jeudi 29 mars 2018

"je dénonce"

Ce n’est pas le « j’accuse » de l’affaire Dreyfus, la protestation contre l’empoisonnement de Socrate, le lynchage d’El Halladj, la pendaison de Sacco et Venzetti, l’orchestration des guerres meurtrières, l’instrumentalisation des famines, la gestion des pestes et de la modification génétique… Ce ne sont pas seulement, le commerce triangulaire de la traite humaine, les génocides ethniques partout dans le monde, les compromis à sens unique au service du mal, la mainmise sur les mécanismes de la nature en produisant la vie dans des batteries industrielles…mais, un cri total, de dénonciation, de refus, de protestation, de colère, d’insubordination totale, de mutinerie à bord, de coup de gueule retentissant, d’accusation irrévocable de mise à l’index en flagrant délit, des preneurs de décisions humains depuis l’avènement de l’esprit humain. Une vérité douloureuse, qui se manifesta à travers toutes les gesticulations de l’homme à travers son histoire macabre. Avec catastrophisme et refus légitime, cette situation de boucheries humaines interposées, aurait pu s’arrêter depuis la deuxième guerre mondiale et dans le conteste ambigüe de « never again », ou « plus jamais çà », quand la violence aurait dû être déconstruite à l’extrême. De multiples rendez vous avec l’histoire, d’occasions concertées et irrévocables, auraient pu venir à bout des malheurs de l’humanité. A quel point fallait il faire de compromis dans le sens de satisfaire l’industrie militaire, et jusqu’à quels millions va t il falloir y réfléchir sérieusement !! De ma part, Boughmiga le néanderthalien, homo sapiens sapiens, Tunisien, arabo musulman, citoyen du monde, militant global pour les causes écologiques et humaines, rencontrant presque chaque jours, les rejets par la mer des restes des victimes de l’émigration clandestine, dénonce solennellement cette violence et cette destruction de masse, des pauvres et des démunis. Une situation, qui était justifié par la dictature de Kadhafi, mais qui perdure, par la nature des structures économiques et des rapports de profits entre les pays. « Mamadou », comme je l’appelais arbitrairement et avec une amitié intellectuellement fétichiste, était la victime typique de ces drames malheureusement durables. Un homme, qui avait été opprimé au pays de sa naissance, épuisés par la traversée du Sahara vers la mer de Lybie, exploité sauvagement dans ce pays, expédié sommairement dans des bateaux vétustes vers les forteresses du nord…pour mourir bêtement noyés en mer entre les bâtiments de guerre et les plateformes pétrolières. Un homme, pauvre, comme la plupart, qui grandit sans dignité, vit sans dignité et mourut sans dignité…sous les yeux indifférents des mastodontes mercantilistes. Quelques uns, eurent « la chance » de tomber sur Boughmiga sur les plages de Zarzis et Chamseddine Marzouk dans le croissant rouge Tunisien, pour avoir enfin, un enterrement digne, des prières sur leurs âmes et un respect universel, Allah Yarhamhom. Que ceux qui ne veulent pas regarder la vérité en face, admettent au moins cette situation humanophage, vorace, se placent au niveau de leur responsabilité historique et dénoncent haut et fort toutes les violences contre la vie, d’où qu’elles viennent. Paix à vos âmes, solidarité et compassion à Mamadou et les autres. Lihidheb Mohsen « Boughmiga » 29.03.18 "أندد واتهم" انه ليس الاتهام المعهود على قضية درايفوس...أو على تسميم سقراط...وتفكيك أواصل الحلاج...وشنق ساكو وفنزتي...والتصرف في الحروب...واستعمال الآفات الاجتماعية...وابتزاز الأحداث والتغيير الجيني...انه ليس فقط الاتجار الثلاثي بالعنصر البشري...والمجازر الاثنية في كافة أنحاء العالم...والتوافقات المشبوهة لصالح تجار العنف والسلاح...والحكم في آليات الطبيعة لتصنيع الحيات الحيوانية في طوابير مقرفة...بل انه صرخة شاملة...احتجاج كامل...رفض كلي...تنديد كبير...عصيان فوق السفينة...وإشارة واضحة ضد أصحاب القرار...واتهام صريح لما ألت إليه البشرية منذ تبلور الفكر الإنساني. حقيقة مرة...تبلورت في كافة مراحل التاريخ وبناء الحضارات على أنقاض الماسي...لذلك بكل كارثية واحتجاج مشروع...كان بالإمكان إيقاف هذه المجازر البشرية المتناوبة والمتعاقبة...خاصة بعد الحرب العالمية الثانية وأسطورة "لن يتكرر" "نفر اققن"...عندما كان ممكنا القضاء على العنف إلى حده الأدنى...وضاعت مواعيد عديدة مع التاريخ ومناسبات متكررة للتخلص من الكوارث التي تسببها أنانية الإنسان. هنا وجب السؤال بإلحاح...إلى أي مدى يمكن مواصلة التفاوض في اتجاه إرضاء صناعة السلاح والدمار الشامل...والى مستوى كم مليون من البشر يموتون تحت أنظارنا... سنتوقف. من ناحيتي...أنا بوغميقة النيندرتالي...هومو سابيان سابيان...تونسي عربي مسلم...مواطن عالمي...مناضل شامل ودائم من اجل القضايا البيئية والإنسانية...أجد كل يوم بقايا الغرقى في البحر من الهجرة الاقتصادية...أندد بكل قوة بهذا النوع من الدمار الشامل الذي تذهب ضحاياه من الفقراء والمعدمين في الأرض. هذه الوضعية التي كانت مبررة جزافا بدكتاتورية ألقذافي...ليتبين إنها نتيجة التركيبة الاقتصادية الموروثة وعلاقات الهيمنة بين الدول. وكان "ماما دو" الذي أسميته في إطار مقاربة صادقة وحميمية فكرية عميقة... الضحية المعبرة من الخمسة ألاف لهذا الظلم المستديم. عبر الصحراء الحارقة على قدميه...عمل لسنوات من العبودية للحصول على مبلغ العبور إلى أوروبا الجنة الموعودة...ركب سفينة معطبة...ليجد نفسه غارقا ومعدما بين مصطبات البترول الضخمة وأساطيل الحرب العملاقة...ثم يجد نفسه أو ما تبقى من جسده ملقى على شاطئ البحر...كرجل ترعرع دون كرامة مثل جل الفقراء...عاش دون كرامة...ليغرق دون كرامة...ويضيع جسده بعيدا عن أهله دون كرامة...تحت أنظار عمالقة الدولار. وكان لبعض الضحايا شيء من الحظ عندما وجدهم بوغميقة على شواطئ جرجيس وكذلك شمس الدين مرزوق من الهلال الأحمر التونسي...ليقع أخيرا دفنهم بطريقة محترمة والصلاة على أرواحهم...رحمهم الله. فعلى الذين لا يريدون أو لا يقدرون على رؤية الحقيقة مباشرة...والوقوف على كارثية الوضع...أن يرتقوا إلى مستوى المسؤولية الإنسانية التاريخية والتنديد بدون هوادة على كل أنواع العنف ضد الحياة من أين كان مأتاه... تضامن ومواساة لمامادو والآخرين...رحمكم الله. محسن لهيذب "بوغميقة" جرجيس 29.03.18

mardi 27 mars 2018

Portraits et sagesse 138

Borhen Abichou. Monsieur Boran, pour de bon, à le temps et vogue sa voile avec le vent…surtout quand, il fait parti des gens, qui eurent leur éducation dans la capitale, laissant, nous autres, enfants des paysans, sans perspectives ni plans. Borhen Abichou, Boran le sage, Boran le choux, un homme insolite, différend, dans le bon sens, artiste, rêveur, militant politique, contestataire organique, ne rate jamais une occasion, pour afficher sa position, gauchisant avec un brin d’humanité manifeste. Il passa un bon moment à Zarzis et Djerba à s’escrimer avec les circonstances, à s’accrocher sur les événements, à participer à toutes les manifestations politiques de gauche, à essayer des pratiques artistiques diverses. A un moment, il fit du bon travail de calligraphie scarabesque sur les galets ramassés de la plage de Sidi Kbir. Il avait fait de très belles pièces qui impressionnèrent Boughmiga pour qui il avait offert quelques pièces d’art. Au moment des réfugiés venant de Lybie, Borhen s’activa auprès des organisations de secours et s’engagea pleinement pendant quelques années. Sans vie familiale contraignante, il était totalement libre et comme un bourdon, il vaquait entre Zarzis, Bengardane, Djerba et Tunis, selon l’état de sa santé et ses sauts d’humeur. Cette liberté, le lançait un peu trop et disproportionnellement dans des orientations aussi militantes soient elles, au point de nuire à sa condition d’artiste distrait et créatif. Actuellement, il parait qu’il s’est enfin stabilisé à Tunis, et surtout sur son activité de dessins artistiques sur les galets polis par les vagues de la mer qu’il travaille désormais, sérieusement. Voilà, une identité, un Boran saisissable, une personne créatrice et un artiste né. Bon courage, Si Borhen Abichou. Lihidheb Mohsen 27.03.18

Portraits et sagesse 137

Hamed Jlidi. C’est un haut cadre de l’administration Tunisienne, directeur du complexe multifonctionnel de l’école de pêche de Zarzis, Si Hamed, était originaire de Hmadi Elguebli, en plein dans l’oasis vert, réputé par ses carottes et ses champs de sorghos. Fils d’un Moaddeb, il avait la faculté organique de puiser dans l’éducation arabophone et le savoir en général. Ayant travaillé au début dans le nord, Si Hamed avait acquis, en plus de ses compétences administratives, une capacité exceptionnelle de communication et d’accueil. En relation verticale comme dans toute hiérarchie qui se respecte, Si Hamed Jlidi avait aussi des contacts horizontaux fructueux avec la maison de la culture, les diverses associations, les comités de festivals, les organismes du port, les formations multiples, les groupes venant d’ailleurs pour des manifestations culturelles, ainsi qu’une logistique multifonctionnelle d’arrière garde pour tout le monde. Comme toute personne intelligente, responsable et à la page du comportemental adéquat et juste, il subit l’occultation de la périphérie politico affairiste, ce qui n’était pas assez prononcé avant la dite révolution. Bien sur, le critèriel décisif, qui reste et restera en faveur de Si Hamed, est le fait d’être utile, indispensable et remplissant toutes les failles des approximations en vigueur. Respect, reconnaissance et bon courage à Si Hamed Jlidi, l’homme de touts les moments. Lihidheb Mohsen 27.03.18

Portraits et sagesse 136

Comme il lui plaisait de se faire appeler Habib Toubib, il était et le reste toujours Sfaxien, né à Zarzis, docteur en médecine dentaire, installé à Tataouine depuis une bonne trentaine d’année. Intellectuel relativement contestataire, il avait la chance d’être en accès direct avec une catégorie de clientèle, authentique, originale et arrivant directement de la montagne et des fonds de la Djeffara. Il était aussi très actif dans les manifestations culturelles de la région, l’identité architecturale du bled des ksour, la présidence et la relance du musé et l’association de la mémoire de la terre. Si Habib Toubib, était l’un des organisateurs de la visite inter associative la ville de Ghadamès, Sinawn et Nalout. Une initiative très importante surtout quand les deux dictatures vaquaient à pleine vitesse. Il parait qu’il avait fait un gite d’accueil et de logistique touristique au flanc de la montagne du village troglodyte Chenini, une infrastructure, socio culturelle adéquate et au conforme aux produits touristiques alternatifs. Plusieurs objets hétéroclites du patrimoine local avaient été collectés dans ce bel endroit. Bien sur, Si Habib Toubib, a su combiner entre ses origines Accariennes, sa Sfaxianite et son dynamisme culture et affairiste personnel. Respect et encouragement à Si Habib Belhedi. Lihidheb Mohsen 27.03.18 Kenza. Comme elle est belle cette citadelle Sur le mont de Chinini Juste au milieu à l'abri Très artistique et culturelle. En plein dans la montagne En troglodytes anciens De vraies grottes et cavernes Accueillent l'Homo Sapiens. J'y ai mangé à gogo De succulents plats locaux Et le goût des mets est encore Toujours présent et très fort. Avec la bouffe et le dessert Il y a encore le thé vert Et l'aliment culturel Dans son musée traditionnel. Je veux bien y revenir Pour y rêver et m'assoupir Avec le confort des pensées De l'architecture et de l'art Bien servi et comblé Comme jadis un grand Tsar. Mais le Tsar du Ksar, Celui qui vient à Chenini, Ni arrogant ni bavard, Ne pourra être qu'un ami. Et les vallons du village font écho, De tout ce qu’il y a de beau, Dans les assiettes et les cerveaux, Des arabes et berbères locaux. Lihidheb Mohsen. 31.12.07 Le chant de Ghadamès C’était au milieu du Sahara, au fond de l’oasis ombragés, dans les ruelles sinueuses, obscures et longues, dans l’appel de lumière au fond des couloirs, à travers les ouvertures dans les toits ou les miroirs réfléchissants l’espace et le temps, c’était dans la blancheur des murs de terre, de paille, de centre, de troncs de palmiers traités, de pierres placées selon leurs natures, leurs poids, leurs réactions au climat et les intempéries, dans les courbes des escaliers, des voutes, des lucarnes, des porches et des chambrettes confortables, dans les décorations par des objets utilitaires et artistiques en même temps avec quelques peintures murales rouges dans un style arabesque et scarabée, dans l’exploitation optimale des espaces, des étages, des dénivellements, des recoins, des rôles, des priorités et des idées, dans le rapport de sagesse avec la foi, la famille, la tribu, l’autre et soi-même, dans l’inspiration géniale de scinder cette petite communauté en deux « gens » compétitifs et complémentaires afin de garder les motivations et l’aspiration vers le meilleur et se réunir impérativement devant un danger extérieur, dans la fusion des connaissances et savoirs dans la vie de touts les jours, dans le temps, les mouvements, le climat et la matière, dans l’assimilation des valeurs et techniques acquises et importées par les caravaniers, dans la simplicité déconcertante du culte et rituel et la proximité de la création et du créateur, dans la vénération de la source « Aïn El Frass » et la gestion sacrée, juste et précise de l’eau, Ô combien précieuse au milieu du désert, dans la préservation de l’oasis pour les palmiers, les arbres fruitiers et les agrumes tout en contenant rigoureusement les constructions, dans l’humilité des gens, dans leurs habits amples et simples, dans leurs sourires retenus, dans leur sérieux des insulaires, dans la gastronomie et l’équilibre nutritif, dans l’accueil, dans les petites histoires, dans la timidité des blagues, dans les contes, dans la réalité ambiante… au fond des verres de thé à la mente, … j’ai perçu, la sagesse, la civilisation, l’éthique, l’esthétique artisanale, la chaleur humaine, l’intégration, l’authenticité, la crédibilité, l’équilibre et la paix, auprès des Ghadémsis. Dans la ville, hors de l’oasis, j’ai vu plusieurs groupes de femmes, dans les magasins à marchander des habits modernes et pendant qu’elles regardaient curieusement mon accoutrement « Wazra Akkaria avec un Kabbous rouge vif », j’ai eu la latitude de contempler les beaux traits de leurs visages et les regards pleins de confiance et de plénitude. Cette rencontre m’avait fait plaisir car c’était une preuve de l’émancipation de la femme dans ses valeurs locales et à sa façon, et de l’accompagnement actif de l’homme dans ses performances culturelles et sociales. En faussant compagnie au groupe, Boughmiga le néanderthalien, l’insaisissable que je suis, ai fait un tour en solitaire, à travers les bordures de la ville moderne encore en construction. Dans un kiosque à essence, j’ai rencontré un groupe de caravaniers en 4X4 faisant leurs derniers préparatifs pour la traversée du désert. En confirmant un pressentiment, j’ai constaté, qu’ils avaient un profil bas et effacé et parlaient un français que je n’ai pu identifier à travers les quelques mots que j’ai capté en les croisant en voiture sur la place du kiosque. Plus loin, sur un espace vide bordant un vallon, j’ai descendu de voiture, pour voir tout au fond un début d’agglomération bidonville avec de morceaux de zinc. J’ai tout de suit pensé aux pauvres émigrants clandestins de l’Afrique sub-saharienne, qui se hasardent plein nord à travers les mers de sable et les mers aux vagues mortelles, ainsi qu’à travers les obstacles humains des lois. J’ai souhaité me tromper, car le pays baigne dans l’opulence et un populisme africanophile. Le soir, après les cérémonies officielles et officieuses, le groupe, hommes et femmes, était invité dans une maison privé aux alentours de Ghadamès, à quelques kilomètres vers le nord. Le salon était long et haut, au tour du mur, des coussins et matelas multicolores sur lesquels nous nous sommes familièrement affalés. Au milieu, des plats de sucreries, gâteaux, dattes et des confections locales de petits pains au piment. Prés de la porte pour dissiper la fumée, un grand homme au kéfié noir à antenne, s’affairait avec l’attirail de thé avec des gestes précis et engagés. L’ambiance était agréable et conviviale, après un diner aux chandelles succulent, malgré son incompatibilité éthique avec un plein Sahara, et cette escale était plus conforme à nos besoins et habitudes culturelles. Comme il se doit, la discussion commença par l’échange de poésie ponctuée par des argumentations amicales sur les fameux classiques de la culture arabe. C’est alors, qu’il entra, ordinaire, insignifiant, en habits traditionnels, salua légèrement et s’installa à coté du maitre du thé. Doucement, il sortit son luth « oud » de son étui en toile, et après quelques balbutiements vocales et sonores, il nous prit doucement vers le ciel, entre les dunes, à onduler au gré de la musique, loin des hommes et leurs futilités, au dessus des « langues », au dessus des frontières et des barrières artificielles. Il chanta Libyen, puis Tunisien et Algérien, et confirma l’universalité de Ghadamès et sa culture, et nous accrocha pour toujours, à sa sagesse et son humanité, par cette symphonie de la vie, dont les notes ont été fredonnés sur les dos des chameaux dans touts les sens, pendant des siècles. Lihidheb mohsen Eco artiste Zarzis Tunisie 11.02.09

Le repos fixe, du guerrier.

Il arrive, quelques fois, à Boughmiga, de rester fixe, coi, béat, comme il se doit, pendant quelques dizaines de minutes, à voir sans regarder, à flotter dans les airs de l’univers et de faire le vide intérieur pour mieux nager libre dans l’immensité des galaxies. Il regardait les nuages bouger, bouger, les ombres se dilater ou se rétrécir et sentait l’horloge biologique danser au rythme de son cœur. Des rayons de soleil transperçaient son corps aquatique, des fourmis s’accrochaient à ses joues et des araignées sortaient gesticulantes de ses cheveux tissant leur toiles jusqu’en bas et atteindre le sol. Faire le vide et voltiger, léger, avec une toute petite portion de perception et un coin minuscule de l’esprit humain, étaient amplement suffisants pour planer au dessus de l’espace et du temps. Au point, à la fin, de se surprendre loin de chez soi, son corps, à visiter les milliers d’années de lumières de mouvements et de tractations, au risque de ne plus pouvoir réintégrer sa carapace insignifiante. Une belle ballade, d’anéantissement du cancan du présent par le néant et l’intensément grand. Une comète, passait, et Boughmiga la prenait en stop, vers d’autres constellations inconnues, cherchant de la vie comme il l’entend, culture oblige, dans la vie. Soudain, les chèvres sauvages des voisins, entrèrent dans la verdure de son jardin, et l’obligèrent à se réveiller net, se ressaisir et défendre son coin de verdure. C’était comme Am Belgacem, qui quand il entrevu un scorpion zigzaguant devant lui, coupa net sa prière et aplatit l’insecte à coup de souliers. Heureusement, Boughmiga, n’avait pas à user de violence et dans un geste de défense, chassa les petits monstres, qui malgré le renouvellement naturel de leur effectif, avaient fait, depuis des décennies, un carnage dans le village. A proposito, Boughmiga avait horreur de l’élévage et pensa toujours que laisser les animaux dans leur nature, leurs milieux et parures, tout en les aidant à mieux s’intégrer, vivre en bonne santé et prospérer, serait plus juste. Ainsi, réveiller par la cavalcade capricorne, Boughmiga, revint sur terre, en tourbillon non stop, en contradiction avec sa fixation intergalactique. Il se mettait au clavier à six heures trente, pour faire cinq parties d’échecs blitz, avec le drapeau Tunisien, qu’il gagnait le plus souvent toutes, pour prendre son petit déjeuner et aller au travail plein d’énergie. Il faut imaginer son fougue et son tempérament sur le lieu quand il faisait en quelques heures ce que les autres faisaient en trois jours au moins. Un décalage, une avance, un manque d’intégration peut être, qui dérangeaient paradoxalement, même l’administration en soi, le système et la médiocrité usuelle. Cette fois, avec un malaise dans les ventilateurs, « poumons », le jeu d’échecs au café n’était plus possible à cause des fumeurs, « liberté oblige » et Boughmiga se rua sur le jeu en ligne du net à jouer avec des partenaires effectifs et pros. Il se laissa engloutir par cette manie pendant quelques jours et négliger les autres activités d’écriture, reportant à chaque fois, la date de reprise l’activité normale. Jusqu’à quelques dizaines de minutes de maintenant quand j’ai enfin trouvé l’équation salvatrice en ne jouant juste pendant les récréations et laissant l’autre temps de travail normal à la scribouille et la provocation. Tout de même, il a fallu apporter un cappuccino du café culturel de Si Mokhtar, à fin de siroter les idées et coudre le temps. Voilà donc, l’escrimeur de palmiers, le chasseur de médiocrité et le cueilleur de bonnes idées humaines, au service de son temps, aussi court soit il, Dieu merci. Lihidheb Mohsen 27.03.18

mercredi 21 mars 2018

Portraits et sagesse 135

Mounir El Abed. Originaire de Gabés, Mounir El Abed, inspecteur général des écoles primaire, avait fait plusieurs années de sa carrière dans les structures de l’éducation à Zarzis. Plutôt francisant, il était très compétant dans son travail et aimé par tout le monde aussi bien ses collègues ou le milieu culturel et pédagogique. Il était bien engagé dans les activités scolaires éducatives et artistiques dans le théâtre et les manifestations culturelles. C’était dans ce sens, qu’il avait fini, avec d’autres, d’accepter Boughmiga dans le milieu scolastique, en tant que poète francophone, clavier oblige, qui s’imposa dans le paysage intellectuel de la région, par sa présence, sa persévérance et sa composition houleuse de et intensive de poèmes sur l’écologie et le social. Une sorte d’adoption et d’acceptation de ce fait accompli qui ne pourrait que servir la culture locale. Il y avait beaucoup d’écrits échangé avec lui et son collègue Si Hassen Filali, ce qui créa une certaine éthique littéraire et humaine. Ce que n’aurait jamais fait les personnalités locales, Si Mounir El Abed, invita Boughmiga à assister à une manifestation festive organisée par les élèves pour une académie compétitive. Il le présenta aux présents, en tant que penseur libre, intellectuel et poète, ce qui avait, franchement, encouragé l’égo frustré de Boughmiga, qui participa aussi aux festivités et donna des prix « écologiques » aux élèves gagnants. Respect et gratitude à Si Mounir El Abed, que tout le monde cite avec de très bons souvenirs de compétences et de performances. Lihidheb Mohsen 21.03.18

Portraits et sagesse 134

Amor El Abed. Cette fois, c’est une personnalité officielle, qui effectua une visite officieuse, au musée écologique mémoire de la mer et de l’homme Zarzis, lors de vacances privés au village maritime de Souihel. Pour Boughmiga, cloitré, harangué, harcelé, mis au poteau, diabolisé…par les autorités dictatoriales, la caste politique, la machine de l’administration et la société unanimiste foudroyant tout ce était différent, l’intérêt de Si Amor à cette action insolite et « fantaisiste », était très important. D’ailleurs il se remémore encore l’accolade chaleureuse, « the hug », que Monsieur le secrétaire d’Etat avait accordé à Boughmiga à la fin de sa présentation narrative. Si Amor El Abed, secrétaire d’Etat chargé des ressources hydrauliques et de la pêche, nommé en 2004 parait il, était licencié en sciences naturelles, docteur d’Etat en biologie et spécialiste reconnu en sciences et technologies de la mer de par le monde. Il participa dans plusieurs conférences internationales sur la pollution de la mer et les transformations biologiques. Etant, très honoré par sa visite, qui me redonna assez de confiance en moi-même et beaucoup d’énergie de combat, voici le texte traduit de l’arabe que Si Amor avait écrit dans le livre d’or du musée. « Zarzis 14 Aout 2004 J’étais très honoré par cette visite que j’avais effectuée à ce musée, qui démontre avec force, la profondeur du sentiment humain envers ce que représente la mer. Mon attention était surtout attirée par l’éloquence par la parole et par l’image que présenta l’initiateur de cette action Monsieur Mohsen Lihidheb. Il a réussi brillamment à faire parler tout ce que rejetait la mer et exprimer la situation écologique et sociale actuellement dans nos mers. J’étais très ému aussi, devant l’assemblage artistique de la nacelle de pêche pleine de bouteilles en plastique au lieu d’assurer son rôle naturel de pêcher le poisson et assurer la sécurité alimentaire aux peuples. C’est une occasion, pour mettre en relief les efforts de notre pays, principalement son excellence le président Ben Ali, pour préserver la mer et protéger ses richesses. Ce musée mérite touts les encouragements que Dieu vienne au secours de son initiateur. Amor El Abed Secrétaire d’Etat aux ressources hydrauliques et à la pêche. Signature illisible » Reconnaissance et respect à Si Amor, qui cassa le boycott officiel, par un geste officieux, d’engagement et de compréhension aux causes environnementales et humaines. Lihidheb Mohsen 21.03.18