mardi 22 juillet 2014

Oudayy Dhaou

Juste à coté du petit Oued de Dhaou, une dénomination qui serait reliée à la noyade d'un certain Dhaou dans cet endroit entre Lemsa la colline et l’élèvement de terre plein des Gtôô...., se trouve un endroit historique que j'avais constaté depuis des années et dans lequel j'avais trouvé en surface quelques bris de monnaies Puniques et des tessons hétéroclites. La station n'était pas grande, mais elle fait l'avant garde d'une série de petites stations préhistoriques interminables jusqu'à Zarzis ville. Bien sur, en fouineur de la préhistoire, je le visitais périodiquement après chaque bourrasque, chaque tempêtes, chaque labour et chaque transformation, mais les trouvailles étaient toujours maigre, ce qui ne diminue pas l'importance éventuelle de l'endroit. Lors de mon dernier passage écologique pour aller voir l’intérieur de l'embouchure de Allouane, j'ai vu puis constaté l’ampleur du désastre à l'endroit, causé par les bulldozers, qui avaient sillonnés en long et en large le site en réduisant la petite colline et creusant un grand trou rectangulaire, qui laisse entrevoir une colon de pierres qui descends dans la terre....avec çà et là des traces de cendres primitives. Ayant enquêté sur cette agression, un voisin du site, m'avait confirmé la voracité du propriétaire et le fait qu'il avait continué à déformer sans vergogne le site de Oudayy Dhaou. Voilà encore, du travail, à nos amis, préposés au patrimoine.

lundi 23 juin 2014

Zarzis, Saguit Sola

Plusieurs amis Tunisiens et d’ailleurs, quand je leur disais qu’il leur faut un mois de sorties quotidiennes pour connaitre et contourner la région de Zarzis afin d’apprécier à sa juste valeur la diversité écologique et panoramique, prenaient au début mes propos comme chauvinistes et nostalgiques, mais quand ils faisaient un petit bout de chemin avec Boughmiga, vers quelques endroits comme, Om Cherif, Ejdaria, Rsifett, Aguiba, Hachchana, Bogra, Gribis, Allouane, Hinchir El Kalakh, Lemsa, Khsim, Guerbabia, Ghrabatt, Oglet Omor, Ras Trab, Khallfallah, Ras Kazouz, Ariguett, Zitha, Hinchir Frass Tarfellil, Lella Meriem, Makhadha, Hnachir Ettboul, Hinchir Ouniss…ils admettaient avec admiration les qualités naturelles et historiques de cette presqu’île paradisiaque. Bien sur, même si je n’étais pas rétribuer pour cette activité de vulgarisation et de partage, même pas par des signes de reconnaissance sur une vingtaine d’années, j’évaluais au préalable les centres d’intérêts des visiteurs pour faire un parcours, écologique, artistique, anthropologique, culturel ou bien tout simplement touristique, en fonction des passions des uns et des autres. Je ne vous dirais pas comment quand l’un de mes compagnons, hypnotisé par un beau couché de soleil sur l’eau bleu, ne voulait pas quitter la plage intérieure du Lac El Bibane. Ou cette Dame intellectuelle, qui s’est éclatée de bonheur sur les collines anthropologiques de Sebkhet el Maleh, dans une sorte de communion mystique avec l’ancêtre commun…. Ou encore ce groupe d’Autrichiens qui avaient dansé au milieu des installations artistiques de Boughmiga à Allouane, surpris par la douce invasion des eaux de la marée haute….et cette jeune doctorante en préhistoire qui débarqua comme un beau papillon, de site en station, de station en site à une quarantaine d’endroits, dans une collecte passionnée des traces paléolithiques au raz du sol… Juste pour dire, que Boughmiga, ne livrait pas tout ses secrets et réservait certains endroits, aux intimes, ceux qui ne seraient d’aucune façon hégémoniques sur les endroits ou susceptibles de causer des nuisances quelconques. Bien sur, les risques sont toujours l’éventuelle pollution, la spéculation foncière et la déformation des paysages par les constructions anarchiques ou trop voyantes. Il suffit de voir l’isthme nord de la région de Ejdaria, qu’il avait connu quand il n y avait que les maisons de Jlidia, Bouchouicha et Sohbani, combien elle est maintenant investie par la spéculation et le bétonnage en règle en plus des fermes viticoles, géantes et obstinément polluantes au point de déposer leurs déchets à même la plage. En effet, avec l’avantage de ma connaissance depuis l’enfance de cet endroit énigmatique, quand avec les voisins et cousins, allions accompagner nos moutons à la recherche des rares touffes d’herbes sèches ou les feuilles d’oliviers….pour ne rentrer qu’au début de la nuit… seuls deux amis, un grand cinéaste de la place et un imminent chercheur international en écologie scientifique, eurent l’honneur d’investir ce parcours de highlanders… Ce jour là, nous étions tous au rendez vous, six heures piles juste au premier affaissement de terrain au milieu du grand plateau de Souihel de quarante cinq mètres au dessus du niveau de la mer. Une sortie de touristes arabes, pour une marche dure tout terrain…à travers ce long canyon sinueux entre Hnachir Ettboul et Ghar El Ogla. Il fallait éviter les ronces, éviter de glisser, monter et remonter les digues de sable qui servaient à retenir aux quelques arbres, le peu d’eau de pluie vital. Ces arbres irrigués par l’écoulement, étaient très disputés et souvent sujets à des batailles entre familles pour finir en d’interminables procès en justice. Bien sur, ce n’était pas notre préoccupation, car nous étions absorbés par la beauté de l’endroit et son caractère presque sauvage et naturel, cette même inhospitalité, qui a sauvé Saguit Sola du débarquement urbanistique. Malencontreusement, comme on peut s’y attendre, dans ce genre de randonnés et intrusions dans la nature, nous avons débusqué des aigles, des hiboux et remontant l’autre versant, un joli renard roux à la queue blanche à son bout… C’était une occasion pour le cinéaste pour s’inspirer et pour l’écologiste de constater la faune, la flore et les coupes géologiques…jusqu’au moment où nous avons été ébloui par la beauté du paysage quand au fond, à l’embouchure du canyon, une fenêtre s’affiche sur la mer, au dessus d’un oasis maritime parsemé de maisons blanches. Nous sommes restés un bon moment, à respirer, l’air frais, humer le paysage et sentir cette dimension de beauté et de liberté. Sortant de la vallée de Saguit Sola, nous avons encore remonté le plateau pour faire quelques kilomètres jusqu’au Sangho et revenir vers Béni Ftaiel, sur la plage cette fois, les pieds dans l’eau et les cœurs émerveillés et les esprits en jubilation. Les deux autres, honorables hôtes du canyon, étaient une professeure universitaire avec son étudiante, dans le cadre de vérifications sur le terrain pour des propositions de tourisme écologique et alternatif. Cette fois, la visite était plutôt panoramique et historiciste, soulignant les grottes préhistoriques, les démarcations Romaines et les pistes piétonnes ou cyclistes possibles. Ainsi, morfondu par cette confession fâcheuse, qui risque de livrer Saguit Sola aux curieux et aux voyeurs, et dans le souci de laisser cet endroit comme une dernière aire de survie à la faune sauvage, Boughmiga, souhaite que les intéressés se limitent à la traçabilité et le constat de cette vallée à travers les images satellitaires disponibles sur le net. Il leur en serait reconnaissant. Lihidheb mohsen éco artiste 20.05.2014

samedi 21 juin 2014

Bengardane, fête le patrimoine.

C’était un peu par hasard, que la relation culturelle s’est établie avec cette ville frontalière…lors de nos visites, mon ami Marino et moi, pour réparer sa voiture et puisque cette tâche demandait chaque fois un peu de temps, j’ai eu l’idée d’entreprendre la réalisation d’un documentaire, comme nous étions en train de le faire pour Zarzis, dans le domaine du patrimoine artisanal et les techniques locales…Oui, nous avons eu beaucoup de contacts, avec des jeunes, des vieux, des notables, des élus, des intello, de vieux scribes, des artisans résistants bon gré malgré…pour enfin constater …que la ville est extraordinairement authentique et intègre…entre le conservatisme statique et la fidélité aux sources pour une éventuelle progression durable dans le mouvement humain universel. D’ailleurs plusieurs personnes étaient conscientes de ce diagnostic et souhaitent une décrispation des approches pour une dynamique sociale vivante permettant la communication et l’assimilation des intrusions du sud et du nord. C’est ainsi que nous avons pris quelques séquences, pour le film documentaire, afin de permettre une lecture, juste, réelle et équitable de la région, sans tomber dans le voyeurisme, l’exhibition ou les jugements de valeurs. Bien sur, comme dans toutes les villes frontalières du monde, le commerce parallèle et un certain libre échange, prédominent, au point de former une économie intérieure, avec ses lois, ses règles, ses limites, ses barons et son éthique locale. Une situation, qui avait toujours préoccupé Boughmiga, qui avait proposé depuis une dizaine d’années, de la rationaliser et l’intégrer dans les activités réglementaires, ne serait que pour la légitimité de fait, sa pérennité et surtout l’absence de solution radicale et juste. Puisque notre initiative, Marino et moi, était purement humaine, culturelle et solidaire, nous n’avions pas d’autorisation pour le tournage à part l’accord de principe du Secrétaire général de la Commune de Bengardane, nous avons alors évité la Choucha, le port d’El Ketf, le site historique de Mdayna, pour nous rabattre sur le site « profané » de Nfidhett Mohra sur la route de Médenine. Un site que Boughmiga avait « découvert » et annoncé aux officiels du patrimoine il y a deux années et voila qu’il vient de constater qu’il a été encore une fois fouillé anarchiquement par les pirates du patrimoine, qui n’hésitent pas à tout casser pour parvenir à un trésor qui n’existe que dans leur imagination. Mais comme partout, avec la prédominance d’une mentalité agressive envers des sites peu défendus…les fouilleurs du dimanche, ont les mains libres et les dos couvert par l’impunité. Il faut aussi reconnaitre que le grand site Préhistorique, Punique et Romain…amphibie de Mdayna, avait aussi subit une cratérisation lunaire d’excavation de tout monticule, tout au long de cette dernière décennie de piratage structuré. Néanmoins, il en ressort quand même, que la région de Bengardane, a un patrimoine riche et diversifié, couvrant toutes les périodes de l’histoire humaine. Nebch Eddhib, Neffatia, Sidi Toui, Wahmia, Nfidhett Mohra, Magroun, Choucha, Lakouach, El Gounna, Mdayna, Bougarnine, El Marsa, El Ketf…que Boughmiga avait constaté et parcouru, « corps à corps », avec passion et rigueur anthropologique. Ainsi, au cours de notre navette entre Zarzis et Bengardane, l’idée de participer aux festivités culturelles à l’occasion du mois du patrimoine est née, et nous avons contribué par une exposition dans la grande salle de la maison de culture, composée d’une quarantaine de tableaux comprenant des photos et textes au sujet du patrimoine et l’histoire du désert Tunisien. Une participation qui avait beaucoup intéressé les élèves, les étudiants et les visiteurs. Nous avons eu aussi un très grand plaisir à assister aux spectacles en plein air des troupes folkloriques locales, de Libye, d’Algérie…ainsi que les démonstrations et performances, des cavaliers acrobates, des chevaux savants…au milieu d’une foule compacte de femmes et d’enfants enthousiasmée. Un peu vexé par la panne de son appareil photo, Boughmiga reprit vite du plaisir quand les braves de l’association des sourds muets locale, avaient entrepris de mimer par les gestes et les mouvements, l’hymne national Tunisien et surtout le verset principal du saint Coran la « Fatiha » dans un entrain de patriotisme, de piété, de dévotion et de sagesse. Bien sur, ce témoignage brut, des nos enfants cloitrés dans le silence, au dessus des flux et reflux des verbiages et de la médiocrité…était tout simplement merveilleux, sublime et agréablement mystique. Ainsi, Bengardane, avec sa population bien ancrée dans ses valeurs sociales, sujette au glissement en avant du mercantilisme immédiat, assagit par les vagues galopantes des enjeux géo stratégiques et les calculs à vue d’œil des politiques…est foncièrement, capable de résister, de se réaliser et de se consacrer à son parcours de sagesse et d’éthique ancestrale. Lihidheb Mohsen éco artiste 25.05.2014

jeudi 19 juin 2014

Musée agricole et historique dans la ferme de Gauffreteau !!!!!

Ni Google, ni Yahoo, ne pourrons traduire ce texte de Boughmiga, en un seul trait, sans brouillon, sans la moindre faute, sans rature.....seulement parce qu'il y croyait, ce projet de musée écologique, agricole, colonial, historique.....et que la décadence, la routine, la rétention, avaient fini de faire obstruction au fougue et l'élan de Boughmiga. Toutefois, l'idée est encore là, à la portée des amoureux de ce pays et de son histoire.

mardi 22 avril 2014

Medenine paradise

Cette année, le sirocco a commencé tôt, dans l’Oued de Médenine, transformé en place de marché hebdomadaire…à cause du manque de pluies et de la proximité du désert… Un marché super plein d’arabes, berbères, des blancs, des bruns et des noirs…une mosaïque multicolore de gens, de produits, d’activités, d’animaux et bestioles, de grains et de légumes, de poissons séchés et colliers de figues…autour des centaines de Ghorfa légendaires…les Ksars d’autrefois, hélas…Un marché dans un grand Oued, comme si dans les villes du nord, un souk dans une rivière, mais de toutes les manières, des crus il n y en a guère et même les cours d’eaux sont rares. Cette ville administrative, qui suppléa progressivement Métameur, a une histoire très riche, sur toutes les périodes de l’activité humaine, avec des sites de Chichma, Maydher, Tejra, Souitir, Hassi Amor…pour le paléolithique et Gyktiss, Essnam, Gtaayet echih, Green, Nabch Edhib,…pour le Romain. Sans négliger le rôle fédérateur des ksars aux milles Ghorfa au médiéval, et qui avait aussi servit en école coranique, véritable tremplin pour des études ultérieurs à des centaines de jeunes locaux, entretenus par la bienfaisance et la solidarité populaire. La longueur et la diversité de ce marché est aussi très attrayante et permet de grandes marches à la lèche-brocantes à zigzaguer de droite à gauche entre les stands en repérant les attroupements autour des produits étrangers ou les Toubibs traditionnels…ce qui me permettait de marcher pendant des heures sans la moindre fatigue ni la moindre monotonie. Pendant que je demandais à un jeune noir, un de nos ambassadeurs en France, le prix d’un escarbot…j’ai sursauté à l’oui d’un bruit venant de ma droite et pendant que je m’assurais de son origine, le jeune homme m’avait confirmé que c’était le croassement de grenouilles. Tout en lui disant, que je cherchais ce bruit vainement depuis trente ans au moins, j’ai commencé à chercher les batraciens dans l’eau qui jaillissait au milieu de l’oued et qui pourrait être aussi un rejet de d’eaux usagers…avec mon appareil photo à la main, sans que je puisse les trouver. Des femmes et des enfants, regardaient avec interrogation, ce vieillard à la chéchia rouge, en train de sautiller entre les flaques d’eau, avec patience et application…sans le courage d’en demander la cause. J’étais très déçu par ce désappointement, cette fausse alerte, ce faux rendez vous, avec les cris de vie des grenouilles, que j’attendais depuis toujours et pour toujours. Plus loin, je suis tombé sur un vendeur de livres usagers et parait-il, comme partout dans notre bled, ce commerce est le moins florissant si on excepte les livres scolaires proposés dans une sorte d’échanges équitables formidables. Je lui ai donc acheté un bon paquet pour quelques dinars il était heureux, car dans les temps qui courent, rares sont les polyglottes et passionnés de lecture. Un petit dictionnaire, Hugo, Corneille, Racine, Tahaa Hcine, Anthropogéographie en Allemand, une dissertation sur la poésie arabe…je ne pouvais trouver mieux. Tout en évitant les égorgeurs de poules grasses et sur alimentées…j’ai visité le marché de la volaille, des lapins, des pigeons, des Goundis… proposés par des paysannes endurcies par le soleil et la dureté de la vie…j’ai félicité certaines d’entre elles qui fournissaient de l’eau pour leurs animaux dans les petites cages et incita les autres à plus d’humanité surtout dans un climat aussi chaud et torride. Comme pour hérisson que j’avais acheté de ce même Souk pour le libérer, j’ai symboliquement marchandé avec un jeune sourd-muet pour l’acquisition de trois tortues qu’il étalait par terre au milieu d’enfants curieux…dont l’un m’avait aidé à les transporter jusqu’à ma voiture. Une autre migration animale amicale vers le littoral, ce que j’avais fait aussi pour des coqs et des poules sans le moindre sentiment de gain ou de profits, si ce n’est un accompagnement et une relation de partage des choses de la vie. Puisque à dix heures, il fallait que j’assiste au congrès de la LTDH locale, dont je suis un nouveau membre, malgré ma longue histoire avec le militantisme humanitaire et autre, je suis allé dans les ruelles ascendantes de l’immense Ksar, entre les étalages de légumes, de fruits, de produits utilitaires traditionnels, à la recherche d’un cordonnier pour remettre en acceptabilité mes chaussures achetées aux fripes il y a dix mois. Taciturne, mais cordial, l’artisan me fit asseoir sur un grand filtre à huile qui aurait servi à un très grand engin…et commença à coudre à la main les endroits usés et badigeonna la paire avec un produit revigorant au cuir. En redescendant la vieille ville, j’ai passé voir un ancien ami vendeur de charbon, qui me fit une dissertation sur les avantages et les inconvénients des différents bois utilisés pour faire du charbon et que le bois d’olivier, reste le meilleur malgré les retombés de déboisage que cet arbre sacré risque. Au congrès, comme toujours, au milieu des segmentations usuelles et durables, le corporatisme des partis politiques, des corps de métiers et des régions…je suis passé presque inaperçu malgré ma chéchia rouge et ma corpulence…sans que ça ne me dérange le moins du monde, à cause de mon positionnement en franc tireur, impartial et militant global insaisissable. Toutefois, la nouvelle équipe d’humanitaires, aura certainement, du pain sur la planche, du grain pour le moulin et des rivières de problèmes à gérer sur les frontières. A cause de la chaleur que mes petites bêtes, mes nouvelles amies, les tortues, subissaient dans le coffre de ma voiture, j’ai dû écourter ma participation malgré le désir de participer aux discussions et repartis vers Zarzis, sur un fond de musique et de jubilation pour mes compagnons amphibies. Lihidheb mohsen éco artiste Médenine le 20.04.2014

mardi 25 mars 2014

El Ghrabate,

Ghrabatt …entre Boughrara et Guerguebia Tout en traquant une information selon laquelle l’une des écoles de la région aurait une collection de silex recueilli aux environs, une traque sans succès et sans la moindre piste, c’était des gens que je prenais en stop, en allant aux marchés traditionnels de Médenine le dimanche et Hassi amor le mardi, qui m’avaient signalé l’existence de Hinchir Ghrabatt, à quelques kilomètres au sud ouest de la bourgade du même nom et ce malgré mes maintes sorties autour de cette région dont je connais la plupart de ses sites préhistoriques, Drablia, Ariguett, Oued Bouhamed, Maydher, Nabch edhib, Hassi soltane, Guerguebia… J’ai foncé donc dans cette direction sur une piste brouillée, ensablée, rocailleuse quelques fois, en spirale, traversant les oliveraies, les terres laissées pour le pâturage, montant et remontant des dunes de sable abordables pour ma petite voiture grâce à une pluie gracieuse survenue il y a deux jours. Sous les yeux intrigués des bergères, à qui je ne pouvais demander de renseignement à cause de la difficulté de leur approche et leur opacité vestimentaire, pour se protéger du soleil et des intempéries, dans un paysage aussi découvert. Ce qui me poussa à aller encore plus en avant malgré la hauteur des dunes qui faisaient barrage à la piste et la perte graduelle de celle-ci dans les champs d’oliviers infinis. Après trente minutes de volant, chahutant mais aussi amusé par le calme et l’espoir de la découverte…sans parvenir à situer le Hinchir Ghrabatt…je me suis arrêté pour monter au dessus d’une très grande dune pour prospecter les alentours et me situer…mais le paysage était uniforme et il n y avait que des oliviers à perte de vue et sans le moindre sailli de terre qui ressemble à un Hinchir. J’ai alors décidé de rebrousser chemin mais comme je ne rentre jamais sur le même parcours, j’ai pris un semblant de piste se dirigeant vers le nord et qui s’est avérée très longue et difficile. A un moment il m’a fallu traverser un oued encore en cru, ce qui est très rare dans ces régions, et dus manœuvrer soigneusement pour remonter vers l’autre berge de l’un des alluvions de Oued Bouhamed. Là, sachant par expérience que les abords des oued, avaient été des lieux de repos et d’activité humaine préhistorique, j’ai prospecté immédiatement ce endroit, sous les aboiements des chiens d’une « Nezla » lointaine…et pu constaté qu’effectivement mon premier ancêtre est passé par là, pendant le paléolithique inférieur à cause des éclats de silex, les pierres taillées et le peu de brulis…pendant que la stratigraphie de surface n’a révélé qu’un cumul insignifiant de passages à travers deux lamelles et un trapèze manifestement laissés par des néolithiques en déplacement. Toutefois, je devrais encore revenir pour élargir mon espace d’investigation et terminer la lecture de cette zone qui m’a échappé durant mes années de liaison intime avec la région de El Ghrabatte et sa région. Comme pour toutes les stations et sites préhistoriques du sud, j’ai réussi à tresser des relations vivantes et fructueuses grâce à « l’humanité » de mon approche et l’intégration de mes mouvements et chaque fois que je rentrais d’un périple vers Médenine, je ménageais le temps pour passer et caresser du regard, les restes sonnants et trébuchants de mes aïeux. Une fois, juste au début, quand je commençais à évaluer la qualité de l’endroit, j’ai arrêté ma voiture sur la route vers Zarzis, et alla en ligne droite perpendiculairement vers le sud, à travers les oliviers et dans les labours, daga daga, regardant seulement devant moi, daga daga, dans un appel irrésistible et une attraction magnétique et télépathique…jusqu’au moment où je me suis penché et cueilli un grand et long silex d’une dizaine de centimètres en forme à la fois de lame, poignard, grattoir, …et revint sur mes pas vers la voiture avec cette offrande et cette victoire sur le conditionnement des instincts et des réflexes et comblé par ce rendez-vous historique à travers les âges et les brassages. Toutefois, je peux confirmer que toute la région de Ghrabatt est très riche en restes paléolithiques et quelques stations néolithiques vers l’embouchure d’Oued Bouhamed et sur le lagon de Khallfallah. Par la même occasion un hommage particulier est adressé aux habitants de cette ville naissante et sa région, qui n’avaient pas hésité à participer par l’information et l’encouragement. Lihidheb mohsen éco artiste Zarzis 25.03.2014

mercredi 5 février 2014

Rsifett...toujours en fête.

Rsifett, comme son nom l’indique en arabe, les quais, the docks, banchine, hafen…est un petit village très ancien au bord sud du bassin marin de Boughrara et les terres de Zarzis, sur la route Djerba Médenine reliant El Kantara à Khallfallah… Avec un petit port pour l’activité de pêche dans ce bassin presque fermé par la chaussée romaine et le détroit d’Ajim et légitimé par des quais ancestraux, maintenant recouverts par la mer, remontant au moins à la période punique, Rsifett, se situe en plein milieu entre Gyktiss, Meninx et Ziane, ce qui explique les traces du port cité et d’autres plus à l’est, à Khsim, qui aurait servi comme jardin potager pour le grand Meninx en face sur l’Ile des Lotophages. Avec une mer peu profonde, comme le préfère surtout les sites Romains pour leurs bateaux à fond plat, la côte reste très abordable, et tout en allant vers l’ouest, de grandes falaises vertigineuses s’érigent sur quelques kilomètres, pour s’atténuer et mourir dans le lac salé de Maiydher. Rsifete est un endroit fort agréable, encore vierge, avec peu de constructions, des oliviers, des buissons sauvages, des oiseaux voyageurs, des flamands roses, un couché de soleil sur fond marin magnifique, un petit oasis, de petits pêcheurs avec beaucoup de poissons que l’on peut bien déguster dans les quelques restaurants de la place renommés pour cette spécialité culinaire locale. En effet, plus que l’attrait panoramique, écologique et randonnier, ce sont les plats de daurades, de loups, de mérou, de calamars, de crevettes….qui avaient drainé les visiteurs, jeunes, vieux, en famille, en groupes scolaires et de touristes, qui rentrent toujours satisfaits et comblés. Surtout, quand un petit festival de divertissement, de folklore local et de fantasia, a été initié à Rsifett par un jeune homme et anima le village à plusieurs reprises, en présence de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, jouissant des représentations et dégustant les plats de poissons à prix très abordable. Rsifett, est aussi très riches par les oliveraies environnantes et par une histoire millénaire et plusieurs endroits préhistoriques ont été constatés par Boughmiga, où des silex taillés, des éclats d’œufs d’autruches, une tête d’armure, des meules…ont été trouvés. Ainsi, Rsifett, toujours en fête, reste un endroit d’accueil, d’amitié avec la nature et le bien être, surtout quand l’action mémoire de la mer et de l’homme, compte y installer, un espace éco artistique ouvert, pour la création et le recyclage artistique. Une initiative, qui participerait certainement à l’épanouissement de ce village, vers un produit touristique et culturel avant gardiste. Lihidheb mohsen éco artiste Zarzis 05.02.2014