dimanche 11 mars 2018

Portraits et sagesse 132

Habib Hajji : De Majel Bel Abbess et président de l’association Iktachiff Biladek, « à la découverte du pays », il su faire réussir plusieurs sorties de groupes de poètes et d’écrivains afin de découvrir le bled et les valeurs historiques et humaines. On collaboration avec les maisons de jeunes et les auberges de jeunesse, cet action était indépendante et sérieuse, au point d’avoir accueillis plusieurs personnalités du monde entier, pour participer à ce festival ambivalent de la culture. Si Habib Hajji, avait toujours bien organisé les randonnés tout en visitant touts les sites historiques et participer aux événements culturels locaux et régionaux. Ayant participé lors de la sortie du nord ouest de 2015, elle était très réussie, malgré les conditions sécuritaires d’autrefois, mais, mon assistance exemplaire quand j’ai eu accident de santé, était plus que solidaire et humaine. Encore un grand merci à Si Habib Hajji, et toute l’équipe dont chacun avait fait son devoir d’amitié et de solidarité. Lihidheb Mohsen 11.03.18 KGB 1 Après une nuit agréable sur le mont du Kef, avec peu d'humidité, beaucoup de fatigue et de mal du pays, la présentation s'était faite au matin, et tout le monde était satisfait de la composition du groupe et la diversité des âges, des tendances et des préoccupations intellectuelles. Aussitôt dit aussitôt fait, quand au fief de la délégation de Dahmani, plusieurs filles et garçons, ont été soutenus financièrement par l'association Omani, Sahab, qui, avec la collaboration active de Monsieur le Délégué et la présence de Hbiba Salty, avaient concrétisé le rôle solidaire et conscient de cette association pan Arabe, peu conventionnelle. Après une cérémonie grandiose de soutien et de congratulations, nous nous sommes dirigés vers le site d'Althiburos, cet endroit, Numide, Carthaginois et Romain, qui absorba tout le groupe dans des randonnées de lecture, de photos et d'exaltation. Malgré l'attrait des érections des monuments et vestiges de l'endroit, pour le groupe, Boughmiga en fin amateur du patrimoine universel, coupa les trajectoires pour mieux analyser les compositions du sol et les nivellements des constructions. Il y avait dans les rares accès à la terre, les restes, de poterie, de cendre, de verrerie, de carrelets perdus de mosaïque...sans les moindres traces de monnaie ou l'impossible murex. Situé entre deux grandes collines linéaires et entre deux cours d'eau qui mettait sa petite hauteur en relief, une grande partie des constructions était encore dans un sous bassement mitoyen profitent des crues et des grands figuiers parsemant les oueds. Encore plus loin, à travers un sentier sinueux et montagnard, notre minibus, parvint difficilement au fief de l'illustre Si Belghith, un personnage unique, à l'œuvre unique et aux pensées recréatrices. En effet, à partir d'une grotte souterraine au flanc de la petite colline, il créa un lieu de villégiature et d'exotisme intellectuel, forts nécessaires, à une société à prédominance consensuelle et tacite. Tout en creusant le fond de la grotte, sans trouver les moindres traces de l'homme primitif, d'après lui, il la meubla avec divers ustensiles anciens et plusieurs écrits fantastiques et inspirants. Des meules, du matériel de peinture avec un trépieds regardant le ciel à travers un soupirail au fond de la grotte, les écrits et photos de l'âne qui avait transporté l'excavage du lieu, l'histoire romantique à la Paul et Virginie, de deux personnes historiques avec un grand décalage d'âge, le rôle du puits principal et du figuier géant dans cette romance, un restaurant mi réel et mi fictif avec une opulence d'idées insolites et d'imagination fertile...et toute une infrastructure naturelle favorable au repos, à l'imaginaire et au rêve. Boughmiga, qui faisait la même démarche avec la mer, ne manqua pas de féliciter Si Belghith et lui offrit son livre de « Mamadou » avec une dédicace appropriée. Lihidheb Mohsen 2015 KGB 2 Cette fois, sous le titre de « on s'élève pour mieux se connaitre » que l'association Majel Bel abbasside, nous guida vers Djerissa, cette mine de fer, qui fonctionne encore en fonction de la conjoncture ferrugineuse et ferroviaire de l'après révolution. Situé sous une montagne métallique et noire, la ville de Djerissa, célèbre chez nous dans le sud est, par sa fameuse équipe de foot des années soixante dix, était composée de plusieurs constructions coloniales, aux tuiles rouges, visiblement désertes, avec tout en haut, surplombant les familles des mineurs, s'érigeait, une construction imposante, abritant l'exploitant du minerais. Malgré la sécurité drastique, on nous avait octroyé un ingénieur pour nous expliciter les taux d'exploitations et les diverses tendances de l'exploitation, pendant plusieurs d'entre nous, souhaitaient l'ascension du site, si ce n'était la fatigue et le facteur temps. Toutefois, Djerissa, était une ville combattante, productive et brave. Malgré la pluie intense, l'équipe a eu l'honneur de s'attarder auprès de nos vénérables martyrs de Sakiet Sidi Youssef, symbole de la solidarité supra nationale et l'humanité des hommes. Un recueillement unanime, a été accusé devant la liste des perdus sous les bombardements de l'aviation coloniale de l'Algérie Française d'autrefois. C'était plutôt dans la belle petite ville de Tajerouine, que l'équipe et en particulier, l'association Omani, Sahab, avait encore aidé financièrement les quelques élèves et étudiants, pour finir l'année et avoir un avenir meilleur. Sur le podium de la grande salle de théâtre de la maison de culture, divers représentations musicales et scéniques, avaient rehaussé nettement l'ambiance culturelle de cette région. Une bonne femme à l'âge mur, avait enthousiasmé le public par sa condition de délivrance ultime, de l'alphabétisation tardive, jusqu'à la capacité de faire des poèmes et créer le culturel comme les autres. C'était un acte brave d'auto proclamation directe, réelle et définitive. Dans le même endroit et la même circonstance, une petite fille de la compagne environnante, avait lu un beau texte poétique, revendiquant sont droit au savoir et au devenir, et affirmant sa volonté indéfectible à se réaliser dans le futur, malgré les persécutions et les contraintes citadines. C'était un cri manifeste d'existence et de participation effective dans le paysage de la vie active du pays. Bravo à Tajerouine, ses habitants et le futur du savoir. Lihidheb Mohsen 2015 KGB 3 Entretemps, au cours de cette semaine culturelle, effective et porte à porte, nous avons été arrêté sur notre chemin vers Kalaat Sinan, pendant un quart d'heure sur une petite colline, pour laisser passer une bourrasque et un ouragan dévastateur. Avec une visibilité d'un mètre au plus, les eaux coulaient de droite et gauche et nous nous planquions confortablement dans le minibus tangué par le vent. Il pleuvait encore quand nous entrâmes dans la bibliothèque de la région, qui malgré le fort approvisionnement en livres, avait un moyen débit d'affluence. Plusieurs livres ont été offerts par les poètes et écrivains du groupe et Boughmiga, offrit aussi son livre au sujet du malheur des clandestins sur la mer. Une satisfaction générale régnait et l'événement était fort bien apprécié. Pris dans une intempérie manifeste, l'escalade de la table de Jugurtha n'était pas facile. La majorité des participants avaient escaladé l'escalier sinueux et irrégulier menant à la surface de la montagne, qui aurait été utilisé dans l'histoire pour se réfugier et déjouer les manœuvres ennemis, pendant que Boughmiga, resta sur la plateforme d'en bas, sans démesure et à l'abri d'une éventuelle pluie diluvienne. Un peu plus tard, il fut rejoint par un autre du même âge, qui ne put terminer le périple de l'ascension. Heureusement, les autres avaient terminé le périple en admirant la paysage, le plateau d'accueil et l'exploitation de la nature par les hommes d'autrefois. D'en haut, les nuages filaient en bas entre les collines, comme des morceaux de glace ou des toisons moelleux. Pendant l'attente, un troupeau de moutons, dévala les escaliers à la recherche des touffes d'herbes dans la montagne et un abri des vents. Juste de l'autre coté de la table, résidait un petit village appelé Aïn Sinan, où un gentil poète, invita le groupe à déjeuner traditionnellement. Nous avons eu droit à une « Rfissa », consistante et authentique chez le fermier, servis par le brave vieil homme et l'accueil chaleureux de toute sa famille. Le met était très compact et légèrement sucrée, composé de fruits locales, accompagné d'un riz délicieux et aussi doux. Dans cette ambiance chaleureuse, Boughmiga, s'intéressa aux traces de l'homme primitif et sur les conseils du vieux, qui lui montra une statuette incrusté au mur, originaire de l'endroit, le dirigea vers une gosse pierre noire. Essoufflé, par l'âge et le poids, il parvint à photographier la roche noircie par les moisissures et portant encore des figurines murales, une sorte de graffitis géante dessinant un animal sauvage, un poisson et un oiseau...sur la paroi peu entretenue. Boughmiga, a pris, quand même, quelques photos de constat et de sauvetage historique. Lihidheb Mohsen 2015 KGB 4 Situé sur un plateau de neuf cents mètres d'altitude, ce site est Numide, Punique et Romain, attaqué souvent par les Berbères de l'intérieur du pays et réduit considérablement par le nivellement Hilalien reconnu. Sans avoir trouvé l'occasion de visiter la ville de Maktar et lui rendre les honneurs et le respect, le site parait assez bien entretenue et la périphérie du musée encore très bien exposée au grand public. Les vestiges immédiats sont fantastiques et reflètent la grandeur et le rôle civilisationnel prédominant dans cette région. Le musée en soi, était débordant de mosaïques, de diverses sculptures, d'ustensiles en verres, d'autres en sigillés, des inscriptions latines, des amulettes, des graffitis, des formes célestes...bien exposés et proposés dans un sentiment de gloire et d'orgueil. Comme d'habitude, le temps, limitait une tournée complète au niveau de l'endroit et d'après ce qu'il y a sur le net, le site est beaucoup plus grand. Il faut reconnaitre que le véritable sponsor de cette sortie, culturelle, humaine et solidaire, initiée par l'association pan arabe et l'antenne de Majel Belabbess, était la représentante du Sultanat d'Oman, dans la personne de Habiba Salty, au nom de son association philanthrope Sahab. Boughmiga, qui respecte énormément ce petit pays pacifique et impartial, dans un monde en ébullition, a posé fièrement avec le cache col drapeau de ce beau littoral, tout en se rappelant difficilement les chants révolutionnaires des années soixante. Ce n'était que sur les hauteurs de la ville de Kessra, que nous avons pu dépasser en hauteur le minaret de la belle mosquée de la place. Une vieille personne psalmodiait des textes coraniques et religieux, qu'il lisait dans des feuilles de papiers, d'une façon agréable et mystique. Avec la source d'eau, qui coulait interminablement au bas des falaises et irriguait les rares champs d'oliviers, arrachés à la morphologie naturelle du relief, on ne pouvait que respecter cette population de Fellah et de pasteurs. Bien sur, la colonisation Romaine, était encore manifeste et sur chaque sentier descendant la montagne, il y avait encore les pilonnes anciennes qui témoignent des constructions antiques. Lihidheb Mohsen 2015 KGB 5 On ne pouvait trouver mieux, quand l'essence même de la manifestation, se trouva dans l'activité humaniste. Les familles fictives de S.O.S. orphelins et autres, abritent plusieurs enfants dans une ambiance idéale d'intégration et de chaleur humaine. Pour chaque foyer de huit garçons, il y avait une mère responsable, présente en permanence, assurant les besoins primaires, assistant la scolarité et la révision tout en se comportant comme une maman réelle. Il y avait plusieurs foyers, avec des sponsors et protecteurs, dont leurs noms étaient bien inscrits sur les portes, malgré le fait que plusieurs, ne se sont plus manifestés depuis plusieurs années. Une sorte d'ingratitude monumentale et impardonnable, car il suffisait de formuler par écrit l'incapacité de continuer l'assistance bénévole, pour laisser l'option à d'autres bienfaisants. Il faut dire que la visite était peu organisée et il a fallu marcher sur les bouts des pieds pour ne pas déranger ces anges ou perturber leur rythme de vie quotidienne. Quelques fois, on attendait l'aménagement des unités, pour une visite publique, souvent voyante et passionnelle. Devant cette réalité sans équivoque, malgré les efforts du ministère de tutelle qui fait de son mieux pour assurer le minima des services primaires, l'association allemande de soutien et les quelques bénévoles engagés à la cause, l'appel est désormais unanime, pour le soutien de cette association S.O.S. dans son activité quotidienne d'accompagnement et d'intégration de nos enfants. Malgré les réserves manifestes des intellectuels locaux de Siliana, sur l'improvisation des visites et le maque organisationnel, la communication entre les associations s'est faite agréablement et toute l'équipe eue droit, aux activités culturelles, musicales, théâtrales et les activités en cours de préparation. Quelques exhibitions des jeunes artistes, en « one man show » furent très bien applaudies. Le soir, dans les locaux de l'institut des arts et métiers de Siliana, notre hébergeur, la jeune équipe théâtrale nous présenta, sans supports scéniques ni additifs, une pièce physique et verbale, basée sur le mouvement et le sonore, dans laquelle touts les acteurs étaient performant, autour d'une petite fille rayonnante de fougue artistique. Pendant la soirée, touts les poètes ont eu le droit à deux lectures de leurs réalisations et certains eurent même le droit à la projection de leur imaginaire sur une réalité galopante et débridée. Le lendemain, à l'occasion de la rencontre improvisée avec Monsieur le Gouverneur de Jendouba, sachant que le groupe ne faisait pas de politique, son assistant avait présidé une séance unilatérale avec une discussion évasive de préséance. Toutefois, l'art d'une fresque murale fixée au jardin du Gouvernorat, édifice colonial reconvertie, résonnait aux cris de protestations des centaines de pauvres, réclamant les aides en nature « minés » fournis par les pays amis, suite aux inondations cycliques. Sur ce, le minibus, mit le cap sur Aïn Soltane, dévala du terrain, monta des centaines de mètres en altitude et permit à ses occupants d'apprécier les paysages et la réverbération des lumières sur les collines mitoyennes. Difficilement accessible, l'endroit était très bien aménagé et réservé aux associations et expéditions organisés. L'accueil était chaleureux et la gastronomie très locale avec du couscous berbère, des salades et du lait caillé. Un feu de bois, dans une cabane au milieu du grand jardin, dans cette hauteur de vent et de froid, était entouré par les participants, dans l'hilarité et la joie. Lihidheb Mohsen 2015 KGB 6 Vive le Nord, le Sud...et les autres. - Pour chaque endroit sur la terre, il ya forcément un haut, un bas, un nord...et cette délimitation géographique, n'est qu'un clin d'œil au monde et sa diversité régénératrice. Le nord de notre Bled, n'est ni meilleurs, ni pire que les autres...et son traitement, reste une collaboration à dimension culturelle, humaine et universelle. - La ligue arabe des arts et de la création et l'antenne de Majel Belabbess, avaient très bien ciblé l'objectif global de culture et d'humanité, tout en réussissant à choisir les partenaires et bénévoles exécutifs. - Le choix de cette zone frontalière et momentanément sulfureuse, était un acte de courage et de défit, permettant, la connaissance du relief, des villes, des sites historiques et de la condition humaine. - La diversité des âges et de sexe du groupe, était un plus qualitatif, créant une hétérogénéité positive et un échange fructueux de savoir et d'approches. Un hommage particulier aux participants de la troisième session, dont on peut citer certains : H.Hajji, W.Moualhi, W.Mhedhbi, A.Hamzaoui, A.Chaker, H.Khadhraoui, S.Hajji, A.Benabbess, H.Rhimi, H.Gasmi, Ch.Messay, M.Lihidheb, N.Chtioui, H.Salty, M.Faouaz, L.Benamor, S.Hajjar... avec des excuses aux peu ou mal cités. - L'approche du groupe envers les entités et les jeunes élèves et étudiants en quête de soutien, était exemplaire et les aides financières se sont passées dans la dignité et le respect. - Un salut particulier à chaque spécialité artistique et culturelle de chaque participant, avec une grande appréciation au groupe des jeunes poètes incorruptibles de Majel Belabbess. « Chouaraa Saaalik ». - L'infrastructure accueillante au Kef, et à Siliana, étaient très satisfaisantes et un remerciement particulier est adressé au personnel et aux organisateurs du Ministère de la Culture du Kef et l'institut des arts et métiers de Siliana. - Boughmiga, en tant que maraudeur des plages et des compagnes du sud, est très satisfait de cette sortie vers le nord et remercie chaque membre pour son rôle dans la remise de Boughmiga aux autorités sanitaires de Siliana, quand il est tombé dans l'inconscience suite à un AVC imprévu. Il recevait vaguement dans un état semi comatique, les gentils mots de soutien des participants. C'était très important. Lihidheb Mohsen 2015

samedi 10 mars 2018

Portraits et sagesse 131

Dhaoui Moussa : Une grande figure du paysage social et culturel de la région de Rogba à Tataouine, qui milita depuis son jeune âge dans les rangs de scouts Tunisiens. Il faut dire que son village natal était toujours à la page de la réalité culturelle, politique et même intellectuelle de touts les temps, et les dizaines de notables, les huissiers notaires, les juges, les grandes personnalités arabisantes…ne pouvaient qu’influencer favorablement son statut professionnel et social. Il faut dire qu’en moyenne le quotient intellectuel de Rogba avait toujours été assez développé grâce à une scolarisation galopante et un élan collectif vers le savoir et la connaissance. En plus de sa qualité de cadre dans l’enseignement, Si Dhaoui, avait aussi présidé le fameux festival des ksour et l’association des amis de la mémoire de la terre Tataouine. Une présence organique dans le tissu culturel de la région, qui l’amena automatiquement à traiter l’histoire contemporaine à travers la radio locale. Il avait aussi pu arracher plusieurs personnes de l’oubli, qui témoignèrent en personnes sur les péripéties de la lutte pour l’indépendance, avant leurs décès. Un travail historiciste de terrain et bénévole, qui ne pouvait que consolider la mémoire collective et rendre justice aux oubliés de l’histoire régionale. Il faut dire que Boughmiga, qui avait fait un poème très tôt sur le vaillant Abdallah Haddad, était déçu quand Si Dhaoui l’avait invité en Tunisie sans qu’il en soit au courant pour le rencontrer et l’admirer. Toutefois, on ne peut que saluer les travaux inestimables d’historicité, de documentation et de témoignages de Si Dhaoui Moussa, pour sauvegarder la mémoire et redonner à l’histoire, son histoire. Respects et gratitudes à Si Dhaoui Moussa. Lihidheb Mohsen 10.03.18 Le Guevara du Djeffara De ses montagnes de Lybie, Seul descendît, Vers les plaines de Tunisie, Et participa aux combats, Des vaillants fellaghas. Bien sur, la France le condamna A mort par contumace, Et malgré cette menace Continua la guérilla. Mais aussitôt l’indépendance Et le retrait de la France, Il fût cette fois encore, Hélas, condamné à mort. Il rentra alors chez lui, Après un devoir accompli En vrai soldat inconnu Qui resta dans l’oubli. Un soldat de liberté Sans frontières milita Et dans notre mémoire resta L’objet de notre fierté. Nos hommages aux résistants, Qui combattirent l’injustice, Sans calculs ni malices, Refusant touts les tyrans. 16.08.09 Lihidheb Mohsen (A Si Abdallah Haddad, quelques parts Dans les montagnes de Lybie)

Portraits et sagesse 130

Najeh El Babour : Il a été confirmé que pour trouver des intellectuels, des gens bien pensants et de représentatifs du parcours, humain, il ne fallait pas forcément, passer par la capitale ou les grandes villes et il suffisait d’aller à Tataouine, cette ville désertique, pour trouver toutes les formes d’idéologies et de facettes du genre humain. C’était ainsi que Si Najeh El Babour, revint de l’étranger, plein de militantisme syndical révolutionnaire avec l’aspect général d’agitateur politique. Il avait bien sur, attiré les gauchisants et syndicalistes radicaux, sans qu’il ne s’implique d’aucune façon dans les conflits locaux. Une démarcation, qui marqua toute la période de ses activités au bled, se limitant au commerce d’huiles et une navette mercantile entre Tataouine et le nord. Toutefois, il resta l’ami direct, solidaire et chaleureux avec touts les gauchisants sous cette période de dictature totale. Il avait bien su transformé ses implications militantes sectaires, en de bonnes relations sociales avec les professeurs et les fonctionnaires syndiqués. L’ayant perdu de vu pendant une vingtaine d’années, il pointa une fois chez moi, visiblement transformé radicalement vers la droite, mais comme je l’avais bien discuté avec lui, ce revirement ne pourra jamais toucher le coté humain ni la bonnes relation avec les autres, dans leurs différences. Souhaits de bonheur et de santé, à l’icône d’autrefois, Si Najeh El Babour. Lihidheb Mohsen 10.03.18

vendredi 9 mars 2018

Portraits et sagesse 129

Tahar Ouerghemmi : Né à Tataouine, avec une partie de sa vie aux environs de Sfax, ll était encore jeune, encore élève, quand il dépassa son âge et ses conditions pour se placer dans le milieu des ses profs syndicalistes contestataires refoulés de la capitale et trouver ainsi, un refuge à son fougue de jeunesse et son énergie débordante. Il était un bon jeune homme lucide et épanoui, mais parait il, le décalage d’âge qu’il avait avec son vieux père même légitime, avait affecté son moral et son glissement foncièrement radical. D’une intelligence beaucoup plus que la moyenne, un quotient intellectuel assez développé par rapport à son âge, sa scolarité était plutôt perturbée avec un long passage au lycée de Djerba. Il parlait souvent de ses aventures et ses déboires avec les enseignants et autres sans lamentation ni amertume. Si Tahar était un très bel petit homme, blond, aux yeux marrons et d’un physique athlétique. Bien sur, son état d’esprit, sa maturité précoce et son énergie, l’avaient poussé automatique à émigrer à l’étranger sans laisser de traces. Une année après son départ, à la fin des années soixante dix, son grand frère avait reçu la visite d’un militant du moyen orient, qui lui raconta avec fierté les actions grandioses de Si Tahar, que ce soit sur les plans de l’entrainement, de la prédisposition et de l’engagement, pour finir en martyr pour la cause Palestinienne. Malgré les sentiments de gloire et de fierté de cette période, tout le monde pleura son décès et souhaita la paix à son âme. Bien sur, sans un déterminisme facilement envisageable, un sentiment puissant de militantisme, une cause unanimement juste, une prédisposition physique et l’offre d’une logistique immédiate, ne pouvaient qu’amener Si Tahar Oueriemmi à adopter cette noble cause de cette période. Mais, au point de mettre sa vie sur la balance et aussi rapidement, c’était inquiétant. Toutefois, il parait qu’il n’avait tué personne et se consacra jusqu’au bout de ses convictions. Pour la cause humaine et une maturité militante précoce, paix à ton âme, Si Tahar Ouerghemmi. Lihidheb Mohsen 09.03.18

Portraits et sagesse 128

Sami Hajji : D’origines moyennes, beaucoup plus au dessus du niveau social de Boughmiga, Si Sami, était le binôme pendant une année de formation continue dans une école supérieure de la capitale. Habitants dans le privé et vivant étroitement ensemble entre les études et le coté populaire de la vie de Tunis, on peut, maintenant dire, que l’entente était presque parfaite entre nous, à part les quelques différences mineures dans le quotient intellectuel, l’obédience politique ou le degré d’insubordination aux normes en vigueurs. Pataugeant toujours dans le milieu des choses, même pour les résultats et notes de la formation scolarisée, une prédisposition unanimiste peut être voulue, permettant une certaine quiétude et un confort collectif de passables parmi les passables ou ordinaires parmi les ordinaires. Sans rien de fâcheux ni regrettable, nous avions eu toutes les aventures et incidents possibles et imaginables. Il était un peu moins grand que moi et chaque fois qu’on allait dans un restaurant ou un café, on nous prenait pour des agents de sécurité au point de devoir faire des efforts pour payer nos consommations. Ce qui nous faisait beaucoup rigoler. Bien sur, le climat de l’école supérieure était aussi au parfum du militantisme universitaire et le passé radical de Boughmiga était souvent pris en conséquence. Il y avait aussi des étudiants étrangers d’Afrique, qui n’avaient pas forcément nos convictions politiques, surtout vis-à-vis de la cause Palestinienne, ce qui provoquait de frictions importantes. il se faisait que chaque jours en classe, j'écrivais sur le tableau noir un proverbe local que nous discutions, mais avec mon ami, le pseudo de Boughmiga naquit et se colla à ma personne lentement. D’ailleurs, Si Sami Hajji, était fier de montrer, en direct et preuves à l’appui, comment les gens de Gabés étaient solidaires et unis n’importe où….pendant que Boughmiga naviguait seul malgré la présence des Accara partout. Par la même occasion et à tout hasard, je demanderais pardon à mon ami, envers qui j’aurais fait des fautes, mais Dieu merci, la cohabitation était presque parfaite. Respects et gratitude à Si Sami Hajji, haut cadre actuellement dans son domaine, bon courage. Lihidheb Mohsen 09.03.18

Portraits et sagesse 127

Amor Khorchani : Découvert un peu tard, par hasard, comme d’habitude, dans un bled où personne ne connait personne, accroché chacun à sa destiné, ou à ce que l’Etat marionnettiste le permettait, Si Amor Khorchani, avait été piqué personnellement parmi une centaine de figures, car il avait les traits et le profil du sud, ce que Boughmiga, moi-même, avait remarqué devant l’ignorance totale qui frôle le dénigrement. C’était ainsi qu’il me confirma qu’il était de Médenine, artiste sculpteur et actif dans le paysage culturel de la ville. Je lui avais rendu visite dans son atelier où il exposait modestement ses travaux de taille et de formation. Il avait participé à des expos en plusieurs pays et représenta le pays à plusieurs occasions. Une autre fois, Si Amor était venu visiter mon musée écologique en compagnie de plusieurs grandes personnes. J’étais très heureux de l’avoir connu, jusqu’au jour où un ami en commun, Si A.J.Jendli, m’annonça son décès depuis quelques mois. Une grande perte, un grand malheur, Paix à l’âme de Si Amor Khorchani, que Dieu l’accepte dans ses paradis. Lihidheb Mohsen 09.03.18 Boughmiga, s'en va en ville - Ils étaient nombreux les artistes, des barbus, des rasés de pré, des visages connus à travers les médias, des sommités escortés par leurs filles, des quinquagénaires trop confiants et narcissiques…animaient la salle à peine suffisante pour contenir leurs auréoles planétaires. Boughmiga biglait la foule, distrait, fatigué par le long voyage mais rafraîchis par la blancheur et la beauté des quelques femmes présentes. Personne ne fit attention à lui, ce nouveau membre aux allures compagnardes, qui s'attendait à être reçu et présenté dans un geste de reconnaissance, d'accompagnement et de soutien. Déçu, il commença à regarder dans la foule s'il reconnaîtrait quelqu'un, en vain. Pourtant, son art est désormais connu mondialement et retenu comme référence en la matière. Il est parmis les rares eco artistes du tiers monde qui a fait ses preuves dans le land art, le pop art, l'assemblage et le recyclage artistique. (Rideau) - Puisqu'il n'a pas toujours l'occasion de "monter" à la capitale, Boughmiga passa à la maison de la poésie, cachée dans un labyrinthe de ruelles sinueuses et froides dans la médina, il l'a trouvée difficilement. En réponse à la gentille secrétaire, il déclara : « Je viens faire sortir la poésie de sa maison prison, des ses manuscrits, des livres, …comme j'essaie de faire libérer l'art des cadres restreints, des tableaux contraignants…et les faire revenir à leur espace commun la nature. » (Rideau) - Excédé, Boughmiga se dirigea de pied ferme vers les buildings de l'écologie, au moins la bas, il sera bien accueilli et reconnu, car c'est bien lui le premier qui ramassa massivement le plastique dans le pays, nettoya périodiquement 150 Km de plages pendant 16 ans, obtint un record Guinness, sauva des tortues, des oiseaux, des dauphins, créa un musée écologique "mémoire de la mer", son film "sacrées bouteilles" fit le tour du monde et primé partout… Aussitôt arrivé, Boughmiga, trouva la "maison clause" avec une pancarte virtuelle signalant : «mise à niveau". Déjà !!!! (Rideau) - Cette fois, Boughmiga reprit son esprit et dit : "Home sweet Home", je vais à mon Office, mon employeur, ma référence, ma raison d'être, le métier que j'avais choisi, où j'ai commencé très bas en solidarité avec le prolétariat, bien sur, d'autrefois…Alors il se pointa, nom, prénom, matricule, grade, 32 ans de service, comptable avant d'entrer commis dans cette administration, beaucoup de capacités de synthèse et de création, il expliqua qu'il sait, qu'il connaît, qu’il peut…et à la fin on lui avait dit : STOOOP, on sait que tu connais, c'est pour cela qu'on te laisse cloué. (Rideau) - Furieux, enragé, Oedipe rejeté par sa madre, se dirigea vers son parti politique de façade et devant la tour verticale, vitré et glaciale, il se sentit tout petit et cru entendre : " Tu viens d'aussi loin, hein, pourquoi tu ne reste pas dans ton patelin, hein, on sait que tout nous berne, assez de balivernes " (Rideau) -Boughmiga le néanderthalien, repris son esprit, et se dirigea en catastrophe vers la pagode de la culture, où on le prit pour un libyen à cause de son accent Zarzissien. (Rideau) -Au passage, étant correspondant depuis longtemps, il passa voir un journal de la place, où on le cloua sur place d'ingratitude et de rejet. (Rideau) Ainsi passa Boughmiga, la journée à errer dans la capitale sans trouver le moindre accueil, ni chaleur, ni les mots justes nécessaires à une communication humaine. C'est alors qu'il se rappela et interpella un ami de longue date et autour d'un café, après que Boughmiga eut raconté ses méandres de la journée, l'ami lui dit : " Espèce de cafard, qu'est ce que tu viens foutre ici, déserteur de ton bled, brûleur d'étapes, Fellag, intrus, Jabri, pique assiettes, Zkim, …. Casses toi, rentres dans ton Douar et ne parle plus d'art et de foutaises qui te dépassent. " Et sous le fou rire, le brouhaha de l'extériorisation, Boughmiga se rappela, comment pendant le début du siècle, lors des épidémies et les famines, les razzias, les grandes villes fermaient leurs portes aux réfugiés et aux malades et les laissaient mourant devant les tours. Personne n'ouvrait les portes, ni amenait des soins ou de la nourriture, ni les gens des divers cultes, ni les constables ni les autorités coloniales. Seuls quelques ouvriers anarchistes Français et Italiens, brisaient la quarantaine et secouraient les pauvres au risque de leurs vies et la répression de la loi. Maintenant, il n y a plus de grandes portes à Bab Jebli, Bab Diwan, Bab Assel, Bab El Khadra, Bab Bhar, Bab Bnet, Bab Aliwa, Bab el Fella…. Mais dans les esprits, dans la mémoire collective, dans les séquelles administratives, dans les préjugés et les égocentrismes, ces portes sont encore cadenassées d'une façon ou d'une autre aux visages des paysans de l’intérieur du pays. Lihidheb mohsen 13.12.2007

Portraits et sagesse 126

Ali Dab : de la tribu de Jlidett de Tataouine, Si Ali fit des études en orient, puisant de la culture arabe de ses sources et fort léger, d’autres fardeaux, que la langue de ses ancêtres, ce qui lui octroya un grand savoir. C’était dans les années soixante dix, quand le pan arabisme baathiste bâtait son plein et lui faillait une clandestinité de fait pour échapper aux agents de Bourguiba. Dans une société favorable aux idéaux nationalistes arabes, comme pour les idées islamisantes, les gens n’étaient pas moins acquis au comportimentalisme sécuritaire d’autrefois et la mainmise rigide de l’Etat. Malgré l’effervescence constante des idéaux à la frontière sud, Si Ali Dab, n’avait pas affecté par ces courants aventuriers et garda toujours une conduite intellectuelle, fidéle à ses convictions et ses principes. Il opta visiblement au travail par la culture et s y attela par la poésie, les textes, les écrits et certains scénarios de films populistes locaux. Installé au nord, par nécessité de travail, il avait aussi des activités associatives et une relation directe avec le milieu des écrivains et poètes. Il faut dire que sa grande famille, basé comme tout le sud Tunisien d’autrefois, sur le système des rapports de tribus, avait une très bonne relation avec Ouled Mhemed de Accara, où elle allait chaque année reposer leurs troupeaux sous l’oasis de Souihel et récolter les dates sèches en provisions. Une relation humaine durable et unique, en comparaison à celle sporadique avec les gens du sud, utilitaire avec les islanders et presque nulle avec l’ouest immédiat. Les images de troupeaux arrivant et rentrant pleins d’énergie, restent encore dans la mémoire collective et celles des visages, sages, de Dhahbia, de Fejra, de Hajj Dab…restent encore rayonnantes. Respects et souhaits de bon courage à Si Ali Dab, et un hommage sincère à la mémoire de nos anciennes et anciens paix à leurs âmes. Lihidheb Mohsen 09.03.18