vendredi 29 juillet 2016

Tourisme ou terrorisme.

Après les événements malheureux de remise en cause du tourisme en Tunisie, la réduction des effectifs sélectifs en touristes, la confirmation de la fragilité de ce secteur de services très vulnérable...à cause de plusieurs événements terroriste malheureux, prévisibles et condamnables comme toutes les violences, voilà que certains hotels rouvrent leurs portes, pour accueillir des Algériens, des Lybiens, des touristes de l'intérieur quand les prix sont abordables et surtout des masses amis des pays de l'est, qui avaient fait défaut pendant des décennies. Bien sur, ce sont toujours les travailleurs et leurs familles qui écopent de cette malencontreuse période et se réveillent sur un constat réaliste que les divers partenaires de l'activité prennent chacun à sa façon. L'hotelier qui avait fait des milliards de gains depuis plusieurs années, se lamente des recettes et raffle les aides et l'assistance de l'Etat, le bezness regrette le consumérisme d'autrefois en tapis et bibelots par des clients crédules et faciles et les installations des excursions dans le Sahara, n'ont plus les groupes de visiteurs organisés d'autrefois. Pour le moment, la situation se redresse progressivement et malgré la susceptibilité exagérée des occidentaux à assumer un risque presque égal partout dans le monde, nos amis Russes investissent les installations touristiques et constituent une clientèle fort importante et durable pour la Tunisie. Dans notre culture locale, le mot Russe en arabe veut dire les têtes, et puisqu'autrefois on ne parlait d'eux que pendant les conflits armés...ce nom reflète encore dans notre imago les têtes dures, casquées, masquées et incassables...ce qui a été démenti par la beauté des Russes et leur joie de vivre et de laisser vivre. En effet, ils raffolent des pastèques, de l'huile d'olive, submergent les grandes surfaces commerciales....et délivrent le secteur de l'esprit ghetto du touriste traditionnel. Sur le point d'ouvrir mon espace éco culturel, mémoire de la mer et de l'homme, on verra bien le penchant des ressortissants des pays de l'est, à la culture et les traditions locales. Bien sur, en attendant un brassage social, une corrélation humaine, un échange de valeurs, un partage des richesses artistiques et de l'éthique de vivre...vive l'humanité des hommes et celle bien sur, des instances qui font le monde à leur façon. Lihidheb Mohsen éco artiste 29.07.2016

mardi 24 mai 2016

El Hamma et El Grinne

Sorti de mon hibernation culturelle, un ami m'interpela pour participer à un événement éducatif dans la bibliothèque des jeunes à El Hamma Gabés, un ami à qui je ne pouvais refuser un aussi long périple vers l'intérieur du pays, car en 2004, pendant un autre événement cinématographique à Kairouan, il était le seul à m'accueillir et afficher un humanisme et une convivialité exemplaires. Voilà donc, malgré les réserves des relatifs au sujet des risques de la conduite à ma santé, j'ai foncé, très tot le matin, vers l'ouest, prenant le raccourci de Boughrara. Juste au milieu aux abords d'une petite agglomération urbaine, j'ai du faire demi tout pour acheter auprès d'un vieillard un pain de compagne imbibé d'huile d'olive et deux œufs. Il rigola moqueur, quand j'ai demandé si les œufs étaient de la compagne en me lançant " et ta casquette, elle est traditionnelle !!! tu sais bien que la modernité à tout changé. Hélas.". Tout en roulant, avec le peu de clarté possible, j'étais fortement par les endroits l'homme primitif, que désormais je pouvais reconnaître par la qualité du sable, les effets du vent et le relief ; et l'endroit où la route traverse l'oued d'El Grinne, était très signifiant et révélateur. A sept heures moins quinze du matin, j'étais en plein centre de la ville El Hamma, à marchander des objets tressés avec un vieux monsieur à la boutique traditionnelle. Tout en vagabondant les ruelles, à contempler les status de Tahar Haddad connu pour son équité précoce envers les femmes, du fameux Doghbagi, célèbre révolutionnaire du sud et celle de Mohamed El Hammi, l'un des grands militants syndicalistes de la Tunisie ; j'ai pu localiser ma destination et le lieu de la manifestation. Bien sur, je n'ai pu assister aux débats, à cause de ma préoccupation à exposer mes photos sur des tables à la maison de la culture. Tout de même, j'ai pu passer le temps entre la lecture de mon livre de C.L.Strauss et discuter avec la jeune employé sur la condition sociale de la région. Plusieurs personnes virent mes photos et je dus chaque fois, expliquer les contours et les contours des objets configurant mes tableaux d'éco art. En rentrant, je suis revenu chez le vieux marchand, où j'ai acheté, tourisme intérieur oblige, quelques sacs et plusieurs éventails en palmes que je devais offrir aux gens au courant de mon périple. Je mes suis offert, tout de même, un chapeau de bonne qualité. Le temps était agréable et pu supporter la chaleur en vigueur malgré la conduite difficile derrière les camions Libyens et les contrebandiers de carburant. J'ai fait une petite halte auprès de mon ami Si Dhaou Touil, Dhaou le géant, un berger au bord de la route mais complétement isolé du monde. un ami de la providence, fruit de mon errance que j'ai trouvé en forme avec toujours sa fronde dans la main pour diriger ses moutons. Avec sa chéchia rouge, je lui avait dit de faire attention au soleil, mais il m'avait dit :" fais attention à toi même, pour moi le soleil ce n'est rien...alors tu cherche toujours du silex !! ". j'avais dit que c'était la première fois que je sors de mon bled depuis mon dernière visite chez lui sur ma toute de Tunis pour la contre visite médicale. Il m'avait tout de même donné le numéro de son portable, et on pourrait ainsi faciliter le contact et les visites. Il ventait un peu et au niveau de l'endroit que j'avais remarqué à l'allée, je mes suis arrêté aux abords de oued El Grinne, pour prospecter les terres fraichement labourées et soufflées par le vent. Combien j'étais heureux et extasié en trouvant les traces du paléolithique sur les deux cotés, sans la moindre trace de brulis, mais beaucoup de lames, d'écailles d'œufs d'autruche et quelques meules grossières. Je mes suis vraiment laisser aller au point que mon chapeau s'est envolé de ma tête pour aller en cerceau rouler à deux kilomètres et du le suivre, en plein dans le sable, quelques fois sans le voir, juste en le situant à la jugeote, pour le trouver en fin blotti dans un creux de terre. Pour la première fois de ma vie, que j'ai dédaigné des objets et devenant sélectif dans la collecte de certains objets. Quel plaisir de passer un après midi, avec les traces directes de mes ancêtres les néandertaliens, à pécher le silex, chasser mon chapeau et cueillir mes fantasmes. Lihidheb Mohsen éco artiste 15.05.2016

jeudi 24 mars 2016

Djarba autrement

A partir de Zarzis, la terre pleine, il fallait braver la mer, les barrages militaristes, le sirocco brulant, speeder avec les vagues de sauterelles...pour parvenir à l'Île de Djerba. A Houmt Souk, la principale agglomération et le pole administratif et culturel, Boughmiga avait deux heures de liberté et commença sa marche à partir du rond point allant vers El May et Zarzis. Il pris donc le trottoir gauche vers la cité industrielle, avec vent fort en face et des projectiles volants provenaient des fameux déchets, qu'il évitait au dernier moment. Un sac poubelle en plastique s'accrocha sur un arbuste et Boughmiga ne put admettre cette déformation de la nature. il l'arracha alors des branches et le garda dans la main en attendant une poubelle qu'il ne trouva pas tout au long des boutiques de services de droite et gauche. Ce n'était que devant un grand espace commercial qu'il trouva une poubelle gardée du vent par une grosse pierre au fond, qu'il déposa son retour à l'envoyeur, tout en se demandant, pourquoi ces mastodontes de la consommation ne garderaient ils pas leurs emballages à la source et en débarrasseraient le monde !!. Bien sur, comme d'habitude, malgré un bon moment de vagabondage devant les étalages, rien ne l'interpela et ne dépensa rien, par conviction et non par le fait qu'il n'avait pas grand chose effectivement. il était surtout frappé par le contraste flagrant entre le nom de la grande surface et la teneur de la littérature proposée dans ses vitrines. une diversification des titres, auraient été convenable et en adéquation avec la culture en vigueur sur l'Île au moins. Plus loin, j'ai pu admirer de vieilles constructions derrière un haie de cactus, en contraste avec les nouvelles maisons à étages. On pouvait encore voir les domes et les troncs de palmiers utilisés pour maintenir les toits. A quelques dizaines de metres, s'érigeait encore un vieux olivier, visiblement pluri-centenaire, avec deux troncs tordus et usés par le temps et un feuillage encore vert et saint comportant des fruits en fleurs de la saison. Juste en face, une grande inscription disait, Djerbautrement, qui résumait un peu, la nature millénaire de cet endroit, son enracinement dans le temps et son ouverture désintéressée sur le monde. Ayant cherché un café populaire, pour se reposer un peu et terminer son livre en poche sur le conflit nord sud concocté depuis les Romains, mais les locaux étaient visiblement destiné aux touristes et les nantis. Il continua à marcher du rond point "le voile" vers la gare et fut agréablement surpris de voir en plein milieu de cette petite ville, une maison gardant encore son grand jardin traditionnel, avec des figuiers et un labour animal comme il fallait. Voilà, un petit partage, de valeurs locales de cet endroit merveilleux, Djerba autrement, comme elle était faite, hospitalière et accueillante, sans se laisser avoir par les tendances prédominantes, le tourisme galopant et mercantiliste, l'urbanisme dévastateur et le consumérisme polluant et dépaysant. Lihidheb Mohsen 24.03.2016

mardi 1 mars 2016

Djerba, mosaïques.

Oui Djerba mosaïques, mais elle reste une Île mosaïque, au singulier, tant la diversité, ethnique, culturelle, conceptuelle et historique, sont encore disponibles à vu d'œil, à la surface de notre curiosité et sur le plateau offert par les civilisations antérieures et la sagesse humaine. Avec des restes préhistoriques insignifiants, les périodes Puniques, Romaines et Islamiques, avaient laissé de belles empreintes et de beaux tremplins pour un monde meilleur. Autour des grands sites historiques, comme Meninx, Aghir, Bourgou, Ghizen, Guellala... il y a encore les restes des villas bourgeoises et militaires, construites sur des monticules à une proximité relative de la mer et dont les différentes sortes de mosaïques, les morceaux de murailles peintes dans toutes les couleurs organiques et ferrugineuses d'autrefois, les restes des murs travaillés et à l'architecture artistique...témoignent de ces périodes importantes. Avec une numismatique assez faible en surface allant en dégradant de Meninx, Ghizen, Guellala..., l'art de la mosaïque, à prédominance blanche, y est aussi retraçable dans toutes ses étapes, voir, grossier, moyen, avec de la pate de verre pour arriver au stade de la perfection. Encore une fois, Boughmiga, en tourbillon de constat et de préservation, avant les labourages, l'asphaltage et les constructions,témoigne de la valeur historique de cette Île, qui reste un musée ouvert et accueillant pour tous. Lihidheb Mohsen éco artiste 25.01.2016

samedi 23 janvier 2016

El Gastill, l'isoloir.

Comme les autres fois, il a fallut accéder au long isthme d’El Gastil, à partir du port et du complexe touristique. Un port, qui parait il, était mal conçu et très mal étudié au point que ce sont les remblais et les algues folles qui l’investissent et le rendent peu navigable aux embarcations des marins. Des marins, qui avec le temps, avaient trouvé plus facile de travailler dans le tourisme et vivoter dans un secteur plus convivial et rémunérateur, dans une sorte de déformation comportementale comme tant d’autres. D’un autre coté, les constructions d’hôtels, avaient pris de grands espaces dans cet oasis marine, poussant plusieurs spéculateurs à s’approprier des terrains juste dans la lagune et au bord de la mer. Bien sur, cette hégémonie foncière, avait désorienté le passage de Boughmiga et il avait fallu revenir à plusieurs reprises à la route principale pour trouver comment longer la plage de l’isthme. A un moment, il s’arrêta, pour voir l’immense action humaine, dans la déformation écologique et naturelle de l’endroit tout en le livrant à la spéculation de plus en plus croissante sur l’Île de Djerba. Après plusieurs tentatives, de contournement des barrages de sables, des clôtures, des eaux accumulées par les déformations des terres, Boughmiga retrouva la longue route allant vers le grand fort aquatique. Il conduisait avec le soleil en face en plein dans les yeux, mais il descendait de temps à autre, pour évaluer les possibilités de la voiture à passer certains endroits mouillés, mais à quelques kilomètres, il se trouva en face d’un barrage naturel d’une langue d’eau de mer coupant la route et arrêta net sa bagnole. Tout en contournant à pieds l’obstacle, pataugeant dans l’extrémité marécageuse, il fit encore un très grand rectangle de marche, qui sans parvenir au dit fort, traversa les trois petites collines de l’endroit, avant de revenir à la voiture. Il n y avait rien sur la plage et la forteresse, était encore plus loin, juste au bout de cette bras de mer, et aurait servi aux Romains et plus tard aux Turcs, pour guetter la navigation de l’ennemie sur les courants de la mer autours de l’Île et la possibilité de placer aussi de l’artillerie dissuasive, de bonne porté comme les catapultes et les canons. Plusieurs mythes populaires ont été construits sur ces constructions, mais l’imaginaire n’a pas de limites. Pendant l’apogée du tourisme, plusieurs groupes d’étrangers venaient le voir par terre et mer, sur des quads, des jets skis et autres, mais cette fois, l’endroit est totalement désert au point que la route a été coupé sans la moindre intervention humaine pour sa réparation. Une solitude, qui avait donné un frisson à Boughmiga, seul, sortant juste d’un accident vasculaire cérébral, qui malgré ses démarches sauvages, se munit d’un os de palme pour se rassurer des animaux errants, car il a eu déjà de pénibles expériences avec les chiens sauvages. Effectivement, les monticules de terre, étaient contournés par les traces zigzagantes de quads touristiques et Boughmiga, resta longtemps à observer les restes d’anciennes installations humaines, confirmés par le cumul de poterie diverses, de brulis profonds, ce que les dizaines de trous de renards, en avaient excavé les traces. Il ne trouva rien d’important, à part une petite poterie oblongue en forme de cône qu’il avait remarqué lors de sa première visite de cette zone. La poterie était assez importante et les cendres aussi, mais la déformation humaine motorisée avaient laissé aussi des traces monstrueuses. Au milieu de l’une des collines, il y avait une sorte de petit puits incertain et l’accès à une construction sous terrain probablement punique. Il n y avait pas le moindre bout de silex de l’homme primitif, qui aurait été dupe et irresponsable de se laisser prendre dans cet entonnoir géographique et dangereux. Dans les périodes Puniques et Romaines, l’homme, avec son savoir faire relatif, se serait hasardé dans ces endroits de sécurité défensive. Avec le poisson, les coquillages, les oiseaux, le gibier, l’oasis, la végétation et certainement l’eau à Aghir, l’endroit était certainement hospitalier, à ces gens déterminés à dompter la nature et les difficultés. Soudain, dans ce no mens land, ciel et mer, encore avec un sentiment de vulnérabilité logique, Boughmiga fut effrayé par la sonnerie de son téléphone, et dans une heure, il devrait être au centre de Zarzis. C’était onze heures du matin et se hâta, alors, vers la voiture, contournant les marécages une autre fois, pour rouler à travers le lac salé glissant jusqu’à la route asphalté. Pour une fois, il roula vite, très vite, doublant tout le monde, peut être pour fuir les risques de sa solitude, mais malgré le fait qu’il fut au bled à midi moins dix, il était déçu de n’avoir pas été arrêté par la police de la circulation pour excès de vitesse. Au moins ça aurait été juste cette fois, pendant que ça lui était arrivé automatiquement des dizaines de fois sous la dictature, sans raison, ni la moindre vitesse. Comme même, un respect à ce qui reste de beau et de naturel sur l’Île Djerba, du tapage touristique mercantile et peu humain…et une grande admiration à nos valeureux ancêtres conquérants de la terre, de la mer et de l’esprit… Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 23.01.2016

jeudi 7 janvier 2016

Sur les traces de Boughmiga.

Sur un sentier battu, cette fois encore le parcours passa par le souk de Hassi Amor. A part les légumes fraiches et les poules du terroir, cette fois, le marchand de matériel utilitaire ancien était absent, peut être à la cueillette des olives, ainsi que l’absence depuis quelques semaines de la vieille femme aux habits traditionnels faisant la sainte à distribuer la sagesse et la baraka aux gens qu’elle connaisse. Cette fois, Boughmiga provoqua un incident, quand sa voiture garée dans la place du centre, il la trouva entouré de vendeurs de grains de toutes les cotés, sans pouvoir sortir malgré sa demande expresse. Assagi par un sentiment naturel de claustrophobie, il bouscula une des brouettes des paysans vendeurs, ce qui mit son propriétaire en colère et réveilla une riposte collective tribale automatique. Ne pouvant parler de phobie à cet auditoire malveillant et peut être légitime, il entreprit d’expliquer calmement qu’il devrait trouver une solution et la brouette bousculée était le symbole de l’entrave à la libération… Bon gré mal gré, encore murmurant, la foule fraya un passage à Boughmiga avec sa voiture pour sortir du souk, tout jurant de ne plus tomber dans ce piège et ne plus provoquer la maudite bête, sournoise et omniprésente de la solidarité tribale inconditionnelle. Il avait en mémoire la fameuse riposte de ces gens, face à l’accident regrettable d’une petite fille tué par un camionneur Libyen. Bien sur, tout le monde était mécontent du drame, mais la mesure et la proportionnalité des réactions, sont aussi une sagesse. A part, le souk, le marché des moutons, le marché aux poules, il y avait aussi un vieux forgeron noir qui refusa de se laisser photographier surtout pour remarquer le grand trou au milieu de son local dans lequel il descendait pour travailler à l’enclume et utiliser le niveau de la terre en guise de table adéquate et de toutes les cotés. Plusieurs fois, son local était fermé et vue son âge avancé, c’était évident et naturel. Il parait qu’il y a un bon nombre de concitoyens noirs, occupés comme tout le monde à l’agriculture et l’élevage. Bien sur on ne pouvait demander à une société traditionnelle à l’esprit encore féodalisant, une égalité totale surtout quand l’endroit est sur la trajectoire de Sidi Makhlouf, endroit réputé pour la scission « naturelle » ou disant « habituelle » ou encore « convenue » entre les races. En rentrant vers Zarzis, au lieu d’aller à droite aux environs de Souitir et les berges d’oued Bouhamed, que j’avais prospecter sur une bonne longueur, je suis allé à gauche dans la direction de Boughrara et passant à coté des sites de Maydher, Chichma,…et avant d’arriver au virage allant vers le site romain de Gataayet Echih, j’ai longé le grand oued qui traverse Médenine et descend vers la mer. Un endroit que j’ai fait en partie auparavant, mais les oliviers cultivés sur les berges m’intéressaient et me permettaient toujours de trouver dans les sillons et entre les arbres les traces déterrés par les charrues et le travail des hommes. En effet, j’avais confirmé mon opinion sur l’endroit qui était occupé par le paléolithique moyen avec une prédominance de chopper et de bifaces sommairement travaillés. Ce constat de la période, avait aussi permis de démontrer la rareté du silex travaillé et les quelques foyers de pierres brulées. Il n’y avait ni meules ni broyons et la terre gypseuses d’autrefois, ne permettait pas l’agriculture et l’occupation s’était faite avant la découverte et la maitrise de l’ensemencement. Certainement, la chasse et la cueillette prédominait pendant cette période et les quelques coquillages démontraient leur consommation pendant cette période et la proximité de la mer. Témoin oculaire de la crue de 1969 et les dommages sur les ponts et les rues de Médenine, quand la seule sirène du lycée réveilla toute la ville à minuit pour se prémunir et se protéger, j’ai pu confirmer encore une fois, la dimension de cet oued, en trouvant comme l’autre fois, à quelques dizaines de mètres de la rive opposé, les capsules de pénicilline charriées per les eaux. Cette crue monumentale, était peut être du aussi, à l’obstacle des grandes dunes des déblais de l’oued à l’embouchure, limitant l’accès à la mer et laissant le reste à l’évaporation et le filtrage. Avec un sentiment de déjà vu, j’étais là, en quelque sorte, la nuit pendant le déluge, dans la crue, dans l’oued, dans l’hôpital, dans les capsules salvatrices et dans le mouvement du temps depuis quarante ans. Pour la morale de l’histoire, la lucidité, l’implication totale dans l’humain et son parcours, m’avaient permis de constater un silex blanc, plutôt rond, taillé grossièrement sur les cotés, de sept centimètres environ, sur un léger relief et visible, dans plusieurs endroits allant de Oued el Akarit, passant de Zaratt, à Grine, à cet oued, à Saaf, à Sebkhet el Maleh, jusqu’à Charb errajel et enfin Choucha, comme pour dire à Boughmiga, « follow me »….suis moi, mais dans quel sens !!! Heureusement, on a l’habitude culturelle et cultuelle d’aller vers le sud, la « Kibla » et que mes ancêtres me pardonnent si je me trempe…de parcours. Lihidheb Mohsen éco artiste. Zarzis 07.01.2016

vendredi 6 novembre 2015

Tataouine, reconquista.

Cette fois, juste en sortant de l’oasis ou ce qu’il en était encore dans le village de Rogba vers la ville de Tataouine, j’ai subitement viré à droite, sans la moindre pensée ou décision au préalable. Heureusement la route était goudronné et j’ai longé les habitations jusqu’à la mosquée du Saint des Jlidat, Sidi Boujlida en face du village montagnard et du ksar de Béni Barka. J’ai continué cahin cahan aux abords d’un grand oued pris entre deux chaines de grandes collines. Les habitations se raréfiaient et malgré la chaleur quelques hommes s’allongeaient sur les talus de sable à coté de la route. J’allais leur demander ce qu’ils faisaient dans ces endroits arides qui devenaient invivables pendant les grands sirocco de chaque été, mais, je n’avais pas voulu les offensés par les remarques gratuites d’un curieux venant des oasis maritimes et de la fraicheur. C’était la fameuse région de Maztouria et son rôle dans les péripéties de l’histoire de la région, un parcours qui revient des profondeurs de la mémoire, que Boughmiga avait fait à pieds avec d’autres jeunes, attrapant à droite et à gauche du Goundi, sur les cimes des montagnes. Bien sur, chaque fois que le long vallon, souvent irrigués par des puis de surface, permettait la culture et quelques palmiers, les gens s’agglutinaient autour des dizaines de mosquées du trajet. Ne sachant où aller, de hameaux en ghetto tribal, en village rural, rencontrant quelques hommes et parfois des filles manipulant le portable bluffant comme partout pour contourner leur solitude et leur éventuelle vulnérabilité, je suis parvenu à une bifurcation et une enseigne indiquant une ascension au Ksar Ould Soltane. K.O.S. pour ne pas la confondre avec celle Zarzis de Ksar Ouled Said, était une abréviation postale que Boughmiga utilisait pendant son travail dans la capitale du sud saharien. Tout en haut, sur la place, entre un petit café et une mosquée et un minaret montant encore plus vers le ciel malgré la hauteur, Boughmiga, n’avait pas vu le fameux ksar et dut se renseigner auprès des jeunes désœuvrés. Dans cette altitude, il faisait assez frais et seul, il entreprit une visite minutieuse, avec son appareil photo à la main, aux aguets de la moindre prise panoramique comme un touriste nippon, prenant l’édifice par touts les angles et les positions. Il avait l’impression d’avoir déjà visité l’endroit dans un voyage associatif organisé, et constata combien la différence était énorme, quand on remarque par soit même l’œuvre de nos ancêtres, déterminés à survivre et dominer la région. Le ksar était coincé au bout d’une montagne, avec un seul accès donnant sur une cour entourée de hautes Ghorfas et une grande porte ouvrait sur une autre place entourée de plusieurs étages. Quelques petits palmiers, redonnaient à l’endroit, la verdure de la quiétude et de la satisfaction. La construction était très belle et malgré sa restauration, elle reste authentique et devrait avoir été très utile aux tribus pour l’entrepôt de leurs produits agricoles et même pour l’auto défense pendant les attaques et les razzias. Boughmiga était effectivement impressionné par l’architecture, l’exploitation des espaces, les étages superposés et hautins, consolidés ça et là par des poutres de troncs de palmiers et des branches solides d’oliviers, avec une similitude nette avec les Ksars de montagne de Nalout en Lybie que Boughmiga avait bien visitée. Heureusement, cette visite fut faite en temps de paix, pendant qu’il n y avait plus de guéguerre, ni de razzias inter tribales, ni susceptibilité locale, ni même les hordes de touristes de masse. Pourtant quelques jeunes m’avaient protesté le manque de visiteurs et depuis la récession du tourisme, ils n’avaient eu que la visite d’un groupe de chinois il y a une semaine. Boughmiga leur avait dit que désormais il faudrait faire avec cette nouvelle situation et les touristes d’où qu’ils viennent restent toujours des amis, tout en insistant sur la vulgarisation de cet endroit magnifique aux établissements scolaires nationaux, les associations sociales et la société civile. Il avait aussi notifié ses remarques au gérant du seul café et le président de l’association locale du patrimoine, rencontré plus loin, ainsi que la nécessité de faire une campagne de propreté pour les quelques déchets remarqués dans les Ghorfas du ksar. D’ailleurs, nos ancêtres l’avaient construit pour la maitrise et la gestion de la consommation, la sécurité et non pour le consumérisme galopant en vigueur. En faisant le chemin du retour, je n’ai pu accéder au village montagnard, de Béni Barka, niché dans la haute colline comme un nid d’aigle, mais pu passer par la mosquée de Sidi Boujlida. Dommage, ce lieu saint d’une très grande tribu de la Djeffara, n’est plus le même, entaché par de nouvelles constructions, de bétonnage et d’esthétisme moderne et insignifiant. Par respect et n’étant pas sur de la condition d’hygiène nécessaire à l’accès dans un lieu saint, j’ai visité le cimetière de derrière tout en lisant au préalable des sourates de paix, de salutation et de compassions aux défunts. Avec de rares constructions des tombeaux, quelques noms similaires revenaient à des familles connus de cette ethnie généralement pieuse et nullement guerrière. La moyenne des notifications portait des âges allant de 1910 à 1980 avec des noms familiers et redondants. Entretemps, Boughmiga trouva ça et là des pièces blanches de jeu de domino qu’il ramassa suspectant un acte d’une éventuelle sorcellerie ou une probable prémonition, mais adviendra que pourra, il assuma qu’il y a de tout dans le monde. Deux enfants étaient venus l’accoster sur le lieu saint et avec ses conseils de souhaits de bonne scolarité leur donna une pièce de monnaie trouvée sur une tombe et leur en donna d’autres pendant que leur mère les interpellait du dessus du mur mitoyen. Une belle visite de respect à l’endroit, rappelant celle que Boughmiga avait faite il y a quarante ans, quand il jouait à tambouriné sur le Bendir dans le rituel de danse rituelle et thérapeutique, participant au groupe animant la musique mystique ritualiste et hebdomadaire. Les fidèles de ce Saint, croient toujours qu’il avait détourné les canons des mécréants pendant la colonisation et sa baraka reste toujours une protection et un totem d’invulnérabilité. Arrivant dans la ville de Tataouine, Boughmiga était surpris de voir le bâtiment de la poste, toujours en reconstruction depuis trente années, quand on avait démoli sans raison le complexe postal centenaire. Cet endroit, où il était arrivé il y a de décennies, venant du littoral de Zarzis, ayant les cheveux comme celles d’un hérisson en colère, les idées libérales et contestataires et la démarche toujours prête à en découdre. Un greffage comportemental et un forcing social, réussie grâce à la constance et la tête dure de l’un et la sagesse et la tolérance des autres. Cette sagesse, qui l’avait aussi sauvé des « dirty tricks » de la dictature et la complaisance des politicards, quand de bonnes personnes intervenaient en sa faveur. Toutefois, Boughmiga passa par là, garda sa différence pendant cinq ans à l’endroit et voilà, il revenait rendre hommage au Watan et s’arrêter devant les familiers d’autre fois. Comme dans toutes les villes du sud, les voitures étaient plus nombreuses que les gens et le déplacement n’était pas facile. Plusieurs restaurants, où j’avais mangé avec les jeunes braves Tataouiniens, ont été transformés en café modernes ou des grands surfaces d’électroménagers. Seul, un restaurateur et hôtelier, s’était rappelé de son ancienne condition malgré le fait qu’il avait opté pour un café moderne, insista pour m’offrir à boire, mais Boughmiga n’avait pas le temps. C’était le vendeur de casse croûte, dans une boutique directement sur la rue partant de la poste, qui était toujours en place depuis quarante ans. Fameux pour le piment vert grillé qu’il ajoutait au pain, il faisait toujours la même chose, sans confirmer ni demander qu’il était encore la même personne. Une collation de la pause de dix heures du matin, que je venais prendre chaque jour du travail à la poste et j’accompagnais par une corne de gazelle chaque jeudi, pour soi disant, maîtriser le taux de diabète. Une attitude pour limiter le taux de sucre dans le sang, qui avait réussie jusqu’à l’âge de soixante ans. J’étais un peu surpris de voir l’ancien marché aux légumes et fruits transformé en souk artisanal, un endroit désert, surtout avec l’absence de touristes. Une jeune fille tenant l’une des boutiques, était étonnée de rencontrer un Akkari de Zarzis, une région qu’elle ne connaissait pas et crois que ses habitants sont des gens difficiles. Lors de la discussion, il s’était avéré que le préjugé était du à la renommé d’une certaine famille de « faiseurs de miracles » surtout dans les affaires matrimoniales, ce qui était absolument faux et Boughmiga lui démontra le vraie courage et bravoure d’un Akkari. Les formules d’ensorcellement, de suggestion, de hallucination, de postions…ne prenait qu’auprès des gens qui étaient disposés à ces effets. Elle n’avait pas bien compris l’insinuation et l’allusion, heureusement. Sortant juste d’un accident vasculaire cérébral, Boughmiga devait revisiter les endroits de sa jeunesse, payer un respect légitime aux gens et rendre hommage à cette ville mystique. Il visita une famille qu’il avait bien fréquenté pendant ses débuts et le maître de la maison le reconnu difficilement tant le temps et la transformation furent leur effet. Bien sur, on ne pouvait rentrer de cette ville, sans acheter sa fameuse pâtisserie, les cornes de gazelles, reconnue dans le monde entier, pour sa pâte d’amende et son miel ruisselant. Et Boughmiga, casqua une bonne partie de sa retraite, pour satisfaire ses parents, ses beau parents, sa fille, la femme de son fils….et distribuer ainsi, la sagesse et la baraqua de cette ville Watan, « La patrie ». Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 25.10.2015