Salem ben Belgacem Ghribi, connu "Chebiba" à Souihel, puis à Ouled Said route de Djerba. Un brave citoyen, patriote et trés humble au point de se voir mis à l'écart de la société galoppante et les chevaliers de l'opportunisme. En effet, depuis son jeune âge, il avait eu des incidents à l'école primaire de Béni Ftaiel, quand il aurait subtilisé le cartable d'un instit colonial, qui l'avait humilié et ignoré. Ce n'était que grâce à Dhaou El Bacha, "mon père", qu'il cite encore avec vénération comme vrai nationaliste, qui avait fait en sorte qu'il s'en sorte par un concours de témoignages et d'étouffement de l'affaire. C'est ce qu'il me racontait avec énergie chaque fois que je le voyais au marché de poisson de Zarzis, où il était un détaillant aux pris populaires. Ainsi, il était acculé à faire un metier trés subalterne malgré sa participation totale et effective pour la liberté du pays. Il était parmi les centaines qui avaient particpé à la gueguerre de Bizerte et parmi les rares qui en sont revenus indemnes. Indemnes est trop dire, car, j'ai pu constaté partout dans le sud, Zarzis, Tataouine et ailleurs, chaque fois que je rencontre l'un de ces rescapés du massacre, il était psychiquement mal à l'aise et inconfortable dans son esprit. Au moins Si Salem ne manifestait sa blessure mentale que par une bonté constante et un enthousiasme durable. J'étais heureux de le rencontrer aujourd'hui au marché de Dhouiher, en train de s'approvisionner en légumes pour Ramadan et surtout le fait qu'il est le dernier en vie de ces braves volontaires pour la liberté. Malgré le fait qu'ils avaient été manipulé à plusieurs niveau et de plusieurs façons, ils restent les vrais militants de notre histoire contemporaine. C'était pour son militantisme destourien, qu'on l'avait surnommé "Chebiba". Chapeau bas à Si Salem, je compte le visiter à la maison pour le reconforter et invite mes concitoyens à faire autant et rendre justice aux oubliés de l'histoire.

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