dimanche 25 décembre 2016
Triste rencontre.
Je suis presque affirmatif, d'avoir rencontrer par hasard Anis Amri, lors de son départ de la région de Lemsa en tant que Harrague. Il était en train de faire du stop vers Zarzis pour faire un tour et je l'avais trouvé juste prés de l'enseigne signalant la direction. Mais quand je lui avais dit que c'est assez loin, il me raccompagna vers la falaise prés de la citerne, pour continuer à pieds jusqu'au compement improvisée par les passeurs vers l'Europe. Il avait les dix neuf ans, assez intoverti, comme s'il portait un grand fardeau dans son intérieur. Il avait des problémes avec les organisateurs et d'aprés lui, il était en grande dispute avec les maitres mais il n'avait pas le choix. Comme je l'incitais à laisser tomber et rentrer chez lui comme il l'avait prétendu à Tataouine, il refusa et s'était encore renfermé tacitement comme quelqu'un qui subit un sort. Il n'avait pas de signe de radicalité ni d'éxtémisme quelconque sa transformation catastrophique se serait passé lors de son passage dans les prisons et son récrutement dans le monde carcéral par des codétenus. Je ne pouvais m'approcher du campement de Lemsa à cause du danger certain pour ma personne et ma voiture et le laissa tout en lui offrant avec regret tout ce que j'avais en buiscuits. Pas fier du tout de cette rencontre, surtout aprés ce qu'il avait fait...mais comme toujours, on ne pouvait rien faire...contre les germes de drames humains.
mardi 20 décembre 2016
Portraits et sagesse 97
jeudi 15 décembre 2016
Portraits et sagesse 96
Mabrouk Abichou
Connu sous le nom de Béchir, il était un policier qui avait travaillé dans presque toutes les villes du nord, La Goulette, Tunis, Tabarka, Zaghouan, El Ksour…où il avait atterrie suite à plusieurs mutations abusives à cause de son insubordination naturelle. En effet, fils de Si Mohamed et petit fils de Si Saïd, d’une famille de paysans pauvres, quelques moutons, quelques pieds d’oliviers, une charrette et beaucoup de patience et d’humilité. Comme l’une des caractéristiques des jeunes de sa tribu, il était carrément insubordonable et malheureusement se trouva dans un travail où l’obéissance aveugle était basique. Ce n’était que lors du décès de son grand père, qu’il insista pour sa mutation vers le sud du pays et se trouva à Médenine à soixante km de la maison où il passa vingt ans à la file de sa carrière. Avec un travail aussi délicat, il était aimé par tout le monde sans le faire exprès, juste par le fait, qu’il était serviable, solidaire, compréhensif et accueillait touts les gens de la tribu qui allaient à Tunis ou à Médenine. Des centaines de personnes transitèrent par sa maison avec tout ce qu’il faillait comme bouffe et hébergement. Sa réputation était plus grande chez les autres, chez le citoyen simple qui aurait eu affaire avec le poste, ce qui avait été confirmé à chaque témoignage du bon peuple d’autrefois. Pour démontrer la baraka en sa faveur on peut citer trois événements seulement survenus durant sa carrière. La première était lors de son retour urgent d’El Ksour et tomba par hasard sur un stop qui l’amena jusqu’à la maison à Zarzis et s’est avéré en discutant dans la route un parent proche. La deuxième était quand un des ses cousins habita un hôtel à Paris en 1984 et dés que le propriétaire originaire de Médenine connu qu’il était le parent de Si Mabrouk, l’avait invité à habiter chez lui pendant un mois gratuitement. La troisième baraka était quand un infirmier de ses cousins alla pour un service administratif à Médenine et fut servi royalement en reconnaissance à Si Mabrouk. Ainsi, des dizaines de personnes passaient chez lui à Tunis ou Médenine, les émigrants préparant les dossiers ou le voyage, les malades, les visiteurs, les postulants pour un passeport, pour une carte d’identité, pour un sursis militaire, ceux qui avaient raté le bus allant l’après midi à Zarzis….s’invitaient chez lui sans façons. Une attitude de Si Mabrouk, ou Béchir pour les intimes, qu’il retrouva dans une retraite paisible au bord de la mer, à lire son journal au café du coin et avec des fils merveilleux et exemplaires. Reconnaissance et respect à Si Mabrouk Abichou, que Dieu le bénisse.
mercredi 14 décembre 2016
Ulyssus, à Zarzita. 3
mardi 13 décembre 2016
Ulyssus, à Zarzita.2
lundi 12 décembre 2016
Ulyssus, à Zarzita.1
Les taliban de Zarzis.
On était une cinquantaine de jeunes venant des familles pauvres de la région de Zarzita, voir Souihel, Hassi Djerbi, Chammakh, Gribis, Khawi Laghdir, Mouensa, Hmadi el Guebli…et même de Tataouine et Bengardane. Faisant la queue et marchant dans l’ordre vers le hammam hebdomadaire, gratuit comme toutes les activités de ces saints talibans, la Khéria, bienfaitrice, une association islamique de solidarité, avait pris en charge pendant des décennies, les étudient nécessiteux pour les héberger, les nourrir et les former, dans une sorte d’internat rudimentaire et un réfectoire improvisé. Plusieurs maisons de juifs partants ou de colons absents avaient servi paradoxalement cette noble cause. C’était cinq heures du matin et la ville dormait encore, à part les pas des savates sur la chaussée ou les grincements de la grande brouette de l’éboueur, dominaient le bruit de la mer en furie. Un marchand de baigners ouvrait sa boutique, un cafetier mettait ses chaises à même la route et la baraka de ces enfants animait la ville. Les gens aimaient voir ses jeunes porteurs du savoir et garants d’un futur de sagesse et de réussite. Tout le monde participait à les aider par des légumes et des fruits et surtout des prélèvements direct lors de la presse dans toutes les huileries ainsi que lors des grandes pêches de poisson et d’éponges. Dans le local, souvent en sous bassement, une seule lampe illuminait l’endroit et on se disputait l’eau chaude et les rares morceaux de savon sous les cris vociférants du surveillant qui profitait aussi de l’occasion pour faire un bain. En sortant, la ville s’animait déjà et des ouvriers, des charrettes et des pêcheurs allaient au travail. Il y avait encore les traces des inondations de la ville de 1969 quand les gens se déplaçaient en plein centre sur des barques flottantes sur l’huile d’olive sortie des grandes citernes sous terraines de dépôt et de conservation. Une dure expérience et les gens attendaient l’intervention de l’état pour une meilleure évacuation des eaux vers la mer. Le petit déjeuner, une miche de pain, une tasse de lait et quelques grammes de beurre dans un grand bruit de chaises et d’ustensiles. Sous la garde des surveillants, nous devions aller au collège de la corniche, des bâtiments militaires prêtés à l’éducation et récupéré plus tard pour l’armée, dans une colonne de deux rangées sur deux kilomètres de parcours au moins. Il était complètement interdit de jouer, de rire ou de faire du bruit et suivant les caprices de certains surveillants de l’interne, on recevait de gros baffles soudains et colériques sans préalables. Si Noureddine Jebnoun, directeur du collège, était une personne très cultivé et véhiculait une illumination grandiose pour le savoir et le progrès. Il était avec touts les élèves quand ils partirent manifester devant le siège de la délégation contre l’attaque médiatique à l’encontre de Bourguiba par le leader panarabe Nasser. Certains professeurs étrangers, incitaient les enfants à ramener des grenouilles et carpeaux en vue de la dissection dans les cours de science naturelle pendant que certains d’entre eux en alimentaient leurs canards en donnant des notes de bonne conduite en contrepartie. Le prof d’anglais, un palestinien, Si Salti, était très en colère contre cette attitude inhumaine de ces collègues envers les élèves, qui leur offraient aussi des pièces romaines et des produits du patrimoine pour avoir de bonnes notes. En traversant la ville, on avait la salive à la bouche en voyant le marchand de pois chiche et sa vitrine alléchante, une personne qui devint plus tard un richard. Quelques touristes commençaient à colorer le paysage et le fameux cireur de bottes Kourdaa, un noir handicapé se fit enlevé et se maria avec une étrangère. Un vieux monsieur, Si Rhouma Belhiba, un nom porté par plusieurs au cours de l’histoire contemporaine, impressionnait les enfants par sa culture et sa belle écriture malgré sa constante légère ébriété. Plusieurs personnes partaient à l’étranger laissant leurs outils de travail et leurs bêtes pour un monde meilleur, dans une sorte d’émigration écologique canalisée utilisant le tremplin de la première génération des Zarzissiens à Tunis. Le soir avant le diner et la séance de révisions, Si Mohamed Khdhir, directeur de l’internat, réunissait chaque jour les jeunes pour un long speech sur le patriotisme et l’esprit de volontariat, car son expérience de scout et de militant politique avait beaucoup aidé cette génération à y voir clair et confirmer son appartenance ouverte. Des discours, qui avec ceux de Mohamed Jnifen l’année d’après, étaient très bénéfiques et clairvoyants avec un léger nationalisme arabe légitime. Un système d’éducation qui avait meublé agréablement l’administration régionale du pays, quand des instits, des infirmiers, des cadres…avaient travaillé à Djerba, Tataouine, Médenine et même dans les villages éloignés montagneux ou désertiques. Une génération avant-gardiste dans l’obéissance et l’application dans le travail, sans se laisser faire ni trahir leur humanité et leur bravoure courageuse. Ce soir là, il fallait réviser à fond les mathématiques et apprendre par cœur certains poèmes de Bachar…car l’angoisse des examens arrive et l’épée de Damoclès de la réussite à tout prix planait sur nos têtes nues. Il n y avait pas de solution à part l’éducation, pour de bon, le bled est pauvre et la pluie est rare.
Lihidheb Mohsen 12.12.16
dimanche 11 décembre 2016
Ulyssus, à Zarzita.
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