dimanche 5 avril 2026

Zarzis et les éponges.

 Ainsi, l'événement était réussi, grâce aux imminents chercheurs, aux marins et aux plongeurs, à un public attentionné et l'hospitalité de la zone franche de Zarzis, bien sur, avec la passion et le courage de Mme Aouatef Mcharek, anthropologue des sciences en Hollande et chef du projet académique de recherche " éléments vitaux" qui supervise l'analyse plusieurs sujets de la vie du sud Tunisien. Axé sur les éponges, cet événement avait aussi rendu hommage aux marins marins des bateaux à voile et les autres, qui par leur labeur, transfèrèrent la valeur éponge en valeur olivier sur une période d'un siècle.

Zarzis et les éponges.
C’est un petit animal marin fixe et spongieux,
Aspire le plancton en filtrant les eaux des courants,
Sur les fonds rocheux, au milieu des algues tactiles et moelleux,
Il croît, majestueux, parmi les bandes de poissons.
Il parait qu’il est l’une des origines de la vie
Et par son passage encore en vigueur, participa,
A la diversité régénératrice du vivant amphibie,
Pour devenir enfin, une valeur mercantile des Accara.
Par leur position, entre l’oasis, l’oliveraie et la mer,
Entre les possibilités de survie et de la misère,
Qu’ils optèrent à la cueillette et la chasse de ce produit,
Et firent de cet habitant des profondeurs un ami.
Avec leurs embarcations à voile, au gré des vents,
Ils allaient en groupes ratisser les mers au harpon,
Les éponges après de grands efforts et galères,
Les localisant d’en haut par un hublot au fond de verre.
Le Rayess, capitaine, avec une acuité visuelle et un savoir-faire,
Se courbe à l’arrière du canoé pour scruter les profondeurs,
En interpellant par la voix, le marin ramant juste derrière,
Pour qu’il se fixe et s’approche, au-dessus du point de repère.
Alors par une longue corde et un très lourd trident,
Il fait descendre le poids pour happer et arracher l’éponge,
Qu’il remonte avec des gestes surs et tout de suite replonge,
Pour recommencer encore et encore jusqu’au couchant.
Quand ils sortaient pour pêcher, aux alentours,
Pouvaient l’après-midi, proposer leur produit au village,
Dans une sorte de vente aux enchères et à l’étalage,
A même le sol de la route, à l’évaluation des acheteurs.
Les négociants étaient de gros et riches féodaux,
Avec leurs bâtons du bout palpent les éponges en trios,
Et donnent des prix de base au crieur qui en fait écho,
Et la vente se faisait toujours aux dépends de nos héros.
C’était des Italiens et des Grecs qu’ils apprirent la technique,
Lors de leurs expéditions de pêche aux éponges cycliques,
Qui duraient des mois autour de l’Île de Djerba,
Et encore plus loin autour des Îles Kerkennah.
A ce savoir-faire, s’attelèrent les Accara, à l’attaque,
Afin de diversifier les ressources assurant la survie,
Dans une région de sècheresse et de manque de pluie,
Et un combat corps-à-corps sur de minuscules barques.
Deux fois chaque année, ils font des compagnes et expéditions,
Très loin, bravent les dangers, où l’éponge abonde au fond,
Sur de petits bateaux à voiles de faible tonnage,
Flottant au-dessus des vagues, tempêtes et orages.
Après chaque sortie, réussie, ils vendent le produit à Sfax-port,
Puis passent directement à Djerba pour acheter des plans d’oliviers,
Et se dirigent vers les champs, sans fatigues ni retard,
Pour planter les futurs oliviers, les nobles arbres fruitiers.
Il faut voir, comment, enfants on les attendait,
Scrutant de nos petits yeux le grand horizon,
Pour voir qui des premières voiles va arriver,
Quel père, quel oncle ou quel parent.
Quand ils accostent c’est la grande joie,
Beaucoup de questions et beaucoup d’émoi,
Sur le bruit des ustensiles et les charrues apportées,
Ainsi que le gout du pain sec et de la caroube sucrée.
Avec un sentiment de salut de cette terrible galère,
Les parents descendaient avec des poulpes sèches,
Et quelques gros échantillons de leur pêche,
Des éponges qu’ils n’avaient pas vendues aux enchères.
Nul ne peut oublier l’ambiance de cette retrouvaille,
Et surtout l’odeur puissante des éponges même vendues,
Qui reste comme une odeur de parfum merveille,
Qui accompagne cette belle symphonie de la vie.
Une activité d’intégration au réel effective et totale,
Qui prend du disponible ses besoins imminents,
Qu’heureusement, était négligé par les colons,
Et la mainmise des intrusions habituelles.
Sur une période de trois quart de siècle de labeur,
Et un cumul lent mais dur, de valeurs,
Ils échangèrent leurs embarcations fragiles,
En grands « Deux-postes » à moteur gas-oil.
Ainsi ils faisaient un circuit de transformation organique,
Des éponges, en une grande oliveraie magnifique,
Malgré les grands efforts et dangers constants,
Lors des traversées des capricieux courants.
Et dans cette fusion avec les éléments de la vie,
Les Accara ont bien géré et ensuite réussies,
A faire des produits de la pêche et de l’oasis,
Une péninsule verte et un coin du paradis.
Dans ce parcours de labeur et de lucidité sociétales,
Des fellahs investirent dans cette manne de la mer,
Et comme le firent les marins au contraire,
Achetèrent des terres et des troupeaux d’animales.
Et se constitua une microéconomie interne soyeuse,
D’échange multilatéral et de trocs équitables,
Grâce aux éponges et des marins capables,
Qui rendirent toute la région heureuse.
Dans une compétition naturelle et amicale,
Les quantités d’éponges et la rapidité des bateaux,
Départageaient ce multidirectionnel duel,
Et rend justice à ces véritable héros.
Sans qu’ils ne sachent pourquoi servent les éponges,
Il suffisait que ça diversifiait les chances de survie,
Se mobilisaient avec le disponible et plongent,
Dans ce cycle de transformation amphibie.
Dans la société, les capitaines se voient promus,
Pour leur adresse et courage, élus,
Suite à cette manifestation collective d’intelligence,
Qui fit de ce rapport avec la mer, une romance.
Lihidheb mohsen mémoire de la mer et de l’homme,
Sur la demande de Mme Aouatef Mcharek, pour le projet,
Académique « évents ». Mars 2026


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