mardi 1 mars 2016

Djerba, mosaïques.

Oui Djerba mosaïques, mais elle reste une Île mosaïque, au singulier, tant la diversité, ethnique, culturelle, conceptuelle et historique, sont encore disponibles à vu d'œil, à la surface de notre curiosité et sur le plateau offert par les civilisations antérieures et la sagesse humaine. Avec des restes préhistoriques insignifiants, les périodes Puniques, Romaines et Islamiques, avaient laissé de belles empreintes et de beaux tremplins pour un monde meilleur. Autour des grands sites historiques, comme Meninx, Aghir, Bourgou, Ghizen, Guellala... il y a encore les restes des villas bourgeoises et militaires, construites sur des monticules à une proximité relative de la mer et dont les différentes sortes de mosaïques, les morceaux de murailles peintes dans toutes les couleurs organiques et ferrugineuses d'autrefois, les restes des murs travaillés et à l'architecture artistique...témoignent de ces périodes importantes. Avec une numismatique assez faible en surface allant en dégradant de Meninx, Ghizen, Guellala..., l'art de la mosaïque, à prédominance blanche, y est aussi retraçable dans toutes ses étapes, voir, grossier, moyen, avec de la pate de verre pour arriver au stade de la perfection. Encore une fois, Boughmiga, en tourbillon de constat et de préservation, avant les labourages, l'asphaltage et les constructions,témoigne de la valeur historique de cette Île, qui reste un musée ouvert et accueillant pour tous. Lihidheb Mohsen éco artiste 25.01.2016

samedi 23 janvier 2016

El Gastill, l'isoloir.

Comme les autres fois, il a fallut accéder au long isthme d’El Gastil, à partir du port et du complexe touristique. Un port, qui parait il, était mal conçu et très mal étudié au point que ce sont les remblais et les algues folles qui l’investissent et le rendent peu navigable aux embarcations des marins. Des marins, qui avec le temps, avaient trouvé plus facile de travailler dans le tourisme et vivoter dans un secteur plus convivial et rémunérateur, dans une sorte de déformation comportementale comme tant d’autres. D’un autre coté, les constructions d’hôtels, avaient pris de grands espaces dans cet oasis marine, poussant plusieurs spéculateurs à s’approprier des terrains juste dans la lagune et au bord de la mer. Bien sur, cette hégémonie foncière, avait désorienté le passage de Boughmiga et il avait fallu revenir à plusieurs reprises à la route principale pour trouver comment longer la plage de l’isthme. A un moment, il s’arrêta, pour voir l’immense action humaine, dans la déformation écologique et naturelle de l’endroit tout en le livrant à la spéculation de plus en plus croissante sur l’Île de Djerba. Après plusieurs tentatives, de contournement des barrages de sables, des clôtures, des eaux accumulées par les déformations des terres, Boughmiga retrouva la longue route allant vers le grand fort aquatique. Il conduisait avec le soleil en face en plein dans les yeux, mais il descendait de temps à autre, pour évaluer les possibilités de la voiture à passer certains endroits mouillés, mais à quelques kilomètres, il se trouva en face d’un barrage naturel d’une langue d’eau de mer coupant la route et arrêta net sa bagnole. Tout en contournant à pieds l’obstacle, pataugeant dans l’extrémité marécageuse, il fit encore un très grand rectangle de marche, qui sans parvenir au dit fort, traversa les trois petites collines de l’endroit, avant de revenir à la voiture. Il n y avait rien sur la plage et la forteresse, était encore plus loin, juste au bout de cette bras de mer, et aurait servi aux Romains et plus tard aux Turcs, pour guetter la navigation de l’ennemie sur les courants de la mer autours de l’Île et la possibilité de placer aussi de l’artillerie dissuasive, de bonne porté comme les catapultes et les canons. Plusieurs mythes populaires ont été construits sur ces constructions, mais l’imaginaire n’a pas de limites. Pendant l’apogée du tourisme, plusieurs groupes d’étrangers venaient le voir par terre et mer, sur des quads, des jets skis et autres, mais cette fois, l’endroit est totalement désert au point que la route a été coupé sans la moindre intervention humaine pour sa réparation. Une solitude, qui avait donné un frisson à Boughmiga, seul, sortant juste d’un accident vasculaire cérébral, qui malgré ses démarches sauvages, se munit d’un os de palme pour se rassurer des animaux errants, car il a eu déjà de pénibles expériences avec les chiens sauvages. Effectivement, les monticules de terre, étaient contournés par les traces zigzagantes de quads touristiques et Boughmiga, resta longtemps à observer les restes d’anciennes installations humaines, confirmés par le cumul de poterie diverses, de brulis profonds, ce que les dizaines de trous de renards, en avaient excavé les traces. Il ne trouva rien d’important, à part une petite poterie oblongue en forme de cône qu’il avait remarqué lors de sa première visite de cette zone. La poterie était assez importante et les cendres aussi, mais la déformation humaine motorisée avaient laissé aussi des traces monstrueuses. Au milieu de l’une des collines, il y avait une sorte de petit puits incertain et l’accès à une construction sous terrain probablement punique. Il n y avait pas le moindre bout de silex de l’homme primitif, qui aurait été dupe et irresponsable de se laisser prendre dans cet entonnoir géographique et dangereux. Dans les périodes Puniques et Romaines, l’homme, avec son savoir faire relatif, se serait hasardé dans ces endroits de sécurité défensive. Avec le poisson, les coquillages, les oiseaux, le gibier, l’oasis, la végétation et certainement l’eau à Aghir, l’endroit était certainement hospitalier, à ces gens déterminés à dompter la nature et les difficultés. Soudain, dans ce no mens land, ciel et mer, encore avec un sentiment de vulnérabilité logique, Boughmiga fut effrayé par la sonnerie de son téléphone, et dans une heure, il devrait être au centre de Zarzis. C’était onze heures du matin et se hâta, alors, vers la voiture, contournant les marécages une autre fois, pour rouler à travers le lac salé glissant jusqu’à la route asphalté. Pour une fois, il roula vite, très vite, doublant tout le monde, peut être pour fuir les risques de sa solitude, mais malgré le fait qu’il fut au bled à midi moins dix, il était déçu de n’avoir pas été arrêté par la police de la circulation pour excès de vitesse. Au moins ça aurait été juste cette fois, pendant que ça lui était arrivé automatiquement des dizaines de fois sous la dictature, sans raison, ni la moindre vitesse. Comme même, un respect à ce qui reste de beau et de naturel sur l’Île Djerba, du tapage touristique mercantile et peu humain…et une grande admiration à nos valeureux ancêtres conquérants de la terre, de la mer et de l’esprit… Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 23.01.2016

jeudi 7 janvier 2016

Sur les traces de Boughmiga.

Sur un sentier battu, cette fois encore le parcours passa par le souk de Hassi Amor. A part les légumes fraiches et les poules du terroir, cette fois, le marchand de matériel utilitaire ancien était absent, peut être à la cueillette des olives, ainsi que l’absence depuis quelques semaines de la vieille femme aux habits traditionnels faisant la sainte à distribuer la sagesse et la baraka aux gens qu’elle connaisse. Cette fois, Boughmiga provoqua un incident, quand sa voiture garée dans la place du centre, il la trouva entouré de vendeurs de grains de toutes les cotés, sans pouvoir sortir malgré sa demande expresse. Assagi par un sentiment naturel de claustrophobie, il bouscula une des brouettes des paysans vendeurs, ce qui mit son propriétaire en colère et réveilla une riposte collective tribale automatique. Ne pouvant parler de phobie à cet auditoire malveillant et peut être légitime, il entreprit d’expliquer calmement qu’il devrait trouver une solution et la brouette bousculée était le symbole de l’entrave à la libération… Bon gré mal gré, encore murmurant, la foule fraya un passage à Boughmiga avec sa voiture pour sortir du souk, tout jurant de ne plus tomber dans ce piège et ne plus provoquer la maudite bête, sournoise et omniprésente de la solidarité tribale inconditionnelle. Il avait en mémoire la fameuse riposte de ces gens, face à l’accident regrettable d’une petite fille tué par un camionneur Libyen. Bien sur, tout le monde était mécontent du drame, mais la mesure et la proportionnalité des réactions, sont aussi une sagesse. A part, le souk, le marché des moutons, le marché aux poules, il y avait aussi un vieux forgeron noir qui refusa de se laisser photographier surtout pour remarquer le grand trou au milieu de son local dans lequel il descendait pour travailler à l’enclume et utiliser le niveau de la terre en guise de table adéquate et de toutes les cotés. Plusieurs fois, son local était fermé et vue son âge avancé, c’était évident et naturel. Il parait qu’il y a un bon nombre de concitoyens noirs, occupés comme tout le monde à l’agriculture et l’élevage. Bien sur on ne pouvait demander à une société traditionnelle à l’esprit encore féodalisant, une égalité totale surtout quand l’endroit est sur la trajectoire de Sidi Makhlouf, endroit réputé pour la scission « naturelle » ou disant « habituelle » ou encore « convenue » entre les races. En rentrant vers Zarzis, au lieu d’aller à droite aux environs de Souitir et les berges d’oued Bouhamed, que j’avais prospecter sur une bonne longueur, je suis allé à gauche dans la direction de Boughrara et passant à coté des sites de Maydher, Chichma,…et avant d’arriver au virage allant vers le site romain de Gataayet Echih, j’ai longé le grand oued qui traverse Médenine et descend vers la mer. Un endroit que j’ai fait en partie auparavant, mais les oliviers cultivés sur les berges m’intéressaient et me permettaient toujours de trouver dans les sillons et entre les arbres les traces déterrés par les charrues et le travail des hommes. En effet, j’avais confirmé mon opinion sur l’endroit qui était occupé par le paléolithique moyen avec une prédominance de chopper et de bifaces sommairement travaillés. Ce constat de la période, avait aussi permis de démontrer la rareté du silex travaillé et les quelques foyers de pierres brulées. Il n’y avait ni meules ni broyons et la terre gypseuses d’autrefois, ne permettait pas l’agriculture et l’occupation s’était faite avant la découverte et la maitrise de l’ensemencement. Certainement, la chasse et la cueillette prédominait pendant cette période et les quelques coquillages démontraient leur consommation pendant cette période et la proximité de la mer. Témoin oculaire de la crue de 1969 et les dommages sur les ponts et les rues de Médenine, quand la seule sirène du lycée réveilla toute la ville à minuit pour se prémunir et se protéger, j’ai pu confirmer encore une fois, la dimension de cet oued, en trouvant comme l’autre fois, à quelques dizaines de mètres de la rive opposé, les capsules de pénicilline charriées per les eaux. Cette crue monumentale, était peut être du aussi, à l’obstacle des grandes dunes des déblais de l’oued à l’embouchure, limitant l’accès à la mer et laissant le reste à l’évaporation et le filtrage. Avec un sentiment de déjà vu, j’étais là, en quelque sorte, la nuit pendant le déluge, dans la crue, dans l’oued, dans l’hôpital, dans les capsules salvatrices et dans le mouvement du temps depuis quarante ans. Pour la morale de l’histoire, la lucidité, l’implication totale dans l’humain et son parcours, m’avaient permis de constater un silex blanc, plutôt rond, taillé grossièrement sur les cotés, de sept centimètres environ, sur un léger relief et visible, dans plusieurs endroits allant de Oued el Akarit, passant de Zaratt, à Grine, à cet oued, à Saaf, à Sebkhet el Maleh, jusqu’à Charb errajel et enfin Choucha, comme pour dire à Boughmiga, « follow me »….suis moi, mais dans quel sens !!! Heureusement, on a l’habitude culturelle et cultuelle d’aller vers le sud, la « Kibla » et que mes ancêtres me pardonnent si je me trempe…de parcours. Lihidheb Mohsen éco artiste. Zarzis 07.01.2016

vendredi 6 novembre 2015

Tataouine, reconquista.

Cette fois, juste en sortant de l’oasis ou ce qu’il en était encore dans le village de Rogba vers la ville de Tataouine, j’ai subitement viré à droite, sans la moindre pensée ou décision au préalable. Heureusement la route était goudronné et j’ai longé les habitations jusqu’à la mosquée du Saint des Jlidat, Sidi Boujlida en face du village montagnard et du ksar de Béni Barka. J’ai continué cahin cahan aux abords d’un grand oued pris entre deux chaines de grandes collines. Les habitations se raréfiaient et malgré la chaleur quelques hommes s’allongeaient sur les talus de sable à coté de la route. J’allais leur demander ce qu’ils faisaient dans ces endroits arides qui devenaient invivables pendant les grands sirocco de chaque été, mais, je n’avais pas voulu les offensés par les remarques gratuites d’un curieux venant des oasis maritimes et de la fraicheur. C’était la fameuse région de Maztouria et son rôle dans les péripéties de l’histoire de la région, un parcours qui revient des profondeurs de la mémoire, que Boughmiga avait fait à pieds avec d’autres jeunes, attrapant à droite et à gauche du Goundi, sur les cimes des montagnes. Bien sur, chaque fois que le long vallon, souvent irrigués par des puis de surface, permettait la culture et quelques palmiers, les gens s’agglutinaient autour des dizaines de mosquées du trajet. Ne sachant où aller, de hameaux en ghetto tribal, en village rural, rencontrant quelques hommes et parfois des filles manipulant le portable bluffant comme partout pour contourner leur solitude et leur éventuelle vulnérabilité, je suis parvenu à une bifurcation et une enseigne indiquant une ascension au Ksar Ould Soltane. K.O.S. pour ne pas la confondre avec celle Zarzis de Ksar Ouled Said, était une abréviation postale que Boughmiga utilisait pendant son travail dans la capitale du sud saharien. Tout en haut, sur la place, entre un petit café et une mosquée et un minaret montant encore plus vers le ciel malgré la hauteur, Boughmiga, n’avait pas vu le fameux ksar et dut se renseigner auprès des jeunes désœuvrés. Dans cette altitude, il faisait assez frais et seul, il entreprit une visite minutieuse, avec son appareil photo à la main, aux aguets de la moindre prise panoramique comme un touriste nippon, prenant l’édifice par touts les angles et les positions. Il avait l’impression d’avoir déjà visité l’endroit dans un voyage associatif organisé, et constata combien la différence était énorme, quand on remarque par soit même l’œuvre de nos ancêtres, déterminés à survivre et dominer la région. Le ksar était coincé au bout d’une montagne, avec un seul accès donnant sur une cour entourée de hautes Ghorfas et une grande porte ouvrait sur une autre place entourée de plusieurs étages. Quelques petits palmiers, redonnaient à l’endroit, la verdure de la quiétude et de la satisfaction. La construction était très belle et malgré sa restauration, elle reste authentique et devrait avoir été très utile aux tribus pour l’entrepôt de leurs produits agricoles et même pour l’auto défense pendant les attaques et les razzias. Boughmiga était effectivement impressionné par l’architecture, l’exploitation des espaces, les étages superposés et hautins, consolidés ça et là par des poutres de troncs de palmiers et des branches solides d’oliviers, avec une similitude nette avec les Ksars de montagne de Nalout en Lybie que Boughmiga avait bien visitée. Heureusement, cette visite fut faite en temps de paix, pendant qu’il n y avait plus de guéguerre, ni de razzias inter tribales, ni susceptibilité locale, ni même les hordes de touristes de masse. Pourtant quelques jeunes m’avaient protesté le manque de visiteurs et depuis la récession du tourisme, ils n’avaient eu que la visite d’un groupe de chinois il y a une semaine. Boughmiga leur avait dit que désormais il faudrait faire avec cette nouvelle situation et les touristes d’où qu’ils viennent restent toujours des amis, tout en insistant sur la vulgarisation de cet endroit magnifique aux établissements scolaires nationaux, les associations sociales et la société civile. Il avait aussi notifié ses remarques au gérant du seul café et le président de l’association locale du patrimoine, rencontré plus loin, ainsi que la nécessité de faire une campagne de propreté pour les quelques déchets remarqués dans les Ghorfas du ksar. D’ailleurs, nos ancêtres l’avaient construit pour la maitrise et la gestion de la consommation, la sécurité et non pour le consumérisme galopant en vigueur. En faisant le chemin du retour, je n’ai pu accéder au village montagnard, de Béni Barka, niché dans la haute colline comme un nid d’aigle, mais pu passer par la mosquée de Sidi Boujlida. Dommage, ce lieu saint d’une très grande tribu de la Djeffara, n’est plus le même, entaché par de nouvelles constructions, de bétonnage et d’esthétisme moderne et insignifiant. Par respect et n’étant pas sur de la condition d’hygiène nécessaire à l’accès dans un lieu saint, j’ai visité le cimetière de derrière tout en lisant au préalable des sourates de paix, de salutation et de compassions aux défunts. Avec de rares constructions des tombeaux, quelques noms similaires revenaient à des familles connus de cette ethnie généralement pieuse et nullement guerrière. La moyenne des notifications portait des âges allant de 1910 à 1980 avec des noms familiers et redondants. Entretemps, Boughmiga trouva ça et là des pièces blanches de jeu de domino qu’il ramassa suspectant un acte d’une éventuelle sorcellerie ou une probable prémonition, mais adviendra que pourra, il assuma qu’il y a de tout dans le monde. Deux enfants étaient venus l’accoster sur le lieu saint et avec ses conseils de souhaits de bonne scolarité leur donna une pièce de monnaie trouvée sur une tombe et leur en donna d’autres pendant que leur mère les interpellait du dessus du mur mitoyen. Une belle visite de respect à l’endroit, rappelant celle que Boughmiga avait faite il y a quarante ans, quand il jouait à tambouriné sur le Bendir dans le rituel de danse rituelle et thérapeutique, participant au groupe animant la musique mystique ritualiste et hebdomadaire. Les fidèles de ce Saint, croient toujours qu’il avait détourné les canons des mécréants pendant la colonisation et sa baraka reste toujours une protection et un totem d’invulnérabilité. Arrivant dans la ville de Tataouine, Boughmiga était surpris de voir le bâtiment de la poste, toujours en reconstruction depuis trente années, quand on avait démoli sans raison le complexe postal centenaire. Cet endroit, où il était arrivé il y a de décennies, venant du littoral de Zarzis, ayant les cheveux comme celles d’un hérisson en colère, les idées libérales et contestataires et la démarche toujours prête à en découdre. Un greffage comportemental et un forcing social, réussie grâce à la constance et la tête dure de l’un et la sagesse et la tolérance des autres. Cette sagesse, qui l’avait aussi sauvé des « dirty tricks » de la dictature et la complaisance des politicards, quand de bonnes personnes intervenaient en sa faveur. Toutefois, Boughmiga passa par là, garda sa différence pendant cinq ans à l’endroit et voilà, il revenait rendre hommage au Watan et s’arrêter devant les familiers d’autre fois. Comme dans toutes les villes du sud, les voitures étaient plus nombreuses que les gens et le déplacement n’était pas facile. Plusieurs restaurants, où j’avais mangé avec les jeunes braves Tataouiniens, ont été transformés en café modernes ou des grands surfaces d’électroménagers. Seul, un restaurateur et hôtelier, s’était rappelé de son ancienne condition malgré le fait qu’il avait opté pour un café moderne, insista pour m’offrir à boire, mais Boughmiga n’avait pas le temps. C’était le vendeur de casse croûte, dans une boutique directement sur la rue partant de la poste, qui était toujours en place depuis quarante ans. Fameux pour le piment vert grillé qu’il ajoutait au pain, il faisait toujours la même chose, sans confirmer ni demander qu’il était encore la même personne. Une collation de la pause de dix heures du matin, que je venais prendre chaque jour du travail à la poste et j’accompagnais par une corne de gazelle chaque jeudi, pour soi disant, maîtriser le taux de diabète. Une attitude pour limiter le taux de sucre dans le sang, qui avait réussie jusqu’à l’âge de soixante ans. J’étais un peu surpris de voir l’ancien marché aux légumes et fruits transformé en souk artisanal, un endroit désert, surtout avec l’absence de touristes. Une jeune fille tenant l’une des boutiques, était étonnée de rencontrer un Akkari de Zarzis, une région qu’elle ne connaissait pas et crois que ses habitants sont des gens difficiles. Lors de la discussion, il s’était avéré que le préjugé était du à la renommé d’une certaine famille de « faiseurs de miracles » surtout dans les affaires matrimoniales, ce qui était absolument faux et Boughmiga lui démontra le vraie courage et bravoure d’un Akkari. Les formules d’ensorcellement, de suggestion, de hallucination, de postions…ne prenait qu’auprès des gens qui étaient disposés à ces effets. Elle n’avait pas bien compris l’insinuation et l’allusion, heureusement. Sortant juste d’un accident vasculaire cérébral, Boughmiga devait revisiter les endroits de sa jeunesse, payer un respect légitime aux gens et rendre hommage à cette ville mystique. Il visita une famille qu’il avait bien fréquenté pendant ses débuts et le maître de la maison le reconnu difficilement tant le temps et la transformation furent leur effet. Bien sur, on ne pouvait rentrer de cette ville, sans acheter sa fameuse pâtisserie, les cornes de gazelles, reconnue dans le monde entier, pour sa pâte d’amende et son miel ruisselant. Et Boughmiga, casqua une bonne partie de sa retraite, pour satisfaire ses parents, ses beau parents, sa fille, la femme de son fils….et distribuer ainsi, la sagesse et la baraqua de cette ville Watan, « La patrie ». Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 25.10.2015

mercredi 30 septembre 2015

Sur le porte avion culturel. Djerba.

Cette fois, profitant du jour de marché du mardi à Cedouikech, pour acheté du poisson frais, péché dans des régions relativement protégée par le manque des courants véhiculant les contestables dépouilles humaines de l'émigration clandestine...qui malgré la solidarité humaine, avaient provoqué une réserve et une prémonition gastronomique des produits de la mer au sud de la Sicile et la région de Zarzis, j'ai donc fait le coté sud de l'île à la trace de mes ancêtres primitifs, dont leur passage reste rare malgré les quelques silex trouvés par Boughmiga. Tôt le matin, pour faire ma randonnée et faire mes achats juste au début du marché et éviter la chaleur torride, j'ai prospecté l'une des villas romaines entourant les site de Meninx, là où on pouvait constaté les restes de constructions, du carrelage en mozaique en blanc et peu colorée,des restes de murs en vert, rouge, jaune, marron, bleu...souvent sur de petits monticule en relief. Prenant le coté le nord ouest, j'ai revu un endroit que j'avais fait autrefois sommairement et plusieurs m'avaient confirmé l'existence de constructions sous terrains imposantes. Toutefois, il n y avait pas grand chose et l'endroit, vu son légère surélévation, aurait été occupé par les premiers romains, sur les traces des phéniciens et des rares primitifs anxieux de la claustration et le piège naturel dans un endroit sans eaux. Il n y avait pas grand chose, surtout que je me limitais toujours à prospecter la surface sans atteinte aux ruines et ne pus constaté que quelques morceaux de verre ancienne, de la poterie peinte en vert naturel et très ancien ainsi que plusieurs morceaux de pierres travaillées et quelques pylônes en marbre qui auraient servis dans les vérandas des officiers et grands commerçants de vin, d'huile d'olive de teinture et de garum. Passant prés d'une belle mosquée sans minaret, très ancienne, avec un petit jardin de palmiers, une citerne d'eau de pluie, plusieurs chambrettes pour l'ablution et l'école coranique, quelques signes de l'influence hébraïque, avec des aménagements aux alentours ouest...j'ai rejoint la route principale à travers un village naissant. Dans le village, pour un souk suivant le fête du sacrifice, il n y avait grand monde, le marchant de livres usagés que j'ai trouvé une fois n y était pas et seuls les marchands de dattes "Lemsa" le proposaient à bon prix. En tant que diabétique dans ses débuts, je devais faire attention, mais ne pus résister au "Rtob" dattes mures, qui donnèrent l'occasion à touts mes parents de contester mon appétit suicidaire. Devant l'affluence des riches Djerbiens, j'ai pu acheter quelques gros poissons...qui firent la joie de toute la famille...saturée de viande. Sans faire la guerre, ni chevaucher les grandes idées, les héritiers des anciens, sont paisibles, aimables, travailleurs et équilibres et même les mosquées qui servaient aussi comme points de mobilisation et de défense commune, sont revenues à leur vocation naturelle et cultuelle de piété et de sagesse. Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 29.09.2015

jeudi 27 août 2015

La Baraka de la mer.

C’est ancien, quelques part au sud de Zarzis, aux portes des lacs salés, dans nulle part, juste pendant l’installation des colons, lors de la division définitive des parts entre riches et pauvres, quand le bon peuple eu droit au néant et ne put survivre qu’à force de ses mains. Tout le monde connaissait tout le monde et comme maintenant, l’origine de la richesse était visible et le parcours de ce pompage possible. Certains étaient amis amis avec le protecteur… d’autres avec les colons, quelques uns faisaient les gardiens, des familles ont été scolarisées à desseins, des personnes furent des têtes de pont pour repêcher d’autres vers de meilleurs avenirs, des scribes et notables s’approprièrent des terrains avec l’aval des éternels théologiens… et seul le paysan, le manœuvre, l’ouvrier, le marin, le travailleur agricole…furent enclin à subir la pauvreté et les caprices du destin. C’était ma mère qui m’en parla, quand je lui racontais mes randonnées sauvages vers le sud et se rappela comment sa propre mère lui raconta la baraka de la mer avec un vieux qui était acculé à vivre en marge de la ville et des citadins et faire des petits travaux ça et là pour survivre. Il avait quand même une petite maison et une citerne d’eau de pluie, sans quoi il ne pouvait vivre dans cette région « Meninx » sans eau. Bien sur, la vie était dure, en plus de l’injustice des chances et des partages, la nature ne favorisait pas les pauvres et certaines années, sans pluie, étaient invivables au point de devoir vendre ses biens et ses propriétés, s’il y en avait, contre une bouchée de pain. Naturellement, quelques uns étaient toujours en bonne position pour sauter sur ce moment opportun et profiter de ce troc fructueux. En plus de l’entité ethnique spécifique à ce genre d’usufruit, il y avait aussi des féodaux locaux prédisposés à cueillir les gains de la disette et la famine. Notre homme, vieux et pauvre, avec quelques moutons souffrants et en marge de la solidarité tribale, relativement réconfortante, restait souvent sans nourriture et la farine d’orge « Zoumita » lui faisait défaut surtout quand elle nécessité un peu d’huile d’olive, produit rare et monopolisé de fait par les riches propriétaires. Dans ces conditions, rabattus naturellement vers la plage, il savait déjà que la baraka de la mer ne trahit jamais l’être vivant et il y aura toujours un don de l’autre, de la providence ou du divin. Alors, chaque fois qu’il y allait, il ne revenait jamais bredouille et trouvait des fonds de bouteilles encore avec un peu de beurre, un peu de miel, de confiture, de l’huile d’olive, des dattes de mer, des tortus piégés, des pêcheurs généreux… ce qui lui permettait de surmonter des moments difficiles. Ça ne résolvait sa situation qu’en partie, mais lui permettait de vivoter et avoir foi en l’au-delà. Dans le même ordre d’idées, Boughmiga avait aussi à la fin du dernier siècle, concurrencé des loups pour les devancer et récolter les quelques poulpes rejetés par la dernière tempête, dans une course de survie et de d’existence. Cette fois, aujourd’hui même, ce ne sont plus les mêmes concurrents, car ce sont les oiseaux, qui me devançaient et picoraient les tomates, oignons, pommes… rejetés par les marins que je trouvais ça et là sur la plage. Tant mieux, ils avaient peut être plus besoin de cette pitance…mais une bonne salade de la providence, est désormais recommandée pour rafraichir les têtes des humains et les remémorer de leur devoir de coexister et composer. Un peu de Baraka chez les hommes, serait un idéal. Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 27.08.2015

mercredi 26 août 2015

Le poisson et les ânes.

Il était très gros, le poisson, une montagne de graisse et de viande, s’enlisa sur la plage, encore soufflante, fumante, frétillante, … une bonne pitance collective dans ses années de disette. Selon le mythe, de braves pêcheurs avaient accosté sur le dos d’un poisson monstre le prenant pour une Île salvatrice…et quand ils commencèrent à faire du feu pour le thé rituel…l’animal avait bougé, laissant les hommes pataugeant dans l’eau… Bien sur, c’était une offrande du ciel cette fois et les Spahi ordonnèrent aux paysans une mobilisation générale pour trainer cette masse de chair jusqu’à la terre. Pour cet effet, des chameaux et des ânes furent attelés et attachés au grand poisson pour le trainer avec l’aide Inchallah de la marée montante. L’endroit grouillait de monde et tout les gens s’affairaient à filer des cordes, apporter les bêtes, organiser l’action et attendre la montée de l’eau. Sur leurs chevaux fumants, écumants de salives, les soldats du Bordj, incitaient à la force commune, le bon usage des cordes et la force de traction. Quelques femmes désœuvrées, principalement de vieilles pleureuses et jaseuses ou de petites filles, vinrent voir cette cohue et prendre part éventuellement au partage de graisse. L’aveugle du village et le Meddeb, participaient aussi à l’enthousiasme général pour avoir aussi un droit à la pitance. Entretemps, la mer montait, montait et le cordes se tendaient de plus en plus, attachés sur les corps des animaux, qui trainaient, trainaient, le poisson somnolant dans son corps géant, comme si rien ne se passait depuis longtemps. Les vagues commencèrent à se suivre venant du large pour assister les humains meurtris de faim et déterminés à dompter la nature. Soudain, le poisson remua, éternua, se réveilla parait il, un frisson, deux frissons, un geyser d’eau et d’air, sous les regards surpris et hagards et d’un coup de queue…il forma un petit tsunami, une vague qui mouilla les paysans et les bêtes partirent, attachées au poisson vers les profondeurs de la mer bleu… Vive la liberté. Lihidheb Mohsen éco artiste Zarzis 26.08.2015