vendredi 6 novembre 2015
Tataouine, reconquista.
mercredi 30 septembre 2015
Sur le porte avion culturel. Djerba.
Cette fois, profitant du jour de marché du mardi à Cedouikech, pour acheté du poisson frais, péché dans des régions relativement protégée par le manque des courants véhiculant les contestables dépouilles humaines de l'émigration clandestine...qui malgré la solidarité humaine, avaient provoqué une réserve et une prémonition gastronomique des produits de la mer au sud de la Sicile et la région de Zarzis, j'ai donc fait le coté sud de l'île à la trace de mes ancêtres primitifs, dont leur passage reste rare malgré les quelques silex trouvés par Boughmiga. Tôt le matin, pour faire ma randonnée et faire mes achats juste au début du marché et éviter la chaleur torride, j'ai prospecté l'une des villas romaines entourant les site de Meninx, là où on pouvait constaté les restes de constructions, du carrelage en mozaique en blanc et peu colorée,des restes de murs en vert, rouge, jaune, marron, bleu...souvent sur de petits monticule en relief. Prenant le coté le nord ouest, j'ai revu un endroit que j'avais fait autrefois sommairement et plusieurs m'avaient confirmé l'existence de constructions sous terrains imposantes. Toutefois, il n y avait pas grand chose et l'endroit, vu son légère surélévation, aurait été occupé par les premiers romains, sur les traces des phéniciens et des rares primitifs anxieux de la claustration et le piège naturel dans un endroit sans eaux. Il n y avait pas grand chose, surtout que je me limitais toujours à prospecter la surface sans atteinte aux ruines et ne pus constaté que quelques morceaux de verre ancienne, de la poterie peinte en vert naturel et très ancien ainsi que plusieurs morceaux de pierres travaillées et quelques pylônes en marbre qui auraient servis dans les vérandas des officiers et grands commerçants de vin, d'huile d'olive de teinture et de garum.
Passant prés d'une belle mosquée sans minaret, très ancienne, avec un petit jardin de palmiers, une citerne d'eau de pluie, plusieurs chambrettes pour l'ablution et l'école coranique, quelques signes de l'influence hébraïque, avec des aménagements aux alentours ouest...j'ai rejoint la route principale à travers un village naissant.
Dans le village, pour un souk suivant le fête du sacrifice, il n y avait grand monde, le marchant de livres usagés que j'ai trouvé une fois n y était pas et seuls les marchands de dattes "Lemsa" le proposaient à bon prix. En tant que diabétique dans ses débuts, je devais faire attention, mais ne pus résister au "Rtob" dattes mures, qui donnèrent l'occasion à touts mes parents de contester mon appétit suicidaire. Devant l'affluence des riches Djerbiens, j'ai pu acheter quelques gros poissons...qui firent la joie de toute la famille...saturée de viande.
Sans faire la guerre, ni chevaucher les grandes idées, les héritiers des anciens, sont paisibles, aimables, travailleurs et équilibres et même les mosquées qui servaient aussi comme points de mobilisation et de défense commune, sont revenues à leur vocation naturelle et cultuelle de piété et de sagesse.
Lihidheb Mohsen éco artiste




Zarzis 29.09.2015
jeudi 27 août 2015
La Baraka de la mer.
C’est ancien, quelques part au sud de Zarzis, aux portes des lacs salés, dans nulle part, juste pendant l’installation des colons, lors de la division définitive des parts entre riches et pauvres, quand le bon peuple eu droit au néant et ne put survivre qu’à force de ses mains. Tout le monde connaissait tout le monde et comme maintenant, l’origine de la richesse était visible et le parcours de ce pompage possible. Certains étaient amis amis avec le protecteur… d’autres avec les colons, quelques uns faisaient les gardiens, des familles ont été scolarisées à desseins, des personnes furent des têtes de pont pour repêcher d’autres vers de meilleurs avenirs, des scribes et notables s’approprièrent des terrains avec l’aval des éternels théologiens… et seul le paysan, le manœuvre, l’ouvrier, le marin, le travailleur agricole…furent enclin à subir la pauvreté et les caprices du destin.
C’était ma mère qui m’en parla, quand je lui racontais mes randonnées sauvages vers le sud et se rappela comment sa propre mère lui raconta la baraka de la mer avec un vieux qui était acculé à vivre en marge de la ville et des citadins et faire des petits travaux ça et là pour survivre. Il avait quand même une petite maison et une citerne d’eau de pluie, sans quoi il ne pouvait vivre dans cette région « Meninx » sans eau. Bien sur, la vie était dure, en plus de l’injustice des chances et des partages, la nature ne favorisait pas les pauvres et certaines années, sans pluie, étaient invivables au point de devoir vendre ses biens et ses propriétés, s’il y en avait, contre une bouchée de pain. Naturellement, quelques uns étaient toujours en bonne position pour sauter sur ce moment opportun et profiter de ce troc fructueux. En plus de l’entité ethnique spécifique à ce genre d’usufruit, il y avait aussi des féodaux locaux prédisposés à cueillir les gains de la disette et la famine.
Notre homme, vieux et pauvre, avec quelques moutons souffrants et en marge de la solidarité tribale, relativement réconfortante, restait souvent sans nourriture et la farine d’orge « Zoumita » lui faisait défaut surtout quand elle nécessité un peu d’huile d’olive, produit rare et monopolisé de fait par les riches propriétaires. Dans ces conditions, rabattus naturellement vers la plage, il savait déjà que la baraka de la mer ne trahit jamais l’être vivant et il y aura toujours un don de l’autre, de la providence ou du divin. Alors, chaque fois qu’il y allait, il ne revenait jamais bredouille et trouvait des fonds de bouteilles encore avec un peu de beurre, un peu de miel, de confiture, de l’huile d’olive, des dattes de mer, des tortus piégés, des pêcheurs généreux… ce qui lui permettait de surmonter des moments difficiles. Ça ne résolvait sa situation qu’en partie, mais lui permettait de vivoter et avoir foi en l’au-delà.
Dans le même ordre d’idées, Boughmiga avait aussi à la fin du dernier siècle, concurrencé des loups pour les devancer et récolter les quelques poulpes rejetés par la dernière tempête, dans une course de survie et de d’existence. Cette fois, aujourd’hui même, ce ne sont plus les mêmes concurrents, car ce sont les oiseaux, qui me devançaient et picoraient les tomates, oignons, pommes… rejetés par les marins que je trouvais ça et là sur la plage. Tant mieux, ils avaient peut être plus besoin de cette pitance…mais une bonne salade de la providence, est désormais recommandée pour rafraichir les têtes des humains et les remémorer de leur devoir de coexister et composer. Un peu de Baraka chez les hommes, serait 






un idéal.
Lihidheb Mohsen éco artiste
Zarzis 27.08.2015
mercredi 26 août 2015
Le poisson et les ânes.
Il était très gros, le poisson, une montagne de graisse et de viande, s’enlisa sur la plage, encore soufflante, fumante, frétillante, … une bonne pitance collective dans ses années de disette. Selon le mythe, de braves pêcheurs avaient accosté sur le dos d’un poisson monstre le prenant pour une Île salvatrice…et quand ils commencèrent à faire du feu pour le thé rituel…l’animal avait bougé, laissant les hommes pataugeant dans l’eau… Bien sur, c’était une offrande du ciel cette fois et les Spahi ordonnèrent aux paysans une mobilisation générale pour trainer cette masse de chair jusqu’à la terre. Pour cet effet, des chameaux et des ânes furent attelés et attachés au grand poisson pour le trainer avec l’aide Inchallah de la marée montante. L’endroit grouillait de monde et tout les gens s’affairaient à filer des cordes, apporter les bêtes, organiser l’action et attendre la montée de l’eau. Sur leurs chevaux fumants, écumants de salives, les soldats du Bordj, incitaient à la force commune, le bon usage des cordes et la force de traction. Quelques femmes désœuvrées, principalement de vieilles pleureuses et jaseuses ou de petites filles, vinrent voir cette cohue et prendre part éventuellement au partage de graisse. L’aveugle du village et le Meddeb, participaient aussi à l’enthousiasme général pour avoir aussi un droit à la pitance.
Entretemps, la mer montait, montait et le cordes se tendaient de plus en plus, attachés sur les corps des animaux, qui trainaient, trainaient, le poisson somnolant dans son corps géant, comme si rien ne se passait depuis longtemps. Les vagues commencèrent à se suivre venant du large pour assister les humains meurtris de faim et déterminés à dompter la nature.
Soudain, le poisson remua, éternua, se réveilla parait il, un frisson, deux frissons, un geyser d’eau et d’air, sous les regards surpris et hagards et d’un coup de queue…il forma un petit tsunami, une vague qui mouilla les paysans et les bêtes partirent, attachées au poisson vers les profondeurs de la mer bleu… Vive la liberté.
Lihidheb Mohsen éco artiste
Zarzis 26.08.2015




dimanche 3 mai 2015
Zarzis, carte géographique des noms des localités.
Géographie des localités de Zarzis
1 Hassi Jerbi (région), 2 El Gassar(Centre), 3 Hachana (Isthme mobile), 4 Oglet Amor, 5 Hay Habib (Ecole), 6 Ras Marmour, 7 Lella Mariem (Fakir), 8 El Kantara, 9 Ejjwabi (Bassins marins), 10 Boujleda, 11 Oued Essghir, 12 Oued El Kbir, 13 Chammakh (Centre sur ruines), 14 Khriba, 15 Atila (Oliviers), 16 Dakhla (Oliviers), 17 El Benna, 18 Cobbania (OTD), 19 Hrigua, 147 El Oudia (OTD), 148 Attouchia (OTD), 20 Chrichira, 21 Bak Salah (Eau potable), 22 Gribis (Centre), 23 Khsim (Foret costale et ruines), 24 Om Cherif (Falaises), 25 Rsifett (village pécheurs), 26 Khawi Laghdir, 27 Mrathia, 28 Arif (Oliviers), 29 Om Chham, 30 Hinchir el Kout, 31 Hinchir ElHom, 32 Hinchir Frass (Ruines), 33 Hinchir El Gayed, 34 Sonia (Plage), 35 El Kikli, 36 Mjelli Rouha, 37 Hassi Jellaba (Port), 38 Oued Essaaf (Ruines), 39 El Hammam (Ruines), 40 Souihel (Région), 41 Sangho, 42 Ogla, 43 Oued Ezzitoun (Sola et grottes), 44 Bennana, 45 Beni Ftayel (Eponges), 46 Morhal, 47 Touaycha (Route agricole), 48 Oued Abdenbi, 49 Zaouya, 50 Ksar Zaouya (Monticule marin), 51 Billahmar, 52 Dhouiher (Nouvelle ville), 53 Saguit Sola (Vallon et canyon), 54 Hinchir Kalakh (Colombarium), 55 El Groo, 56 Dar Derbi, 57 Hnachir Tboul (Maraboutique), 58 El Marsa (Plusieurs sur le littoral), 59 Essess (Marin), 60 El Gorrea, 61 El Majra, 62 El Benk, 63 Benkakou, 64 Ras Dzira, 65 Khaoui Essoug, 66 Jabyet el Abid (Petite baie), 67 El Mansoura, 68 Zarzis (Région Gergis), 69 Ksar Ouled Mhemed, 70 Sidi Kbir, 71 Lafléche, 72 Dharbelbab, 73 Houmt Sardouk (Coq sur Eglise), 74 Souk Dhlam (Ruelle couverte de branchages), 75 El Garaa (Cumul d’eaux de pluie), 76 Chkerbane, 77 Ksar Chelba, 78 El Hara (Ghetto Juif), 79 Corniche (Lycée), 80 Kasino, 81 Charchara, 82 Battoir (Plage), 83 Ras Trab (Pollution et péche), 84 El Ayata, 85 El Ftila, 86 Sawakh (Herbe marécageuse), 87 Bachkout (Biscuits marins naturels), 88 Jabbara, 89 Hinchir Ounis (Champ de tir), 90 Ksar Ouled Said, 91 Kouatrou, 92 Ras Eddhahra, 93 Bassatine, 94 Ben Ammar, 95 Malaji, 96 Machhour, 97 Gasar El Mouensa, 98 Jbebine (Trois cimetières), 99 Hmadi El Guebli, 100 Hichem, 101 Hmad El Bahri, 102 Errajaa, 103 Swagui Om Elhallouf, 104 Loukhayett, 105 Sahbi, 106 Hessyane, 107 Bouteffaha (Ruine et Marabout), 108 Felta (Paléolithique), 109 El Gtoo, 110 Alouane, 111 Makhkhadha (Flux marin), 112 Bogra, 113 Hnich, 114 Sebkhet el Maleh (Paléo et Néo), 115 Tarfellil, 116 Khachm el Kalb, 117 Hnechirett, 118 Lemsa, 119 Ouday Dhaou, 120 Alandaya, 121 Dar Ennouss, 122 Aguiba, 123 Bayadha, 124 Ziane (Ruines), 125 El Malha, 126 Khallfallah, 127 Guarguabia (Paléo), 128 Lac El Bibane (Forte salinité et richesse organique), 129 Loubigla, 130 Ghrabatt, 131 Ariguett, 132 Souitir, 133 Maydher (Paléo), 134 Nabch Edhib (Ruines), 135 Drablia, 136 Oued Bouhamed (Paléo), 137 Ejdaria (Isthme entre mer et lagune), 138 El Bibane (Ilots discontinus), 139 Ras Kazouz, 140 Mrissa, 141 Jabiet Haj Ali, 142 Jlidia, 143 Ezzriba (nasses géantes), 144 El Ketf (Deux isthmes face à face Nord et Sud), 145 Jnayah (Ruines nord lagune), 146 Sebkhet Boujmel, 149 Borj Sidi Chaouech (Fort dominant l’accès au site aquatique de Mdeyna à l’intérieur sud du lac).
Droits d’auteur et de citation réservés.
Lihidheb Mohsen 2015
vendredi 17 avril 2015
Zarzis, Patrimoine.
Zarzis, patrimoine.
1- El-Kantara : Vue la position de la chaussé, l’endroit est très important sur le plan historique, surtout l’ancienne route allant dans la mer du coté de Zarzis. Bien sur, le remblai des deux cotés était effectué à partir de sites archéologiques de part et d’autres des terres jumelles. La région forestière et agricole du nord, était aussi historique et surtout un jardin pour Meninx qui n’en avait pas. Toutefois, l’édifice du sud qui est actuellement transformé en restaurant, était une installation de contrôle du passage et un mirador de guet, ayant la forme appropriée.
2- Huilerie-coloniale : C’est une huilerie géante construite par les colons qui exploitaient la ferme de l’oliveraie de Chammakh et la région. En activité tout les deux ans sur trois, selon la production, cette ferme appartient aux terres domaniales nationalisées. Elle permet, selon les saisons, l’emploi de centaines d’ouvriers agricoles dans les secteurs de la cueillette, taille, labour, presse, bétail… C’est aussi le principal moteur économique de la région, en parallèle avec l’activité agricole privé et les apports en devises de l’émigration en Europe.
3- Hinchir Kalakh et Chammakh :
C'est un site situé à un km de la mer, au fond du plateau longeant le littoral de la région de Sangho. Composé d'un monticule de calcaire sur lequel des constructions sont enfouis dans les arbustes et les ronces. Des murs incertains sont encore visibles. Juste à coté une construction étrange est supposée être un "Columbarium" ou un "Crématorium" funéraire et serait le deuxième de son genre dans le monde, dont ceux de Hergla et Chypre, qui restent moins expressifs que celui ci. Juste en face, les traces d'un four avec des ratés et une poterie plutôt industrielle et commerciale avec peu d'attouchements artistiques. Il serait aussi Punique, avant la période Romaine, à cause de la qualité très modeste de la poterie et l’absence de numismatique et de verrerie. Un site à restaurer d'urgence à cause du délabrement du Columbarium.
Le site de Chammakh, sans vestiges ni relief, est enfoui sous une ville compacte, que des tranchés et forages utilitaires, avaient révélé au grand public. C’est un endroit Punico-Romain, basée sur l’agriculture. Chaque habitant a sa propre histoire avec les monuments et le sous sols est plein de couloirs et bassins récupérés. Plusieurs statuettes auraient été dirigé vers la capitale dans les années soixante dix.
4- Morhall Hbitt :
Juste au tiers nord de l'oasis maritime de Souihel, un littoral de douze kilomètres encastré en longueur parallèle par la mer du coté Est et la colline de 45 mètres du coté Ouest...se situe Ogla, une continuité de maisons rurales entre les palmiers rescapés, une dénomination purement géographique qui veut dire la cachette en arabe...et que l'on peut trouver dans plusieurs endroits. Cette colline rocailleuse, avait aussi cueilli l'homme préhistorique dans les quelques grottes naturelles, surtout au niveau de l'embouchure du canyon Saguit Sola. L'endroit était inhospitalière même pour les romains qui préféraient les mers calmes pour leurs embarcations à fonds plats, car la mer de Souihel est houleuse et comporte plusieurs courants marins curieusement en continuité et en adéquation thermique avec les Oueds. Bien sur, Boughmiga, avait parcouru les espaces et les sites de Lella Meriem, Hinchir Kalakh, Saguit Sola, Hinchir Rawan, qui constituent une périphérie historique assez importante. Mais dernièrement lors d'un chantier d'excavation de canalisations, un tunnel creusé de mains d'hommes était découvert sous la route à Morhall Hbitt, juste au pic de la colline-falaise...et comme toujours les associatifs du patrimoine et moi, sommes arrivés trop tard car l'entrepreneur qui craignait le retardement de ses travaux, avait tout enseveli, sans même prendre de photos. Habitué à cette attitude peu civique, j'ai demandé des compléments d'informations à un brave homme de l'endroit, qui avait confirmé sa connaissance depuis longtemps et de l'existence de ses couloirs souterrains. D’après lui, à droite et à gauche de la route qui descend de la colline vers l’oasis et la mer, il y avait deux grottes préhistoriques, à partir desquelles, partent deux passages souterrains vers le plateau pour se rencontrer en forme de Y, à une cinquantaine de mètres et continuer en un seul couloir sous terrain vers on ne sait où. Le Brave homme déclare qu'il y avait sur la grotte de gauche des traces de fours, de brulis, et des traces de constructions anciennes, effacés par les constructions abusives et illégales. Toutefois, il se félicite du fait que l'endroit par où passe l'un des couloirs, a été acquis pour la construction d'une mosquée, et il y a encore des chances de le répertorier officiellement. Encore un témoignage majeur du passage, de l'homme primitif, ingénieux, prudent et visionnaire, par le village même de Boughmiga cette fois.
5- Mémoire de la mer Zarzis :
Dans cet espace éco artistique, la mémoire de l’homme, a été relativement sauvegardé sous formes de pierres diverses sous forme d’une litho thèque consistante et disponible aux visiteurs, aux chercheurs et aux curieux.
6- Marché hebdomadaire :
Destination au choix, selon les jours.
7- Musée municipal et vestiges du site Ziane :
C’est un musée municipal, scientifique et consistant, abordant la vie historique et sociale de Zarzis tout en contournant les spécificités de l’ancienne ville Romaine de Ziane, qui malgré le fait qu’elle ne constitue plus que de grands monticules de sable, était un grand centre civilisationnel, cultuel et économique aux débuts de cette ère.
8- Marabout de Sidi Bouteffaha :
Visiblement, c'est le premier site manifeste de présence humaine sédentaire, des temps primaires. Hormis, le site de Sidi Chammakh qui a été investi par les habitations, celui de Zien qui est relativement nouveau...par rapport aux traces de présence humaine qui nous aborderons bientôt. En effet, ce site situé au carrefour de la route de la zone franche et la route de Zarzis vers Bengardane, est aussi sujet à une urbanisation anarchique à même la route. Il est composé d'un marabout, entouré d'un cimetière encore utilisé. Tout autour, on peut remarquer la présence de grosses pierres de presse pour les olives étrangement en calcaire. On raconte qu'il y aurait un oléoduc entre Zien et ce site pour acheminer l'huile d'olive...mais, ça ne peut être qu'une exagération, car la poterie était déjà fonctionnelle pour le transport des liquides, huile, vin, eau.... A propos de la poterie, elle n'est pas très développé, absence de ratés donc absence de four, quelques bris de monnaie punique, un silex bien taillé en burin, des blocs de calcaire géant sont encore visible ça et la dans le lac salée qui était submergé par la mer. On raconte dans les annales officielles qu'on petit trésor a été trouvé sur ce site et serait exposé dans les musées de Tunis.
9- Rass Lemsa :
Ce petit site est situé au Sud de la ville de Zarzis, dans un îlot de terre entouré de la mer de l'Est et le Sud et d'un marécage submergé par la mer pendant les grandes marées. C'est un monticule de terre qui aurait été fouillé officiellement juste après l'indépendance sans en trouver les traces et les documents. Ce serait un endroit de mise à la mer des produits agricoles et autres pour l'exportation. Constats : poterie rouge moyennement développée, un tesson de lampe à huile portant un rameau d'olivier, des coquillages en fuseau, une pierre à pilonner avec des trous concaves, deux pièces de monnaie oxydés, quelques silex approximativement travaillés. Ce site a été partiellement détruit par des bulldozers qui voulaient terrasser l'endroit pour un champ de tir et ce malgré mes protestations vives et actives. Heureusement une grande marée est venue à mon secours pour dissuader les commanditaires et laisser cet endroit aux oiseaux et sauver le site.
Site historique, primitif, punique, Romain…et point de départ des vagues de Harraga…Il y a encore les restes de l’installation de protestation contre l’usage massif de l’endroit « birds only ». Il faudrait aussi reconnaitre, qu’à partir de l’arrêt au niveau de la citerne surplombant l’endroit, les deux kilomètres de droite et autant de gauche, aussi, sont des stations importantes témoignant de l’installation et le passage de l’homme primitif de cette région de Lemsa.
10- Espace Felta :
Situé au nord de la saline, ce champ d’oliviers communaux, délaissés par l’exploitant, a révélé le passage de l’homme primitif sur ce grand espace parsemé de silex et très peu de poterie et encore moins de brulis. Les traces de coquillages instrumentés, confirmait la proximité du lac salé et le mouvement des eaux et des hommes. Sur plusieurs visites, de très rares pointes de flèches ont été trouvé parmi le silex et seule une hachette minuscule avait été constatée. Ce champ très peu labouré, est sujet au pâturage et à l’exploitation des limitrophes. Personne ne fait encore attention à la préhistoire.
11- Hinchir Ziane :
En dehors des deux fouilles universitaires et de tutelle, effectuées en 2013 et 2014, découvrant une partie minime de l’infrastructure culturelle, funéraire et cultuelle de la place, avec des bâtiments pour la politique, l’hygiène publique et le scénique, cet endroit, était aussi à prédominance économique, vue son emplacement au dessus d’un champs très fertile, à coté d’un puits doux et gracieux et surtout à l’abri de la mer assez proche, pour des échanges équitables, sans violence ni razzia. Vu le nombre d’anses de jarres constatés sur place, les fours effectués à cet effet et l’étendue de cette activité, il parait que la ville excellait dans le commerce de l’huile d’olive, du vin et des produits secs et asséchés. Quelques coquillages de murex, existaient et témoignaient de la communication avec la mer et les lacs salés distants d’une dizaine de kilomètres. Tout en tenant compte du taux d’occupation à travers l’amas de poterie et autre, il parait que le site avait été occupé pendant trois siècles avec des précédents puniques et primitifs. Un endroit situé au centre Est, cumulait la totale numismatique de la région, et révélait l’existence d’un échange unique avec les partenaires marins et autres dans une société fermée et autarcique. Toutefois, ce site est réputé par ses tessons artistiques et son verrerie technique. Il parait, que le protecteur du pays, avait rapatrié chez lui, un nombre de statues et sculptures de cette région.
12- Ferme de Gauffretteau :
C’est un complexe colonial du début du siècle dernier, composé d’une huilerie, d’une infrastructure utilitaire, d’un moulin à vent encore fonctionnel pour l’eau et l’électricité, d’une belle maison agréable à étages avec une belle vue sur l’oliveraie, d’une grotte transformée en 1902 pour les vignobles et d’une citerne immense d’un hectare au moins dont la surface permet l’atterrissage d’un petit avion quand c’est nécessaire. Cet ensemble relativement ancien, fait toujours l’objet d’une curiosité générale, surtout quand toutes les pièces d’entretien


sont encore répertoriés et disponibles. L’huilerie adjacente, comporte toujours ses éléments, le gros moteur de bateau pour alimenter les grandes presses, le rail d’installation, les berlines, les meules géantes, les citernes de filtrage de l’huile…et même les instruments de travail, sont encore numérotés pour les statistiques annuelles. Toutefois, l’association du patrimoine, œuvre toujours pour faire de cette grande huilerie coloniale, un musée écologique des matériaux agricoles, da la machinerie et des engins anciens d’exploitations.
13- Site Rsifett :
Juste à la fin Nord, de ce village pécheur côtier, en allant vers la mer, un petit site Romain est visible sur un monticule de terre. Une très grande meule en calcaire est encore dominante. A quelques mètres en revenant avec la mer vers le village, une station primitive avait constaté et peut être anéanti par le buldozage, comportant divers silex dont quelques lames grotesques. Toutefois, en continuant la piste vers le nord sur deux milles mètres, on peut constater des traces puniques et surtout un grand quai marin qui entrait dans la mer et visible depuis la plage. D’ailleurs, c’est pour cela, que le village avait été appelé Rsifett, qui veut dire les quais en arabe.
Droits d’auteur réservés
Lihidheb Mohsen 2014
Mémoire de la mer et de l’homme Zarzis.
dimanche 5 avril 2015
Le Chant de Ghadames.
C’était au milieu du Sahara, au fond de l’oasis ombragés, dans les ruelles sinueuses, obscures et longues, dans l’appel de lumière au fond des couloirs, à travers les ouvertures dans les toits ou les miroirs réfléchissants l’espace et le temps, c’était dans la blancheur des murs de terre, de paille, de centre, de troncs de palmiers traités, de pierres placées selon leurs natures, leurs poids, leurs réactions au climat et les intempéries, dans les courbes des escaliers, des voutes, des lucarnes, des porches et des chambrettes confortables, dans les décorations par des objets utilitaires et artistiques en même temps avec quelques peintures murales rouges dans un style arabesque et scarabée, dans l’exploitation optimale des espaces, des étages, des dénivellements, des recoins, des rôles, des priorités et des idées, dans le rapport de sagesse avec la foi, la famille, la tribu, l’autre et soi-même, dans l’inspiration géniale de scinder cette petite communauté en deux « gens » compétitifs et complémentaires afin de garder les motivations et l’aspiration vers le meilleur et se réunir impérativement devant un danger extérieur, dans la fusion des connaissances et savoirs dans la vie de touts les jours, dans le temps, les mouvements, le climat et la matière, dans l’assimilation des valeurs et techniques acquises et importées par les caravaniers, dans la simplicité déconcertante du culte et rituel et la proximité de la création et du créateur, dans la vénération de la source « Aïn El Frass » et la gestion sacrée, juste et précise de l’eau, Ô combien précieuse au milieu du désert, dans la préservation de l’oasis pour les palmiers, les arbres fruitiers et les agrumes tout en contenant rigoureusement les constructions, dans l’humilité des gens, dans leurs habits amples et simples, dans leurs sourires retenus, dans leur sérieux des insulaires, dans la gastronomie et l’équilibre nutritif, dans l’accueil, dans les petites histoires, dans la timidité des blagues, dans les contes, dans la réalité ambiante… au fond des verres de thé à la mente, … j’ai perçu, la sagesse, la civilisation, l’éthique, l’esthétique artisanale, la chaleur humaine, l’intégration, l’authenticité, la crédibilité, l’équilibre et la paix, auprès des Ghadémsis.
Dans la ville, hors de l’oasis, j’ai vu plusieurs groupes de femmes, dans les magasins à marchander des habits modernes et pendant qu’elles regardaient curieusement mon accoutrement « Wazra Akkaria avec un Kabbous rouge vif », j’ai eu la latitude de contempler les beaux traits de leurs visages et les regards pleins de confiance et de plénitude. Cette rencontre m’avait fait plaisir car c’était une preuve de l’émancipation de la femme dans ses valeurs locales et à sa façon, et de l’accompagnement actif de l’homme dans ses performances culturelles et sociales.
En faussant compagnie au groupe, Boughmiga le néanderthalien, l’insaisissable que je suis, ai fait un tour en solitaire, à travers les bordures de la ville moderne encore en construction. Dans un kiosque à essence, j’ai rencontré un groupe de caravaniers en 4X4 faisant leurs derniers préparatifs pour la traversée du désert. En confirmant un pressentiment, j’ai constaté, qu’ils avaient un profil bas et effacé et parlaient un français que je n’ai pu identifier à travers les quelques mots que j’ai capté en les croisant en voiture sur la place du kiosque. Plus loin, sur un espace vide bordant un vallon, j’ai descendu de voiture, pour voir tout au fond un début d’agglomération bidonville avec de morceaux de zinc. J’ai tout de suit pensé aux pauvres émigrants clandestins de l’Afrique sub-saharienne, qui se hasardent plein nord à travers les mers de sable et les mers aux vagues mortelles, ainsi qu’à travers les obstacles humains des lois. J’ai souhaité me tromper, car le pays baigne dans l’opulence et un populisme africanophile.
Le soir, après les cérémonies officielles et officieuses, le groupe, hommes et femmes, était invité dans une maison privé aux alentours de Ghadamès, à quelques kilomètres vers le nord. Le salon était long et haut, au tour du mur, des coussins et matelas multicolores sur lesquels nous nous sommes familièrement affalés. Au milieu, des plats de sucreries, gâteaux, dattes et des confections locales de petits pains au piment. Prés de la porte pour dissiper la fumée, un grand homme au kéfié noir à antenne, s’affairait avec l’attirail de thé avec des gestes précis et engagés. L’ambiance était agréable et conviviale, après un diner aux chandelles succulent, malgré son incompatibilité éthique avec un plein Sahara, et cette escale était plus conforme à nos besoins et habitudes culturelles. Comme il se doit, la discussion commença par l’échange de poésie ponctuée par des argumentations amicales sur les fameux classiques de la culture arabe. C’est alors, qu’il entra, ordinaire, insignifiant, en habits traditionnels, salua légèrement et s’installa à coté du maitre du thé.
Doucement, il sortit son luth « oud » de son étui en toile, et après quelques balbutiements vocales et sonores, il nous prit doucement vers le ciel, entre les dunes, à onduler au gré de la musique, loin des hommes et leurs futilités, au dessus des « langues », au dessus des frontières et des barrières artificielles. Il chanta Libyen, puis Tunisien et Algérien, et confirma l’universalité de Ghadamès et sa culture, et nous accrocha pour toujours, à sa sagesse et son humanité, par cette symphonie de la vie, dont les notes ont été fredonnés sur les dos des chameaux dans touts les sens, pendant des siècles.
Lihidheb mohsen Eco artiste
Zarzis Tunisie 11.02.09
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