samedi 8 juin 2013

Qui a vu Khansa !!

Qui a vu Khansa !! C’était un préposé du patrimoine, qui est venu me livrer la jeune fille jusqu’à mon bureau à la poste de Zarzis, en me sommant de veiller à ce qu’elle finisse son travail dans de bonnes conditions de rapidité et d’efficacité. A vos ordres, chef, répondis-je en moi-même, tout en observant cette nordiste qui débarque toute seule dans le sud, sans méfiance ni réserves devant la phallocratie prédominante en vogue dans l’esprit de certains. Elle était jeune, sportive, assez belle, pour passer inaperçue dans le décor aussi archéologique soit-il. Bref, il parait que nos intérêts se rejoignent et comme elle est venue, pour les besoins de sa thèse, indexer, homologuer et répertorier les sites et stations préhistoriques, sur une carte assistée par GPS, ce serait aussi pour moi, une occasion pour servir ma région et en mettre en relief la richesse de son patrimoine et son histoire. Bien sur, Boughmiga le néanderthalien, n’attendait que ce genre d’occasions pour participer à la vulgarisation de notre patrimoine historique dans les régions du sud. Ces régions négligées par le régime mercantiliste de l’ancien président, par la médiocrité en vigueur et aussi les tergiversations entre disciplines, influences et archéo-patriarcats. Ainsi, pour une fois, Boughmiga, trouva une compagne à la hauteur de son rythme turbulent et fougueux, une amazone des temps modernes, une passionaria déterminée, une « skaw » fidèle à ses origines… qui le suivit au pas, sans la moindre défaillance dans son professionnalisme, ni dans son méthodisme ou son autonomie comportementale et conceptuelle. Toutefois, malgré sa perspicacité et son expérience dans la prospection, le constat et la collecte des indices de l’activité humaine dans la préhistoire, elle était aussi favorable et permissive aux approches acquises sur le terrain et confirmées par Boughmiga dans le mouvement de l’action. Pendant toute une semaine, nous partions tôt le matin, vers les diverses stations situés autours de la ville de Zarzis, dans un balayage méthodique et rigoureux. Avec son GPS « Global positionning system », elle précisait et cartographiait les endroits et relevait leurs latitudes, longitudes et altitudes par rapport au niveau de la mer. Nous avions effectués quelques dizaines de stations préhistoriques et Boughmiga laisse à Kenza, l’exclusivité des déductions et interprétations scientifiques. Elle était très surprenante, surtout quand elle n’avait pas trouvé de moyen de transport pour Ejdaria, à cause d’une grève locale, elle fit une vingtaine de kilomètres à pieds, avec des sorties à droite et à gauche de la route, pour inspecter les sols et chercher le silex. Il faut imaginer une belle fille sur une aussi grande distance, dans la chaleur, la solitude et l’absence quasi totale de toute voiture ou activité humaine. Quand je n’étais pas libre, je programmais son parcours à l’avance sur des zones que je n’avais pas bien prospecté, et la plaçais pour balayer une partie de la colline de Solob à Ejdaria, et une deuxième sur la dorsale marine de Souihel. Sur cette dernière, pendant que je conduisais la voiture postale deux heures après l’avoir déposé sur la colline, je l’ai vu au sommet, à un kilomètre de distance, en train de se baisser, aller, revenir, tourner en rond à la recherche des rares silex en cet endroit qui était inhospitalier pour l’homme primitif. Un autre jour, je l’avais déposé pour voir la dorsale de Ras Edhahra, en la convoyant à pieds pour dépasser les habitations avec leurs chiens et lui fournissant mon bâton de bois d’olivier pour s’en servir en cas de besoin. A midi, pendant que je stationnais devant la mairie, pour attendre ma femme, en lisant un livre et regardant l’arrivée de ma femme dans le rétroviseur, J’ai vu Khansa en train de traverser la route vers le marché municipal, avec un pas encore frais et une démarche vigoureuse. Chapeau Mamzelle !!! C’était sur le plateau de Guergabia, que Khansa, m’avait battue par dopage d’âge. Ayant fait plusieurs heures de marche passionnée, avec la découverte d’extensions inconnus de stations préhistorique, j’ai tenu le coup sans brancher avec la conscience inavouée de mes limites physiques et le rapport poids, temps, âge et mouvement. Pourtant, ce n’était que le lendemain, pendant que j’étais comme toujours en train de remplacer mes agents de la poste grisées par leur laxisme antirévolutionnaire, en distribuant les télégrammes et le courrier des banques, quand un grand camion fonça sur moi dangereusement, et lorsque j’ai sauté vers le bord de la route j’ai senti une douleur atroce dans le muscle de la jambe comme si un projectile m’avait atteignis. Instinctivement, j’ai commencé à regarder derrière moi, pour voir l’agresseur, mais quand je n’ai remarqué personne en fuite ou suspect, j’ai compris que c’était une déchirure musculaire dû entre autre à l’effort colossal effectué ces derniers jours au rythme de Khansa, l’imbattable. Depuis, j’ai boité pendant quelques jours sans pour autant m’arrêter de marcher et investir les espaces et finir notre tache commune de quadrillage historiciste de la région. Toutefois, Khansa et moi, Boughmiga, avions accomplis notre devoir, dans un temps record, sans répits ni tords, sans défauts ni erreurs, sans regrets ni remords, avec beaucoup de passion et d’amour pour nos ancêtres communs, néolithiques et néanderthaliens, …avec un sentiment de devoir accompli, malgré la médiocratie, l’incompréhension et la bureaucratie…dans un paysage fixiste de fossiles tendancieuses et infructueuses. Vive l’histoire de nos grands parents humains, gloire à notre histoire depuis la préhistoire, gloire à Khansa, qui représente la femme Tunisienne, éduquée, libre, travailleuse, intelligente, responsable et merveilleuse à l’image de notre pays, celui de la paix, de l’humanité et la prospérité. Lihidheb Mohsen Zarzis 20.05.2013 http://zarziszitazarzis.blogspot.com

vendredi 19 avril 2013

Au gré de mon nez

Sniff I : Sorti de bonne heure, répondant à l’appel de mon incurable silexmania, j’ai sillonné l’endroit que j’ai appelé et codifié Zarzis 235, pendant les quelques heures de la matinée jusqu’aux limites de mon endurance à la chaleur et la fatigue. Bien sur, le plaisir des trouvailles, parvenait toujours à me faire surmonter les diverses difficultés de mes vagabondages hors pistes et hors sentiers battus. Dés le début, j’ai trouvé de belles pièces sous formes de silex en feuilles de lauriers, des bifaces, des broyons et des morceaux de meules. Ce n’était pas facile à cause de la déformation de certains endroits par les niveleuses et les bulldozers des entrepreneurs des routes, qui ont déformés le paysage en puisant du sable et du remblai dans touts les monticules et toutes les collines situées tout au long des routes du sud. Comme toujours, j’ai relevé le défi de trouver des objets dans ce carnage et même parmi les restes de dépôts de gravier, j’ai trouvé de beaux silex, au damne de tous les destructeurs et pollueurs de la nature. Suivant les indices indicateurs des restes de coquillages et de brûlis, je passais des heures à tourner en rond et dévaler des kilomètres sans la moindre lassitude, cueillant dans mon sac tout ce qui est en rapport avec la vie et le passage de l’homme primitif. Ce jour là, midi s’approchait et mon parcours s’enfonçait dans les terres quand j’ai senti une agréable odeur d’herbes sèches brûlés. Leur parfum était intense et me guidait par le bout du nez comme un bateau à voile palpitant manœuvrant à droite puis à gauche pour arriver à destination en naviguant contre le vent. Cette attirance avait doublé quand une odeur additionnelle parvint aux narines de Boughmiga qui sur une longue période de sa vie, était dépendant des verres de thé noir obligatoires matin et soir. Le berger était là, à alimenter le feu et placer le pot de thé soigneusement comme un rituel Nippon ou un « Tea-time » Anglo-Saxon. Sous le regard d’une centaine de moutons au repos, j’ai entrepris mes salamalecs avec le mec qui m’offrait un verre écument que j’ai gentiment refusé à cause de mon début de diabète. Il venait de l’intérieur du pays et gagnait trois cent dinars par mois, mais la tâche était très dur car après le moutons il devait fournir les aliments complémentaires dans l’étable et ramener les chameaux épars dans la région. Pourtant, il ne se plaignait pas du tout et s’assumait bravement dans sa tâche. Il m’avait aussi renseigné sur des endroits où il y a des coquillages et du brûlis, que je connaissais déjà. Sniff II : Le dimanche suivant, je me suis trouvé dans un endroit appelé « Khachm el Kelb », Naso die cani, the dogs nose, die Nase der Hund, le nez du chien… Fenzouzitt el Habhaba en arabe, pendant qu’un grand Siroco très chaud soufflait à gogo comme un chalumeau, sur ce solo dingo avec son bâton et son sac postal sur le dos. Malgré la sueur, Il a fallu que je mette le capuchon au dessus de mon chapeau pour atténuer l’effet du vent et du sable frappant mes yeux et mon visage. Dans ces conditions extrêmes, je parvenais à trouver des objets intéressants que les vents découvraient presque sous mon regard. En effet, c’est une année difficile sans pluie, sans herbes, et je serais le seul dans le Bled à profiter de cette situation pour découvrir du silex au raz du sol. Plusieurs sensations se relayaient sur moi, ma langue s’asséchait, les jambes fléchissaient à force de braver la marche dans le sable, mes yeux se noyaient dans la sueur, mes reins me coinçaient en permanence et mon souffle était perturbé par l’effort et le vent contrariant. Personne ne peut imaginer que cette sortie était sans eau et je n’étais sauvé que par le peu d’eau au fond d’une bouteille minérale trouvée de justesse entre les chaises de ma voiture. Je m’attardais quelques fois sous l’ombre des oliviers dont je ratissais les alentours. A un moment, j’ai fait une pose sur mon sac de toile avec le dos contre le vent. Si ce n’était la tempête Saharienne qui limite la visibilité, l’endroit serait merveilleux et le panorama grandiose. J’ai commencé à imaginé un levé de soleil pour un guerrier primitif repérant du haut de cette colline ses proies et tâtant sa lance et sa fronde pour attaquer. Des mouches me piquaient inlassablement et bivouaquaient sur mon dos en attendant mieux. Un bourdon s’attarda devant mon visage et plusieurs scarabées charognardes faisaient les va et vient autours de moi, humant au gré du vent cette odeur humaine prometteuse et celle des cellules en putréfaction pour régénération. Sans m’attardé, j’ai levé l’ancre « le sac » et le plaça sur mon dos pour continuer à ratisser méthodiquement les oliviers une à une, profitant des travaux d’avant la cueillette, balayage du pourtour de l’arbre, et d’après la cueillette, le tamisage dont les rejets est composé de pierres qui souvent contiennent aussi du silex. Dans ce mouvement, je constatais les traces des activités et des efforts des ouvriers et ouvrières agricoles qui s’installaient en famille pour venir à bout de la récolte record de cette année. Par respect à ces gens, je ramassais respectueusement les peignes en plastique qu’ils utilisaient pour faire tomber les olives, et ce, pour les mouvements, la passion, les sentiments et la joie de vivre qu’ils avaient accompagnés. Soudain, sans prévenir, elle est venue, agréable, douce, enveloppante, sur les bouts de pieds, sentant l'arôme familier des algues marines….et stupéfait, je suis resté debout, à l’accueillir, à l’embrasser de tout mon corps et mes sens….chose que ne m’arrivait que quand pendant d’aussi grandes chaleurs j’allais loin dans la mer et plongeais au fond pour retrouver cette fraîcheur salvatrice. En effet, c’était la brise du Nord-est, « Melthem » qui se substitua au Sirocco de l’Ouest en quelques secondes, pour changer comme par une baguette magique, la chaleur torride en souffle agréable et épanouissant. Je ne pus alors, que regarder au ciel pour vénérer et remercier Dieu, pour la beauté de sa création et sa générosité. Certainement, les chiens, les renards, les lièvres, les hérissons, les porc-épics, les insectes, les oiseaux, … auraient fait de même, avec leurs nazillons,regardant vers le céleste, pleins de gratitude et de reconnaissance. Lihidheb Mohsen 20.03.2013

dimanche 17 février 2013

Sur la piste de Djerba

Sur la piste de Djerba Encore une fois attiré par le magnétisme du nord, le nord immédiat, du golfe de la petite syrte, sans perspectives d’aller au-delà jusqu’à Lampedusa, j’ai enfourché mon « Carhba » tôt le matin accompagné par les prières de ma mère et les dizaines de hauts parleurs des mosquées sur mon parcours. Comme chaque fois, je descends sur une boutique à l’intérieur de Boughrara city, Gyktis pour les nostalgiques de l’histoire, pour acheter des petits pains chauds et spongieux, certainement l’œuvre d’une femme au cœur bon. Le soleil pointait lentement dans mon rétroviseur, quand j’avalais la route de Mareth, au niveau de la fameuse ligne militaire qui n’a pas résisté à la conquête de Boughmiga et se rendit illico sans conditions. Entre les Blockhaus, les Casemates, les Bunkers et les fortifications, j’ai longé l’oued sur un lit rocailleux et accidenté dans un paysage lunaire de cratères et d’excavations. Surpris, des hommes avec un tracteur acrobate pelletaient à la hâte du gravier d’un trou béant juste à côté de la piste. En écologiste chevronné, j’ai arrêté ma voiture pour palabrer, sensibiliser et m’informer de la sortie vers la mer. De toutes les façons l’oued avait drainé tous les cailloux de la chaine de montagnes de Matmata et à quelques camions pré, il fallait bien rapprocher entre écologie et développement. En bas, vers la mer, juste devant la station d’assainissement, j’ai vadrouillé un bon moment entre les tranchés, les douilles d’obus et une bonne quantité de silex travaillé. Bang, bang, bang… stupides de tous les temps, baroudeurs, « Hachachin », manipulateurs, génocidaires…, vous l’avez eu dans l’égo…pendant que mon humble ancêtre Néanderthalensis, ne faisait pas autant de mal et de destruction massive. M’ayant vu en train de tourner en rond, comme un ivrogne à la recherche d’un mégot, le gardien de la station est venu s’informer gentiment de ma présence et je l’ai remercié de sa responsabilité et son professionnalisme. En vérité, ce jour-là, je voulais parcourir la « piste de Djerba » dont l’un des bergers m’avait parlé. Celle qu’on prenait autrefois pour joindre Gabés. Imaginant le petit homme de l’Île aux Lotophages, dans son petit burnous blanc, avec son bâton et sa bandoulière en laine pleine de dattes et figues sèches, derrière son âne ou son chameau, foncer vers le nord dans un esprit irrésistible et infatigable de conquête commerciale et sociale. D’ailleurs c’est ce qu’il fit avec brio et succès en diversifiant ses ressources et ses activités de survie et d’opulence, faisant main basse sur le commerce en gros et en détail dans la majorité des villes d’Ifriqiya et même au-delà. Usant de sa sagesse millénaire, il avait plusieurs techniques de clientélisme et de création de richesses dans le cadre d’un commerce équitable inné et confirmé. Au niveau de Chatt El Awamer, j’ai pris une fausse piste pour me trouver dans une impasse devant des maisons habités. Après une demande de renseignements, j’ai pris la bonne piste à travers les maisons, les vallons et les oliviers, pour sortir à côté du site de « Mdaynita » ensuite dans un long lac salé que j’avais traversé de plus en plus inquiet du paysage et des risques d’enlisement, de panne ou de désorientation. En effet, chaque fois que je suis venu dans ces endroits, il y avait des nuages et cette fois c’est un vent très fort qui dominait la scène avec des tourbillons de sable. Allant à droite dans chaque croisement pour m’approcher de la terre solide, et au fur et à mesure du parcours, la piste perdait de sa consistance et seules quelques traces anciennes de roues me guidaient. C’est en ce moment, que j’ai réalisé l’ampleur du risque de ne plus voir la route couverte par les vagues et cumuls de sable ventilé en permanence et rebroussa un bout de chemin pour foncer vers l’ouest, vers les collines salvatrices, dans une sorte de défaite piteuse devant le courage et la bravoure du petit Djerbien conquistador. Là aussi, les sillons des roues s’enfonçaient et le flan de ma coccinelle butait sur la terre argileuse et endurcie. Le berger « Haj Dhaou », était bouche bée et ne croyait pas ses yeux en me voyant sortir de nulle part, dans ma voiture citadine, en ce temps désagréable et menaçant. En lui offrant un petit pain de Boughrara, qu’il cacha tout de suite pour la déguster à l’huile d’olive avec son brave compagne, je l’ai aidé à repousser son troupeau des petits plants d’oliviers et surtout un grand bélier qui insistait à en déguster les feuilles vertes. Malgré ses quatre-vingt ans, Haj Dhaou, tenait bien sur ses pieds et parvenait encore à garder et suivre son troupeau de moutons et chèvres dans ce relief rocailleux. Toutefois, pour compenser la réduction de ses mouvements à cause de sa vieillesse, il utilisait une fronde avec une aisance et une adresse incroyables, jouant sur le mouvement, la taille de la pierre et la trajectoire de la lancée, pour dissuader les chèvres et les rabattre. Informé de ma mésaventure avec la piste de Djerba, il confirma mes inquiétudes car il fallait connaitre cette route jusqu’au village de « Green » que je connais en y arrivant de l’autre côté sud. Il me dirigea aussi vers une colline qui m’intéresserait pour ma passion du silex, ou mon silex-mania. Le vent sifflait de plus en plus fort et l’endroit était une sorte de grandes collines en forme de dos de cheval de quelques centaines de mètres, qu’une sorte de piste parcourait et divisait comme les traces osseuses d’une colonne vertébrale. Au sommet j’ai tourné la voiture dos au vent et fis bien attention d’engrener la vitesse et tirer le frein à main, pour ne pas se laisser trainer par le vent. Sur le toit de l’endroit et la région, avec le bruit des rafales de vent et le picotement du sable sur la taule, avec une vue ne dépassant pas les trente mètres, le moment était propice à une collation de pain et de fromage et une petite somme, dorloté par le balancement de la voiture et le sentiment du néant et du nulle part. Réveillé par mes renflements, d’un sommeil paisible suite à une grande fatigue, j’ai descendu de la voiture, prit mon sac de toile et mon bâton, boutonna mon capuchon et dévala la colline de son côté sud, qui généralement abritait les hommes primitifs des vents s du nord. En effet, les traces n’étaient pas nombreuses, à part quelques traces de brulis, mais, dans un endroit précis, j’ai trouvé de belles pièces de silex blancs ronds et bien taillés. Un peu plus loin dans le lit d’un courant d’eau au bas de la colline, j’ai trouvé un broyon circulaire en forme de disque, très poli et agréable au touché et à la vue. Je me suis éloigné beaucoup de la voiture en aval, poussé par le vent et la passion de mes trouvailles et pour revenir il m’a fallu faire des bordages comme pour les bateaux naviguant contre le vent. Tard dans la soirée, à la maison, après une bonne douche et un bon sommeil, j’ai résumé les plaisirs de la journée, mes souvenirs de la fusion avec la nature, la noblesse acquise de « Haj Dhaou », les risques majeurs que j’ai encouru en m’éloignant en solitaire de la voiture dans une montagne au risque me casser une jambe et finir asséché sur les rochers. Une pensée particulière était dédiée au Djerbien, qui prit ce sentier de l’aventure et conquit le monde par sa sagesse et son endurance. Lihidheb mohsen Zarzis 10.02.2013

vendredi 15 février 2013

Terfellil plage

Tarfellil plage Après une cession de palabres, comme dans toutes les associations de l’après révolution, et suite à une proposition de Monsieur le président, une louable improvisation, nous partîmes en excursion pour palper le terrain et impulser l’entrain. Les carrières monumentales des salines, étaient notre première escale de cette visite et de derrière le check point du portail, nous primes quelques photos pendant que le gardien faisait sa deuxième prière de la journée. Cependant, un sentiment de frustration, m’avait repris comme chaque fois que je voyais cette montagne de sel blanc comme la neige, qui me rappelle les cornets de glace des pâtisseries qu’on voyait seulement faute de pouvoir en acheter. Le bac principal, de plusieurs hectares, était prêt à la cueillette, et sa maturation ou sa « cristallinisation » était favoriser par une année de canicule et de sècheresse sans précédent. Des milliers de tonnes de sel attendaient les niveleuses et les bulldozers, les camions géants et les bateaux, pour une exportation fructueuse vers les pays du nord, étrangement en quête permanente de ce produit aussi important que l’or. Nous avons aussi constaté les rejets d’eaux usagées de cette saline qui ont affecté, visiblement et gravement la faune et la flore marine du littoral immédiat. Comme avec d’autres associations, plus concernées par l’environnement, j’ai parlé de la situation de la « Gattaaya », un petit paradis naturel et une niche écologique reconnue, où vivaient les oiseaux exotiques, les poissons d’eau douce, les renards, les lièvres, les porcs épic, ….jusqu’au jour où une décision officielle, douteuse et radicale, ferma et bétonna rageusement le puits artésien, malgré les protestations des amis de la nature, les chasseurs crédibles et les bergers de la région qui abreuvaient leurs troupeaux dans ce bel endroit accueillant et ombrageux grace à une petite foret. J’ai rappelé aussi comment j’avais proposé à la société exploitant le sel qui n’est qu’à quelques huit cents mètres du lieu, de l’alimenter en eau domestique usagée ou autre pour faire revivre la diversité animale et végétale. Mais, comme toujours, même après la révolution du printemps, personne n’écoute personne. Slah et moi, dans une voiture vétuste, avions traversé « Sebkhet el Maleh » vers sa rive sud, pendant que les autres dans la voiture luxueuse de Monsieur le président, durent contourner sur le bitume, le lac vers un lieu de rencontre convenu. Avec une longueur d’avance et au niveau du canal principal d’approvisionnement en eau de mer par l’effet des marées, nous avons constaté des millions de larves et petits poissons à la dérive dans un milieu étrange et incongru, dans des gestes de survie et de désespoir à la recherche d’une délivrance impossible. En effet, les excavations sont énormes, sur des kilomètres et des kilomètres avec une largeur de plusieurs mètres, longeant impitoyablement les contours du lac salé, au détriment des plantages d’oliviers et le mouvement des hommes et des animaux. De grosses machines à chenilles en forme de scorpion venimeux, s’enfoncent dans les profondeurs de « Sebkhet el Maleh » sans restrictions ni limites de convivialité avec la nature et ses occupants. Sur un monticule, d’El Bogra, nous avons rejoint l’équipe et mordîmes notre colère dans de grands casse-croutes piquants et ensemble nous partîmes derrière Si Noureddine. Au niveau de Hnich, nous avons apprécié le partage des terres collectives et la course au reboisement en oliviers et la création de richesses agricoles dans un milieu difficile. D’ailleurs, plusieurs braves concitoyens ont creusé des puits de surface et érigé de grandes fermes parma-agricole et parma-élevage avec de très bons résultats et beaucoup de respect pour les normes biologiques et éthiques. Quand Monsieur le président vira à gauche, nous virâmes à gauche, il palabra avec un berger, nous l’avions attendu, s’arrêta un peu plus loin, scruta le paysage, continua, traversa des semblants de maisons, monta une colline et fit halte pour nous présenter l’endroit que j’ai appelé arbitrairement « Tarfellil plage ». C’était un monticule légèrement rocailleux, avec quelques arbustes survivant au surpâturage et à la sécheresse. J’ai tout de suite constaté que l’endroit est mineur et porte quelques traces du passage humain à travers l’histoire et particulièrement pendant le paléolithique supérieur. Ayant l’avantage de l’expérience, l’endurance et l’acuité visuelle, j’ai trouvé quelques silex sommairement coupés, un broyon oblong d’une quinzaine de centimètres et des pierres taillés en bifaces, que j’avais montré à mes compagnons tout en commentant les remarques et constats des uns et des autres. Ainsi, grâce à si Noureddine, « Tarfellil-plage » a été identifié, reconnu, répertorié, vulgarisé et mis en relief pour enrichir le paysage historique, en l’honneur de l’association de sauvegarde de la presqu’ile de Zarzis. Lihidheb mohsen Zarzis 09.02.2013

vendredi 25 janvier 2013

Chatt El Awamer

C’était comme les poupées Russes ou le http du net, quand un endroit me passait vers un autre et une information me faisait découvrir un site, une station, un édifice, un monument….à travers mes vadrouilles hasardeuses et grâce aux remarques des sages bergers que je rencontrais à chaque sortie. Ainsi, la richesse de la région de Zárate, m’avait amené vers Chatt El Awamer, un tout petit village côtier, séparé par une longue route et un grand lac salé de la mer. Bien sûr, le fait de considérer le Sud Tunisien comme un musée ouvert, surtout pour tout ce qui concerne la préhistoire, se confirme de jours en jours et chaque espace désert offre ses surprises et ses trésors anthropologiques. Entre les traces du passage des troupes de Montgomery, de Rommel, de Leclerc et de Mussolini, ….des restes de barbelés, de douilles, de « shrapnells » éparpillés sur des kilomètres, des tranchés, des blockhaus, …je parvenais quand même à trouver des silex et des restes de poteries diverses. Encore une fois, la prédominance du paléolithique est incontestable, malgré les meules qui revenaient au début de la maitrise de l’agriculture. Sur une grande colline, qui m’avait attiré de loin, traversant des vallons difficiles et des pentes raides, j’ai trouvé sur son sommet, une meule en pierre, qui m’attendait depuis des millénaires. Juste à côté une demi-meule de la même qualité de pierre, devant un semblant de tranché sinueux. C’était la première fois, que j’approchais un endroit à partir d’en haut, et au fur et à mesure de mon ratissage tournant et descendant, j’ai trouvé plusieurs silex intéressants et des boirons merveilleux. Soudain, un jeune homme était tout près de moi, dans cet endroit désert à des lieux de la première habitation campagnarde, une grande surprise. Il portait un bâton de palme et paraissait assez sûr de lui, mais puisque je portais un bon bâton de bois d’olive, je lui avais lancé : « De toutes les façons, mon bâton est meilleur ». Il comprit rapidement la remarque et répondit : « Loin de là, Dieu me préserve de son usage, je vous ai pris pour les jeunes qui viennent souiller l’endroit avec leurs souleries ». Plus loin, sur un espace rocailleux, j’ai trouvé de beaux broyons à même le sol et une meule volcanique noire bien travaillé et brisée en quatre morceaux. Une autre meule en pierre, plus grande et similaire à celles de la colline, faisait partie de l’ensemble. Une lamelle large en forme de couteau était trouvée sur le creux d’un sillon de bulldozer ainsi qu’une belle pièce de silex bien taillée en forme de feuille de pommier. Il n’y avait pas beaucoup de soleil ce jour-là, mais je faisais de mon mieux pour combler ce déficit naturel et fructifier un aussi long déplacement de Zarzis vers le golfe de Gabés. Un vieux berger, de Chatt El Awamer, une personne très dynamique et sportive à force de courir derrière une dizaine de chèvres et autant de moutons…m’avait indiqué l’emplacement d’un site historique Romain appelé « El Mdayna ». Etonné par la dénomination, qui est aussi celle du site du même nom sur la rive sud du lac El Bibane, il avait aussi subit des fouilles sauvages dans trois endroits au moins. Sur une surface d’un hectare au plus, « El Mdaynita », parait être Romaine du début de cette ère et comportait des indices similaires à celles de Mininx, sur les plans de la poterie, la numismatique et les structures découvertes par les chercheurs de trésors. Les bris de monnaies, les dessins en palmes sur la poterie rouge, les bouts de lampes à huile décorées, les clous et les piles de carreaux de briques utilisés comme piliers pour ce que fut un grand Bain Romain Hammam, confirmaient la similitude. Le Hammam était identique à celui excavé outrageusement au site de Ziane à Zarzis, mais ce dernier était plus grand et plus profond avec des tuyaux en plomb. Des formes de toupies en argile étaient çà et là et un grand sac était au fond remplis d’objets indéterminés que je n’avais pas cherché à vérifier à cause de l’éthique de ma curiosité et mon respect rigoureux de la loi. Une rigueur et une détermination qui m’ont toujours guidé au point de parvenir à trouver du silex sur des sites Puniques et Romains et c’est ce que j’avais réussi cette fois aussi. Le site d’ « El Mdaynita » à Chatt El Awamer, était situé dans un sous bassement de terrain, des monticules entourés par des brèches de lagune. D’autres stations seraient aussi aux alentours immédiats du site, ce qui a été insinué par le berger, mais je n’avais pas assez de temps pour les constater. Bien sûr, les braves gens que j’ai toujours rencontré, au hasard des croisements dans des milieux déserts, étaient quelques part déçus, d’être tombés sur un bénévole, fauché, rigoriste…sans la moindre perspective d’impact favorable sur les conditions de vie de tout le monde. Auraient-ils préféré un chasseur de trésor ou un aventurier…mais vu leur tempérance et leur milieu social très respectable, mon intuition était exagérée, malgré qu’on reste tous de faibles humains. De toutes les façons, voilà encore une région riche de patrimoine, « Mdaynita » de Chatt El Awamer, que nos officiels du patrimoine devraient mettre en relief et constater l’atteinte grave au site et en déduire des renseignements sur notre histoire millénaire. Lihidheb mohsen 22.01.2013

mardi 15 janvier 2013

Zerkine

Après Zarzis, Zita, Zian, Zitha, Ziza, Zess, Zammour, Zaratt…voilà Zerkine, qui joint la collection des témoins de l’histoire dans le sud Tunisien. En effet, accroché par l’impact merveilleux des trouvailles à Zaratt, Boughmiga le néandertalien, revint dans la région pour continuer sa prospection passionnée. Ce village est aussi très beau et agréable à visiter entre la verdure des palmiers et la culture à étages sous leurs ombres protecteurs. Des oliviers, des grenadiers, des piments verts, des carottes, des légumes, des oignons…cherchaient irrésistiblement les rayons du soleil entre les feuilles des palmes frissonnantes. Là aussi, j’ai dû m’informer de la direction vers la mer et un jeune homme m’indiqua une camionnette à suivre. La voiture faisait la navette pour le transport des jeunes filles et des femmes vers la plage pour la pêche aux écrevisses, l’une des activités économiques principales dans la région. Comme d’habitude, évitant les sentiers battus, j’ai viré dans la première piste et me perdit dans une multitude de sentiers agricoles sinueux et difficiles. Sur des kilomètres j’ai longé ce qui restait d’une surélévation de terre qui devrait être pour la voie ferré inachevée entre Gabés et Médenine. En roulant dessus, j’ai failli me faire avoir à l’emplacement d’un pont, ce qui m’avait obligé à faire une centaine de mètres en marche arrière périlleuse. Les collines étaient rocailleuses et parsemées de buissons pendant que les terres étaient encore sous l’effet de la salinité de leur état initial, de bordure de mer. Il n’y avait pas d’âme qui vive et même les routes ne comportaient que les traces des chiens qui les traversaient en hordes. Un terrain vide, rocailleux, susceptible d’avoir attiré les premiers humains pour se servir des pierres, m’avait attiré et en effet, c’était très riche en bifaces et silex taillé sommairement dont j’ai récolté une bonne quantité. Un berger, passa près de moi, et sur ma demande il m’avait dit le nom de l’endroit que j’ai oublié. Il pressait tout le temps son troupeau d’une façon étrange sans justificatif ni raison apparente « Ekhtt hikka, echchouma, iggg, Ziliatt, hooo, Ghdad wi Shadd, Arjaa Jidri, Ekhtt Ekhtt… ». Ce que j’ai remarqué à son frère qui était venu vingt minutes après pour s’informer de mon intrusion dans leur espace et lui demanda de « déstresser » ces pauvres bêtes et inviter ce berger à se relaxer. J’étais presque sûr, que vue son agitation, il serait aussi perturber dans son sommeil. J’ai continué vers le nord, à travers broussailles et arbustes épineux, sur une route difficile coupée en plusieurs endroits par les sillons des cours d’eau de pluie au point de devoir colmater des endroits pour le passage des roues et rouler comme sur une fausse de garage, avec l’impossibilité de revenir en arrière. Après cette épreuve, voilà encore la montée des collines sur une piste non utilisée depuis des années. Arrivé au sommet du petit plateau, j’ai arrêté ma voiture en face de Gabés qui fume son calumet de la « P » comme pollution et en chef Sioux éclaireur, j’ai tourné le dos à la civilisation et viré avec ma monture sur un sentier qui retourne d’où je venais mais avec une légère orientation vers la mer. Encore une fois, après de dures épreuves pour la voiture, je me suis trouvé encore une fois dans une impasse. Un autre virage sur une autre colline et sur l’autre flan, la route se perd et je dû descendre pour évaluer mes chances à travers les champs. Malgré tout, je suis parvenu devant une maison abandonnée devant laquelle j’ai arrêté la voiture pour demander un renseignement et une sortie de ce labyrinthe. La construction était délabrée et délaissée. Les plantes exotiques durent se débrouiller seuls à travers les saisons et les années. Dans la cour, un aménagement de convivialité, une fontaine manuelle, et les restes d’une recherche de bien-être. Ayant l’habitude de contourner mon objectif et l’investir graduellement et quand j’ai poussé une porte battante de grange, j’ai eu l’impression que cette maison est mystérieuse, source de craintes et je serais une sorte de diable qui force cette solitude et ce destin. Dans la courette des machines agricoles anciennes, des objets hétéroclites revenant aux années soixante d’après l’indépendance Tunisienne. A travers les meubles cassés, les poutres, les buffets, j’ai accédé dans la maison proprement dite. Les pendules coloniales pendaient encore des toits avec des ampoules intactes et chaque chambre avait une sorte différente de carrelages avec des motifs merveilleux et envoutants. En forme d’œuvres d’art, que j’ai mis longtemps à admirer et essayer de les prendre en photos malgré l’ensablement d’un demi-siècle au moins. La cuisine était l’endroit le plus attachant car elle se trouvait sur le flan nord de l’habitation, avec un toit assez bas et des fenêtres horizontales sur les trois côtés, donnant une vue directe sur la mer et les palmiers du vallon. J’y ai passé un bon moment à imaginer le bonheur et les odeurs des mets sous un tel paysage féerique. Dehors, une grande citerne aux roues crevées, aurait certainement servie comme un approvisionnement de secours aux citernes pluviales. Un peu plus haut, une sorte de grange de carburant encore huileux et enfumé jusqu’aux chenilles militaires qui en faisaient la toiture. Encore plus haut, au sommet de la colline, s’érigeait encore les restes d’une hélice éolienne, qui fournissait l’électricité pour cette maison coloniale. Une maison coloniale que Boughmiga le néanderthalien, a démystifié et révélé au grand public pour la restaurer et la sauvegarder en tant que patrimoine national. Un appel aux associations et à la société civile de Zerkine, Kettana et Gabés pour protéger cet endroit et surtout les carreaux qui tenteraient les nouveaux riches. Au moins, il serait urgent de constater cette richesse par les officiels du patrimoine dans les plus brefs délais et en prévenir la destruction ou le détournement. Lihidheb mohsen 10.01.2013 http://zarziszitazarzis.blogspot.com

mardi 8 janvier 2013

Zaratt

Au début, je voulais descendre sur Oued El Akarit, ce tranché stratégique naturel, cette limite de la Tripolitaine, ce site préhistorique confirmé…, mais au niveau du croisement de Mareth, j’ai viré brusquement à droite vers Zaratt, cette ville que je ne connaissais pas encore. Bien sûr, comme un Boughmiga qui se respecte, un Akkari tanné par le sel de la mer, je me suis dirigé directement vers la côte, pour humer l’air marin et satisfaire ma nostalgie maladive. Les gens sortaient vers leurs champs de palmiers, de grenadiers, de Henné et de corètes et les enfants s’empressaient vers les bus scolaires, avec des regards interrogatifs sur cette voiture aux vitres fumés et au passager inconnu, qui passe à travers la ville aussi tôt le matin. La plage, si on peut l’appeler ainsi, était en chantier, des routes, des trottoirs, des travaux divers, promettaient une infrastructure et une logistique d’accueil pour les estivants à venir. Comme presque partout dans le golfe de la petite Syrte, Gabés, la mer est peu houleuse et les marées font reculer la mer sur une grande distance. Le port que j’ai vu de loin, parait très actif et sa renommée dans la production de poisson est reconnue. Bien sûr, le contemporain n’était pas ma principale préoccupation, qui tendait plutôt vers la beauté des paysages naturels et la localisation par le « sniff », des sites et stations historiques. En effet, ma première descente de la voiture était relativement fructueuse, mais la deuxième était un vrai « Bingo ». Des tessons rouges phéniciens, des coquillages, des poteries à prédominance en gorge de pots, des blocs de pierres dont certains sont taillés en forme de base de pilonne, un four modeste, sans oublier l’omni présence des traces d’excavations malhonnêtes et pirates. Dans un endroit bien précis du site, j’ai constaté un grand nombre de pierres beiges et noires de mosaïque éparpillées sur le monticule, ce qui veut dire que l’endroit était habité pour une longue période et il y faisait bon vivre, surtout devant un endroit aussi poissonneux. J’étais surpris de ne pas trouver des débris de la moindre monnaie ou de métal qui normalement coïncidait avec cette période. Toutefois, j’ai eu le réflexe de chercher du silex, car je me suis dit qu’il y aurait certainement des gens qui ont habité auparavant cet endroit pour que les phéniciens s’y installent et effectivement, tout autour du site, j’ai pu récolter une bonne quantité de silex taillé approximativement à la manière du paléolithique supérieur. J’étais très heureux de cette traçabilité et cette traque par l’investigation et le palpage de notre passé commun. A midi, mordant dans un bout de pain et deux morceaux de fromage, j’ai quitté l’endroit, mais l’ensablement de la route côtière m’avait dissuadé et dû me diriger vers la direction opposé qui me fit rouler sur des kilomètres pour me retrouver dans une impasse lagunaire où j’ai failli m’enliser dans un paysage terrible de solitude et de sable mouvant. Tout en revenant sur mon chemin, je regardais à droite et à gauche dans une sorte de lecture et d’appréciation du relief, quand j’ai vu quelques monticules de terre vers lesquels j’ai pris un raccourci difficile. Le premier endroit comprenait les traces en silex du paléo inferieur, peut être vers la période d’Adam et Eve, pas Smith et Braun bien sûr. Le deuxième monticule, je ne vous dis pas, du paléo supérieur, qui m’a pris jusqu’à quatre heures de l’après-midi sans m’arrêter, ce qui faisait huit heures de marche presque sans stop. Curieux, un berger est passé près de moi, pour s’informer de ce que faisait un homme au milieu de nulle part, à s’incliner sur des n’importe quoi. A la maison, au travail, … tout le monde avait constaté l’impact de cette journée sur mon humeur et ma joie de mettre en relief la valeur historique de cette ville et cette région. Avec les carrés de pierre des mosaïques, j’ai formé le nom de cette ville, dans un tableau éphémère, par un scribe éphémère et passager, à la mémoire de nos ancêtres communs. Lihidheb mohsen 02.11.2011