lundi 27 avril 2026

Portraits et sagesse 164


                     




Cette fois, c'est Si Said Ben Chouika, résistant connu et trés apprécié par ses positions courgeuses dans toutes les étapes de la vie dans la région. Depuis la période de la colonisation, il avait fait de la prison pour des actes de résistance et d'insoumission, ce qui lui permis une personnalité trés forte, qui domine son environnement. Il avait un compement "Nezla" en plein nature au milieu de la région Choucha, où nous l'avons visité en 2004, Willy et moi, juste aprés les instabilités relatives aux terres collectives. Voici, le texte qui avait été écrit autrefois        

   Le maitre du hameau, remarqua notre voiture dés le premier virage et venu à notre rencontre suivit par des chiens remuant la queue. Quant il me reconnut, je lui présentai mon compagnon Allemand, et nous invita vers ses cabanes. C'étaient plusieurs huttes éparpillées sur la colline, qui faisaient fonction de grenier, salle de séjour, étable pour les moutons, dépôt de d'eau et de nourriture et juste au milieu, la Nouwala.

                    Nous pénétrâmes lentement dans cette grande cabane de palmes et de tiges de sorgho tressées. "ça m'a pris 12 jours pour construire seule cette Nouwala" dit la femme de notre ami, tout en nous guidant à l'interieur. Trois petits chatons jouaient sous un lit dans un coin. Quelques ustensiles en terre cuite sont rangés sur un étalage en bois. L'attirail du thé traditionnel entourait le Kanoun au milieu de l'espace. Des couffins ça et là pour les provisions et l'une d'entre elles pendait au milieu du toit par un fil."C'est mon réfrigérateur" a dit fièrement la dame,"regardez, il y a du poisson encore frais, du lait caillé, du beurre".

                    Elle avait la soixantaine, de taille moyenne et une beauté simple comme la vie, et une présence totale comme le monde. Elle emplissait l'endroit par son activité, son accueil parfait sans manières, son verbe juste et son mouvement correspondant avec le temps et l'espace. Rapidement, elle nous servit des œufs de poules et de dindons, du lait fermenté, du beurre, des dattes séchées, du fromage de chèvre…et du thé, le tout sous les exclamations de respect et de plaisir de mon ami Allemand. "Qu'il soit le bienvenu lui aussi" a-t-elle dit à son sujet "je reçois souvent des passants dont des Mézigri et je fais de mon mieux pour les nourrir et aider".

Elle nous raconta, comment elle passe ses journées à faire paître le troupeau, dans les environs, subvenir aux besoins des poulaillers et les chiens. La semaine dernière, ils ont organisé la tonte de moutons, et une fête eu lieu pour laquelle toute la famille est venue de Zarzis. Elle nous raconta aussi comment elle était déçue de l'incapacité des nouvelles générations de filles et de femmes, à faire la cuisine avec un feu de bois, carder la laine, tresser une natte ou assister la naissance d’une brebis.

                       Elle nous a gentiment demandé de ne pas la prendre en photo que quand son mari y est aussi. Elle nous offrit des œufs frais de dinde et de poules, du fromage et du lait fermenté et nous partîmes avec regret.

                       Un grand Dindon male avec son harem, nous barra la route de retour, et il a fallut des klaxons et vrombissements de moteurs pour dégager la route.

Lihidheb Mohsen 2002

Mémoire de la mer et de l'homme Zarzis. 

 

                                     

Beaucoup de respect à ces deux personnages de Zarzis, pleins de vie et de sagesse.

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