi 9 juillet 2018

Luminosité et obscurantisme

Au milieu des années soixante, il n y avait pas de lumières artificielles, la nature faisait bien les choses et même, on se brulait les boucles de cheveux en se penchant sur les lampes à pétrole pour préparer ses devoirs de l’école moderne. Boughmiga était bien conscient de cette fusion avec les éléments de l’ambiant et profitait pleinement de cette liberté infinie et cette intégration positive. Chaque soir, après les informations radiophoniques de huit heures, pour écouter les résultats du foot entre espérance de Zarzis, et le « Railways », ou Metlaoui, la Djerissa, Enfidha, Gabés, Sfax, Msaken…et quelques fois l’espérance de Tunis, pour dire que les partenaires étaient aussi, les endroits portant les empreintes socio-industrielles des colons d’autrefois. Ainsi, chaque soir, sur les pas…de ma destinée, je descendais le talus de cactus vers la mer, en plein oasis, traversé au milieu sur une douzaine de kilomètres par une ruée de sable fin, entrecoupée par des oueds en face de chaque vallon de la colline paralléllo-linéaire. Une fois, portant une chemise blanche, assez visible dans l’obscurité opaque du village, je descendais vers la mer et en traversant la route en trottinant, j’avais entendu, quelqu’un que j’avais reconnu de suite par sa voix, en train de lire presque en criant pour se donner confiance, des sourates du saint Coran, me prenant pour un fantôme. Je suis passé sans le déranger, pour ne pas le décevoir, ni faire de lui, certainement un ennemi gratuit. Il aurait aussi la latitude, jusqu’à nos jours, de raconter son aventure fantastique à ses petits enfants, surtout, quand, parait il, il revenait d’une cérémonie traditionnelle de danse mystique et socio-thérapeutique. C’était au même endroit, que j’avais rencontré la lumière de la première ampoule électrique du village, chez une personnalité politique et qui rayonnait même sur la ruelle. Boughmiga, paradoxalement, peut être jusqu’aujourd’hui aussi chez certains, avait perçu négativement cette intrusion comme une violence et une entorse à l’ordre établie par la nature, pour la nature et les hommes intégrés. Avec le temps, Boughmiga s’accoutuma à l’artificiel collectif même s’il ne pouvait plus observer les étoiles, la nuit avec ses jumelles ordinaires. Plus tard, pour répondre à cette rage interne, en trois en un, il passait des mois à remplir des milliers de bouteilles en plastiques en eau potable, pour les garder des intempéries, pour recueillir les lumières du soleil par leurs réflexions au couché et au levé, et aussi pour étancher la soif millénaire de ses ancêtres et sauvegarder de l’eau dans un reflexe de survie. Sans réduire les possibilités de lucidité de chaque personne, le contournement, la réalisation et la vision directe des éléments de la vie et ses lumières, demandent beaucoup de contemplation et de dépassements des préétablies et des conventionnels. Dans cette optique, Boughmiga, opta pour une approche insolite, basé sur l’inversion des concepts, des échelles, des mesures, des accordés…du tableau de bord, pour embrasser le tout et l’ambiant, comme il se doit, sans interférences culturelles et cultuelles, le laissant exprimer son message et son cycle. Dans une sorte d’idées expérimentales pour devenir véritablement des idées véridiques, un mouvement non stop donnant des idées acquises et confirmées, pour arriver enfin au verbe, qui cette fois serait chez Boughmiga et son expérience, plein de contenance et de véritable message de la vie. De ce fait, par exemple, si on parle du Dieu du verbe, Boughmiga avait aussi le bonheur de toucher les empreintes directes du créateur dans touts les objets, toutes les fleurs, tout l’ambiant et toutes le lumières…pour véhiculer cette ascension irrésistible vers les dimensions divines, d’une autre façon complémentaire et merveilleuse. Comme quand on avait envoyé Boughmiga à travailler à Ejdaria, une façon de se débarrasser de lui, pendant qu’il était heureux car dans ce petit bled, il pouvait lire à volonté ses livres et nettoyer les longues plages en dehors de son temps de travail réglementaire. Juste pour dire, qu’il récupérait et insérait toutes les activités dans son cycle de mouvement écologique et humain. D’ailleurs, en plus des centaines de contraventions, des jugements, de lynchages, des menaces de morts, des « dirty tricks », des provocations, des pièges dangereux, des mises en quarantaine, des pénalités onéreuses aux causes bidons…il avait toujours refusé de flancher, luttant par sa capacité à subir et sa force de résistance et de justice. Il avait aussi refusé catégoriquement d’émigré à l’étranger, car pour lui, il pensait que s’il y aurait de solution, elle ne serait que locale, intégrée et courageuse. A cette occasion, il serait bien de reporter véridiquement ce qu’avait dit un jeune distrait du village « Hé vous, les revenants et travaillant à l’étranger, hé vous les prétendus réfugiés politiques, on sait, on sait, comment vous avez eu les papiers des renseignements généraux… ». Juste pour dire, que l’obscurantisme avait fait des lumières aux pays des lumières, pour revenir en millionnaire, au bled, et incinérer méthodiquement au chalumeau les rares sources de lumières et d’illumination. Juste après la révolution chaotique et même jusqu’à nos jours, Boughmiga avait senti que l’étau se resserrait encore, malgré la fuite de la dictature, car les éléments associatifs et sociaux, le plafonnage usuel, jouaient aussi le jeu de l’exclusion et le nombrilisme maladif. Il suffirait d’être différent, de voir les choses autrement, de naviguer seul, dans un monde tribal, clanique ou corporatif, pour se faire claustrer…ce qui n’était pas toujours négatif pour Boughmiga, qui jouissait ainsi de sa liberté de mouvement et de se consacrer à sa marginalité intellectuelle. Dans le même ordre d’idées, la lampe publique devant la maison de Boughmiga resta pendant sept ans éteinte, soit la période du conseil municipal « révolutionnaire », ce qui ne dérangeait pas quand on est contre la consommation d’énergie dans un pays non pétrolier, mais, la raison, l’arithmétique, les mathématiques, les statistiques, le bon sens…et le hasard, refuseraient la fortuité de cet acte mesquin. D’ailleurs, rebelote, depuis l’avènement du nouveau conseil municipal élu, cette fois, c’est toute la rue qui est dans l’obscurité, au damne de ceux qui croyaient que ce geste anti social constituerait un dérangement. Restant toujours, un militant global, pour l’écologie, l’humanitaire et toutes les lumières et les illuminations…Boughmiga avait été souvent l’objet des insultes vulgaires sur le net, au niveau de leurs auteurs et leurs refus de toute vérité ou juste pour le fait d’être différent. De ce fait, et sans à priori politique ou idéologique, rares seraient ceux qui comprendraient la démarche contre courant et l’attouchement des éléments de la vie, par l’expérience, l’action directe, la fusion avec la nature, reléguant en dernier lieu, le verbe creux, redondant et souvent réducteur. Rares seraient ceux qui comprendraient, en plus de la religion populaire de nos ancêtres, sa sagesse et son intégration confortables, l’importance des approches acquises par le mouvement créateur et recréateur au point de réaliser et souligner les empreintes divines de la vie. Ainsi, la différence est amplement manifeste entre les lumières et l’obscurité, entre la lucidité et l’extrapolation, entre la certitude et les approximations, entre le bien…fondé et le mal….conçu….pour dire à la fin, que l’ascension vers Dieu, ne serait pas par l’exclusion de l’autre, mais seulement avec l’autre, quel qu’il soit. Lihidheb Mohsen 09.07.18

lundi 2 juillet 2018

Médenine, réussite de la rafle.

Voila encore, quand on commence à faire l’apologie des rafles et des descentes policières sur les pauvres, ce ne serait que des croisements d’intérêts peut être, des alliances temporaires et conjoncturelles…mais, quand même, même en restant fidéle à sa qualité de contestataire humaniste universel, il faut bien admettre, les actions des autres au profit de la nature et la faune de la région. Cette fois, je n’avais pas l’intension d’aller encore une fois au souk du dimanche de Médenine, mais, un ami m’avait demandé de l’emmener au souk du bétail, pour acheter des chèvres destinées aux festivités culinaires accompagnant le mariage proche de sa fille. En effet, il y avait déjà une chaleur torride et j’avais découvert pour la première cette partie du souk, où, sur trois cents mètres au moins, sur une partie de la terre longeant le fameux oued, des chèvres, des moutons, des ânes, des chameaux…et des hommes s’entrecroisaient, marchandaient, attendaient et remplissaient les camionnettes à deux étages de bêtes, aussitôt achetées. Une ambiance agréable, bien locale avec des gens très ordinaires de la région, pourtant, je n’avais d’yeux et d’intérêts que pour la verdure de l’oued, à coté. Avec les croissement des grenouilles et leurs chants merveilleux, la végétation touffue commence déjà depuis le marché de brocante, pour finir à trois kilomètres au moins vers Hassi Médenine, au fond, vers l’est. Une petite jungle, d’une centaine de mètres de large, qui serait certainement le monde de toute une vie animale, diversifiée, en lièvres, chats sauvages, hérissons, porc épics, sangliers… Il faut dire que depuis quelques années, ce dernier avait fait une intrusion progressive vers le sud, s’échappant de la traque incessante des chasseurs dans les buissons des oasis du sud ouest. Il faut dire que le sanglier, n’est pas aimer, ici aussi, non seulement pour l’interdiction religieuse de la consommation de sa viande, mais aussi, pour ses attaques fréquentes sur les vergers et les plants de pastèques et de légumes. D’ailleurs, dans un excès d’imagination et peut être à cause de sa nouveauté sur le terrain du sud Tunisien, les gens le prenaient pour un monstre très dangereux et réagissaient massivement à chaque fois qu’on le signalait. Cet animal, a été en quelques sortes, sauvé par la croyance, mais il faut bien laisser à la vie animale, ses espaces, sa zone de chasse, ses possibilités de survivance, pour qu’elles ne s’attaquent pas aux champs des paysans. Cette végétation intense, au milieu de la ville du gouvernorat de Médenine, m’avait comblé de bonheur, squattant, ainsi un espace hors de la portée des hommes, au même cœur de l’oued, couvant ainsi, la vie et assurant la diversité animale et sa durabilité. Profitant d’un moment, j’ai aussi fait le marché des bricoles, jusqu’au bout, cherchant sans succès des livres ou des jeux d’échec, pour arriver enfin à la place des volailles et comme par hasard, au milieu des poules, des femmes aux jambes croisées et engembant les cartons de poussins, j’ai commencé à chercher ce qui avait été interdit à la vente, le dimanche dernier, voire les tortues naines, les hérissons, les caméléons…pour ne rien trouver, heureusement. J’ai fait encore un deuxième tour, pour trouver enfin, deux bestioles en cages, une sorte de rats des montagnes, exposés à la vente. Deux petits mammifères, avec une taille entre celle d’une souris et celle d’un rat, portant une belle toison en noir tachetée de blanc, attendaient un acheteur possible et de préférable, quelqu’un qui aurait pitié d’eux. Devant mon interrogation, sur la vente désormais interdite des animaux sauvages, un jeune garçon et un homme barbu, m’avaient expliqué que ces rats sont des animaux domestiques et comme les lapins, les poules et les autres, leur commerce est licite. Ils commencèrent, gentiment, à m’expliquer leurs bienfaits surtout quand on les met avec les lapins domestiques, car ils les nettoient des puces et des parasites. Ils m’avaient dit aussi, que leur pisse, « désinfecte » leur enclos et éloigne les dangers de maladies. « sic », car peut être l’effet est plutôt le contraire et le juste équilibre est toujours difficile à atteindre et établir. Toutefois, j’étais satisfait des résultats de la compagne de la garde nationale et l’autre dimanche, au point de constater cette fois, une stricte application de la loi, interdisant le commerce des animaux sauvages. Bravo encore une fois, pour cet élan de justice et d’éthique, et un petit rappel aux autorités, pour la route, de s’abstenir de tirer sur les chiens errants sans pitié et d’opter pour des solutions plus « humaines » du contrôle de leur prolifération, ne serait ce que par la castration. Il est désormais temps, d’aborder ce coté de la situation des animaux, d’un niveau supérieur, surtout quand la science s’est bien développée et les vétérinaires, en pionniers et en médecins de compagne, prolifèrent dans notre région. Lihidheb Mohsen 02.07.18

lundi 25 juin 2018

Religion et lumières.

Quelques fois, il faut bien faire un temps d’arrêt, un moment de réflexion, une pause du guerrier, une introspection extravertie, une dénudation du travestie culturel, une cavalcade dans le parcours de la mémoire, une focalisation passagère sur les erreurs commises et subies, une revue sur les contres pieds et les déconvenues du chemin de la vie, une méditation transcendantale en spirale vers le créateur et l’au-delà, il faut bien un bain de foule avec les galaxies, les gaz vagabonds et les trous noirs, un squat en stop sur une comète allant nulle part, une explosion fictive dans l’immensité de l’univers, un attouchement amical de ses propres composants physico-chimiques avec celles dans les espaces…, il faut bien donc, quelques fois, un « in », un « on » et un « en plein dedans », pour crier bingo, victoire, pour la saisie de ce laps, blitz, de vie offert par l’amabilité de la divinité. Un donquichottisme minuscule et insignifiant qui par son chaotique et son incohérent, s’inscrit obligatoirement dans le mouvement universel du créateur et ses créatures. « Just moove », il suffit de bouger, bouger, pour vivre et laisser vivre, pour créer et recréer la synchronisation des éléments des mouvements. Alors, comme ça, Boughmiga, une clone comme toutes les autres, avec quelques différences de tempérament, s’escrimait dés le debut, en soliloque intrinsèque, avec les vicissitudes du temps tout en apprenant des erreurs, des claques, des échecs, des chutes, du courroux paternaliste…un fond accumulé de raison et de bon sens. Un « nie wieder », un « never again », un « plus jamais ça », qui rappellent tragiquement les catastrophes humaines, mais, mais, dénoncent solennellement l’instrumentalisation des holocaustes et des génocides pour justifier de plus en plus atroces. Juste pour dire que le parcours de vie d’une personne ou celui d’un groupe humain, les compromis d’un homme pour l’intégration et celles des hommes de décisions, ne sont pas contradictoires et pourraient paradoxalement cette fois, à ce niveau du développement général, faire un grand compromis majeur et irrévocable, pour la paix et l’humanité. Enragé de vie, mordant dans la fameuse pomme d’Adam et évitant de regarder la feuille de vigne d’Eve, tout en restant humble, discret et insignifiant, Boughmiga, nageait dans touts les sens, à embrasser tout ce qu’apportaient les vagues du quotidien. Depuis la planche de l’école coranique, il n’a pas cessé de lire dans plusieurs langues et chercher à approcher certains auteurs dans leurs propres langues comme James Joyce, Jack London, Goethe, Nietzsche, Musil, Shakespeare, Dante, avec une certaine difficulté pour ce dernier. En plus des leçons de la vie, les lectures permettaient aussi de sauter sur celles d’autrui et profiter de milliers d’expériences et de réflexions. C’est ce que je disais aux enfants des bibliothèques, que lire cent livres, revient au fait d’avoir vécu cent une fois. Bien sur, cette prédisposition intellectuelle anonyme, m’avait permis d’aborder touts les domaines de la vie et devenir l’ennemie numéro un des autorités. Cet omni présent, cet insaisissable, ce poète de constats contestataires, cet opposant permanant, ce conscient dangereux de nos manigances et nos erreurs, cet agitateur politique, cet humaniste sauvage, ce francophone qui serait un agent des Français, cet anglophone qui serait une antenne pour les Wasp, un germanophone qui serait l’agent de Berlin, cet ami des Libyens qui serait un homme de Kadhafi, un ami des particularistes malgré eux et malgré nous voir les noirs, les juifs, les minorités biologiques, les émigrés, les pauvres, les opposants…qui serait l’un des leurs, ce tireur sur tout ce qui bouge de la médiocrité et le bon sens pour une éthique de vie meilleures et des avertissements précurseurs et qui serait un agitateur anarcho-machin, ce syndicaliste initiateur de base et certainement inféodé radical à la centrale, ce défenseur des droits des familles des islamistes en cavale, pour un minimum de vie décente et qui serait l’un des leurs, cet activiste écologique et écologue qui serait un danger permanent…en bref, ce Boughmiga, qui n’a pas une raison d’être ou toutes les raisons d’être et il faudrait trancher pour minimiser les risques et le neutraliser. Pendant qu’en réalité, Boughmiga n’était que l’espion fidéle à lui-même et fondamentalement à Dieu le tout puissant s’il le veuille bien. Ainsi fut fait, une menace de mort, une mise en quarantaine administrative, des dizaines d’inspections iniques et infructueuses, une douzaine de pièges et « dirty tricks » pour faire tomber Boughmiga, des informateurs constants tout autours de lui, des agressions de clients programmées, des douzaines de procès verbaux administratifs ridicules, une bonne cinquantaine de pénalités pour des excès de vitesses imaginaires et commandités par l’intelligence brute et brutale, deux tentatives d’empoisonnement par la boisson, des intrigues de destruction programmée de sa personne….tout cela, et il ne faisait semblant de rien, comme si de rien n’était et subissait toutes ses iniquités comme si elles étaient normales, et ce par sa force de supporter la violence, l’inséminer par la sagesse et la transformer en énergie fulgurante et un élan foudroyant et optimiste. A des moments, il réalisait comment il était cloitré, trappé, biaisé, eu… et foutu jusqu’au bout, mais paradoxalement, il mettait la cinquième vitesse et au lieu de choir, démarrait en vitesse vers les horizons du combat juste. Bien sur, dans tout ce micmac entêté, il y a des moments de compromis, des leurres comportementaux, de couvertures aveuglantes, des brouillards propageant le doute, des préjugés mentaux maitrisés…afin de déjouer la machine infernale de la déchéance et de la violence, car Boughmiga, avait bien une famille, une grande famille, à nourrir et à entretenir avec son maigre salaire. Il devait aussi faire passer son action écologique insolite et prédicatrice, sans toucher à ses principes d’activiste humanitaire recalcitrant. Il faut dire qu’avec la baraka des ancêtres, il y avait aussi un parent dans le milieu militant social et à qui je voue beaucoup de gratitude, qui avait intervenu à certains moments pour m’éviter la prison et le lynchage haut et cour. Pourtant, Boughmiga pense, que la prison aurait été plus facile que les « stalkation » journalières et non stop et les souffrances à chaque moment de la mainmise du mal cynique et gratuit. Dernièrement, même après la grande compagne d’information de l’ouverture du « musée » écologique au public, seuls deux jeunes étudiants en cinéma, étaient venu filmer l’action de Boughmiga en se concentrant particulièrement sur l’émigration clandestine. Le jeune occupé à prendre des séances et des photos et la fille m’inonda de questions, tout en restant quelques fois silencieuses et contemplatives. A un moment de ma narration de ce drame, j’avais remarqué des larmes dans ses yeux et certainement une solidarité avec les victimes de cet exode écologique. Elle était surprise de l’ampleur de cette action tout azimut, et à travers la perspicacité de son questionnement et son intérêt, j’ai pu retenir une de mes idées volatiles et insaisissables dans les mouvements de mon corps et mon esprit, que voici : « Moi, Lihidheb Mohsen, Boughmiga le néanderthalien, je peux affirmer et confirmer, que pendant toutes mes activités de baroudeur stoïque dans des conditions de pauvreté et de fragilité énorme, que devant mon entêtement déterminé et constant, et malgré les soupçons injustes, j’avais deux supporters, sponsors et référents majeurs, qui étaient premièrement les valeurs de l’islam local et paisible et deuxièmement, le temps des lumières de l’homme et sa civilisation universelle de voltaire et de Rousseau. » Lihidheb Mohsen 25.06.18

dimanche 24 juin 2018

Medenine, opération commando.

Comme d’habitude pour visiter le souk de Médenine, il faut y aller très tôt, avant le levé du soleil. Cette fois, à cinq heures et demie, le soleil pointait déjà sur l’horizon de la mer et me dirigea vers l’ouest pour faire mon parcours entre les légumes et les brocantes et revenir avant la montée fameuse de la température de Médenine. Il parait que cette particularité climatique, revient au sol gypseux et argileux de cette région. D’ailleurs on peut toujours constater en hivers et en été, la différence et la teneur de l’ambiant, à partir de Khalfallah, à l’aller ou au retour, qui parvenait souvent à dix degrés. Sans incident, ni précipitation je parvins là-bas quand les marchands de légumes ambulants mettaient encore leurs étalages et déversaient les sacs de piment et coupaient les potirons. La plupart d’entre eux venait du centre ouest, lieu intense de production de légumes et seuls quelques détaillants à même le sol et avec des balances manuelles, proposaient des tomates, des piments…ou les fruits de saison, du producteur au consommateur. Confirmant mes descriptions précédentes de cette rencontre populaire et l’observation étrange de Boughmiga, qui quand il s’arrêtait à voir les passants, il pouvait juste par la vision du profil du visage et l’allure générale du corps, identifier, les Hawiwi, des Wederni, des Abbessi, des Akkeri, des Djerbi, des Touzni, des Jelliti, des Douiri et Chnennawi et aussi des gens du nord. Sans recourir aux particularités lexicales, pour fixer certains, on peut dire que le look des traits du visage et la forme du corps suffisaient et même les Libyens qui font parti des sections anthropo-linéaires même s’ils ne se manifestaient pas par leurs particularités vestimentaires. Juste pour dire, que le bain de foule est très agréable, dans ce petit monde hétéroclite et diversifié. Malgré le fait que nos concitoyens de couleurs, sont identifiables au point de voir les origines soudanaises par leur noir foncé, les maliennes par leur physique maigre, les sénégalaises par leur stature…et le melting pot, prédominant dans le nord est de Médenine, reste difficile à retracer. Dans ce marché immense de chaque dimanche, qui prend tout le long de l’oued traversant la ville sur deux kilomètres au moins, les légumes, les habits, les volailles et le brocante, permettaient une longue marche que Boughmiga appréciait beaucoup de bon matin avant la chaleur. Comme il se plantait souvent, dans des fixations capricieuses et subites, il lui arrivait d’acheter sur une bonne période, des radios juste pour rendre hommage à la musique, des chaines métalliques juste pour compatir avec les victimes du commerce triangulaire, de la poterie ancienne et des couvercles en laine tressées à la main juste pour la mémoire des anciens et les femmes actives, des livres dans toutes les langues quand il y en a pour les lire et remercier leurs auteurs, des caisses et ustensiles qui auraient servi pendant les dernières guerres pour penser aux milliers de morts bêtement. Malgré que certains objets aient servis dans le « musée » écologique et culturel de Boughmiga, ou dans sa grande bibliothèque personnelle, cette fixation comportementale lui avait coûté très cher surtout quand il passa une bonne période à prendre des photos en papier de toutes les traces d’animaux qu’il trouvait dans les plages pour lequel il payait ses salaires complets. Maintenant, des centaines de photos sur papier, dépassées, mais heureusement pris sur le numérique dernièrement. Peut être c'était un instinct d’accumulation, un réflexe de survie qui se manifeste nettement dans son action avec l’ambiant, comme s’il était le dernier des vivant et cherchant le souvenir des autres et voulait à tout prix sauver les éléments de la vie et leurs profonds mouvements. Depuis quelques mois, les produits s’uniformisaient sur l’électronique ou les objets aux spécifications suspectes provenant de la Libye. Un vendeur de thé, qui vendaient aussi des livres au début, avec sa carriole usée, avait offert à Boughmiga un bon petit casse croûte de pain et de salade fait à la maison puis un verre de thé noir. Un client engagea la discussion et parla du dernier grand naufrage des émigrés clandestins disant qu’avec les deux milles dinars pour la traversée, ils auraient aussi achetés des habits et gilets gonflables de sauvetage et de flottaison, pour seulement quelques dinars et d’avoir ainsi survécu. Il apprécia aussi l’idée, devant la dernière décadence footballistique, de devoir s’ouvrir sur le monde et s y intégrer, tout en gardant ses propres valeurs culturelles. Entre les étalages de vêtements usagés, une véritable aubaine pour les pauvres et même la classe moyenne, il y a un stand portant depuis des années un tas de livres, dans toutes les langues et rares étaient ceux qui pouvaient en acheter parce qu’ils étaient en anglais, en allemand ou en italien. Une bonne occasion pour Boughmiga que les œuvres importantes restaient à sa disposition. Dans le même stand, il avait remarqué la dernière fois, il y a trois semaines, un bouquin en anglais, « the bible », qu’il acheta cette fois, pour un dinar, non seulement pour son prix, mais aussi à cause de son devoir de respect aux livres sacrés. Même s’il se considère musulman, aussi bien culturellement, sa condition de penseur et de grand lecteur de livres, l’amenait à respecter toutes les religions et croyances. Passant par le petit attroupement de vendeurs, d’acheteurs et de curieux autours des volailles, entre les poules aux pieds enliassés, les poussins dans des cartons, des lapins en noir et blanc, des canards multicolores Egyptiens, des dindons, des pigeons, des cailles d’élévage, des œufs de compagne…des oiseaux de compagnie, des perroquets verts, il remarqua un hérisson dynamique dans une grande cage d’oiseau pour lequel son jeune propriétaire avait demandé cinq dinars. Il avait certainement faim et devant la remarque à ce sujet, le jeune avait juste rigolé. Il ne savait pas bien sur, que Boughmiga l’achèterait pour le remettre en liberté dans les oueds viables pour la vie animale. Faisant encore un tour au milieu des petites bêtes et des marchandages, il pensa offrir à ses petits enfants des poules et des canards, pour qu’ils aiment les animaux, mais il se ravisa pour préparer avant un poulailler convenable. Revenant au vendeur de l’hérisson, il rencontra un homme transportant avec un air grave des tortues naines dans un carton et qui demanda à Boughmiga pourquoi il regardait avec insistance alors il lui répondit « je regarde ses malheureux ». C’était juste en ce moment, qu’il réalisa que c’était un agent de l’ordre, qui confisquait toutes les bêtes sauvages proposés à la vente dans ce souk. Cette descente, lui avait été confirmée quand il avait vu un homme en treillis vert avec l’hérisson dans sa cage qu’il avait vu tout à l’heure. Il parait que c’était la brigade des forets responsable de la vie des animaux sauvages. J’avais entendus l’un d'eux déclarer à haute voix que la vente des animaux sauvages est interdite. J’avais circulé encore sur la place pour voir la rigueur de cette rafle insolite et j’étais convaincu du sérieux de cette démarche ô combien salutaire malgré qu’elle avait bien tardé. Plus loin, j’avais aussi remarqué un autre agent en tenue réglementaire faisant le guet pour prévenir toute fuite des vendeurs d’animaux illégalement. Bravo et mille bravo à cette initiative, qui malgré son efficacité, devrait être constante et accompagné pour toute une compagne de sensibilisation, par le contact direct avec les parties, les associations et les medias. Il faut rappeler que dans la médication traditionnelle, certaines personnes recommandaient le sang de l’hérisson, la viande de la tortue, celle d’un lézard, le cœur du chacal ou la foi du renard, pour une guérison supposée de maladies imaginaires. Toutefois, c’est une très bonne nouvelle pour assainir le souk de Médenine et déconstruire tout un système d’offre et demande d’animaux sauvages, par la loi, la vigilance et la désillusion. Lihidheb Mohsen 24.06.18