jeudi 8 août 2019

Dali, comme Djerba.

Toutes les rues encore en sable de la ville de Houmt Souk, capitale de l’île de Djerba, étaient marquées par les traces en pierres zigzagantes des anciens ruisseaux d’eau de la centaine de puits desservant cet oasis verger. Comme des toiles d’araignées, ces petites canalisations, étaient nécessaires pour faire pousser les palmiers, les pommiers, les grenadiers, les corètes, les vignes, les carottes, les légumes, la luzerne… Il faut dire que Djerba, était fameuse dans toute la région, pour sa production en dattes « Lemsi », grenades, abricots, produits de la poterie et transformation de la laine en produits finis. Ces sources d’eau, dans un climat aride et difficile, faisaient en quelques sortes, et avec les activités de la mer, les grandes cultures de céréales et d’olives, les éléments des échanges et de la survie. L’extraction se faisait par les chameaux dans leur navette incessante sur une pente douce, déversant à chaque fois de l’eau dans de grands bassins de collecte et de distribution. Une création de la vie, par des centaines de rayonnements d’énergie aquatique sortant de la terre et fertilisant des ilots de verdure. Suite à la proposition de Dali, ou Boughmiga junior, une comparaison sympathique avait été faite à partir d’un seul endroit, entre le puits avec ses canalisations d’autre fois et l’école pour enfants qui a pris la place de la source de l’endroit même. En effet, comme la place distribuait des denrées et une mentalité adéquate au moment d’alors, dans l’esprit des écoles coraniques d’antan, l’établissement éducatif d’aujourd’hui, distribue aussi du savoir, de la connaissance et de l’énergie humaine vers le monde. De cette optique comparative, Dali, proposa de parler de certains aspects du quotidien des hommes pendant les deux périodes aussi évolutives soient elles. Paysage d’autrefois : Oasis de palmiers avec cultures à étages allant du grenadier aux légumes, des huttes en bois et tiges tressées, des haies de cactus et des fleurs géantes d’agaves, des routes en sable creusées par les sabots des animaux de traction. Paysage d’aujourd’hui : des rues en lignes droites asphaltés, des constructions uniformes, des pylônes lugubres, des engins violents dans touts les sens, des cages confortables pour hommes. Des cages pour animaux… Déchets d’autrefois : Néant, néant, néant, néant, néant….même les sauterelles et les peaux de moutons étaient comestibles… Déchets d’aujourd’hui : Emballages en carton, en métal, nourriture, carburant, émission de gaz, consommation des énergies fossiles, divers…pour arriver à un niveau de zéro sur vingt à dix neuf sur vingt….dans une croissance néfaste non stop. Homme d’autrefois : Costaud, intègre, paisible, travailleur, ambitieux, lucide…avec des produits locaux pour sa consommation et son accoutrement. Tend vers la conquête du pays et l’Algérie par sa vocation au commerce équitable et fournir ainsi une autre source de revenus pour combler les besoins de sa famille sur l’Île. Homme d’aujourd’hui : Individuel, incertain mais ambitieux, sujets aux dépendances comme le tabac, le portable, la consommation provenant d’ailleurs, avec des accoutrements étranges…. Tend aussi vers l’étranger pour des raisons différentes tout en restant attaché à l’Île. Consommation d’autrefois : Eau de pluie, poudre d’orge, blé, couscous, lait d’ovins et caprins, zoumita, bsissa, fruits, légumes, poissons secs, viande lors des fêtes…. Produits à la portée et presque gratuitement. Consommation d’aujourd’hui : Eau vendu en bouteilles, lait vendu en boites en carton, tout est vendu en magasins de consommation, les besoins primaires sont devenus illimités, les mets locaux sont devenus rares en face des pâtes, du riz, la pizza, conserves….le tout à des prix onéreux…effaçant méticuleusement les produits locaux. Bruits d’autrefois : Zâaa, Errr, Ekhht, Soss, Kiss, Chirr, Ijjhoh, Baghghli, bêlement des moutons, sabots des mulets de transport, coquericos des coqs, chameaux en rut, interpellations entre paysans, braiments des ânes, voix mesurée et agréable d’appel à la prière, cris des oiseaux, récitations des enfants à l’école coranique, youyou des femmes effectuant une entraide inter familiale « Raghata », crieur public annonçant le debut du Ramadan, le soir bruit des coups de souliers sur les scorpions chez les voisins… Bruits d’aujourd’hui : Vrombissement des moteurs d’engins, clacksons, tic tac des horloges, bruits de moteurs de climatisations, musiques des téléviseurs, appels des portables, appels assourdissants et simultanés à la prière, bruits des avions, sirènes des ambulances, pétarades des feux d’artifices pour une raison ou une autre, illuminant le ciel et effrayant les enfants et les animaux par leurs explosions… Soins d’autrefois : Saignée du front, saignée du haut de la nuque, massage à l’huile d’olive, points de brulures sur le ventre, points de brulures sur le ventre au dessus d’une feuille de cactus, lotion d’herbes, médication mystique par la Hadhra, gestuel et cérémonie d’extraction du mal, succion du poison des scorpions, fixation des fractures d’os par des bâtonnés, cachet d’aspirine ou « l’éléphant » du la boutique du village….le tout presque gratuitement. Soins d’aujourd’hui : Hôpital, une dizaine de dispensaires, une centaine de médecins, une dizaine de cliniques, des centres spécialisés, une vingtaine de pharmacies, divers thérapeutes….à des prix souvent inabordables, sans que la santé ne s’améliore proportionnellement. Petit déjeuner d’autrefois : Bsissa avec des dattes ou figues sèches, lait de chèvre…avec peut être un œuf du poulailler. Le tout produit gratuitement à la maison. Petit déjeuner aujourd’hui : Rondelles de pain, beurre, confiture, miel, lait, œuf dur, café, brioches, chocolat, yaourt, gâteaux secs. Le tout acheté au magasin du coin ou la grande surface de la consommation. Evènements importants autrefois : Finir d’apprendre par cœur ses sourates, rentrée scolaire, mariage pour manger du couscous, décès pour l’animation humaine, descente de la pluie, fête pour manger de la viande, cueillette des dattes, cueillette des olives, dépeçage d’un palmier tombé par le vent, mois de Ramadan, adieux des pèlerinages, les siroccos et les veillées familiales sur les monticules d’algues au bord de la mer, chasse aux scorpions le soir. Evènements importants aujourd’hui : Avoir de l’argent, aller en France, réussir son bac, avoir ses papiers à l’étranger, réussir par touts les moyens, se battre pour être le plus malin, mariage, match de foot, festival, achat d’une voiture ou une maison luxueuse…. Cartables des écoliers autrefois : Un sac en tissu des aides onusiennes, des brindilles coupées des régimes de dattes pour apprendre à compter, de la craie directement extraite de la colline, un cahier, un livre qui avait déjà servi pour deux années scolaires au moins, une ardoise, un chiffon d’éponge, quelques crayons…. Cartable des écoliers d’aujourd’hui : Un cartable sac à dos flambant neuf chaque année, des cahiers pour chaque discipline, des livres pour chaque matière, des livres soit disant de soutien scolaire, une équerre, un compas, une règle, une gomme, un tailleur, un chiffon en mousse synthétique, un rapporteur, une machine à calculer, des papiers monnaie… une quantité que l’enfant ne pouvait porter à la fois et devait l’apporter selon les besoins… Achats d’autrefois : Cinquante grammes de tomates en conserve, vingt centilitres de pétrole pour la lampe, vingt centilitres d’huile d’olive, cent grammes de sucres avec dix grammes de thé noir, une pommade pour les yeux, un cachet d’aspirine, un cachet l’éléphant….et la petite boutique de cartier faisait le rôle du médecin, du la pharmacie et du kiosque… Achats aujourd’hui : Mercantilisassions de touts les produits au point d’acheter même de l’eau à boire et tomber dans le consumérisme total et durable. Odeurs d’autrefois : éponges de la mer, arôme de la semoule de couscous au vapeur, mets avec de la viande, odeur de la farine d’orge compacté dans la jarre, odeur du caoutchouc quand il faut dénicher un serpent, odeurs des fleurs et légumes, odeur du musc au auprès des vieilles femmes, odeur de l’encense aux occasions sérieuses, odeur de la mer, odeur de la terre après la pluie, odeur de l’herbe,odeur du piment vert sur une chakchouka au petit poisson, odeur du pain rond saupoudré de cumin … Odeurs d’aujourd’hui : Odeur des gaz d’échappements, odeurs des huiles frites à l’extrême, odeurs des poubelles, odeurs des produits synthétiques, odeurs de la peinture artificielle, odeur des détergents aussi nocifs que les bactéries à nettoyer…. Risques d’autrefois : maladies, chute d’un palmier, tomber dans un puits, guéguerre, sécheresse et pénurie alimentaire, manque de pluie, piqure de scorpion, chien enragé… Risques d’aujourd’hui : accident de voiture, électrocution, échappement de gaz domestique, rétrogradation de l’immunité à force d’antibiotiques, armes de destruction massive, intoxication par les conserves, les colorants, les arômes et les goûts artificiels alimentaires… Jeux d’autrefois : Jeux de dame sur sable avec des noyaux de dattes et pierres, dattes vertes troués par des fourmis et ensevelis sous le sable que l’on se pariait déterrer et manger en les piquant au hasard par des épines de palmes regroupées, jeux des fellagas avec active avec un endroit en guise de Mecque de salutaire, Toupie, billes, monnaie à lancer dans un trou, des ventilateurs tournant contre le vent et faits à partir de feuilles de palmes, cerf volant fabriqué sur place, football de vieux et vieilles avec un baton et une de peau enroulée pour invoquer la pluie, Oum Ktambou dans une danse d’imploration de la pluie aussi, course de bateaux avec des bases de palmes colorées avec voiles et gouvernail…de tel point que les jeux étaient gratuits et intégrés dans l’activité sociale et utilitaire. Jeux d’aujourd’hui : des voitures et animaux en plastique achetés, des jeux vidéo sur portables, des compétitions soumises au mercantilisme, des gadgets et divers produits de loisirs onéreux, soit, une industrialisation totale du secteur… Ainsi, l’imaginaire de Dali, à partir des traces des ruisseaux sur les routes de Houmt Souk, contourna la toile d’autrefois, son rayonnement culturel et social, pour la comparer avec celle d’aujourd’hui, différente, moderne, mais avec une nette absence de l’intégration de l’homme dans son milieu. Sur cette merveilleuse Île, ce musée ouvert de la sagesse humaine, cette transformation progressive, s’effectua dans des sens, qui ne sont pas toujours à l’avantage de tout le monde. Juste pour dire, que les collègues de Mohamed Ali, des fils de Djerbiens, de médecins, de fonctionnaires, de mécaniciens, de paysans…, aimeraient garder le rayonnement que faisaient les puits d’autrefois créateurs et promoteurs de la vie, en faisant de leur école, cette fois, un tremplin culturel et éducatif, pour s’affirmer, conquérir le monde et atténuer le consumérisme. Une adéquation et intégration des nouveautés à l’authenticité de la sagesse comportementale des anciens, seraient des parades aux glissements en vigueur. Joindre les deux approches d’autrefois et d’aujourd’hui, pourraient barrer la route aux intervenants tendancieux et laisser à Djerba, son caractère de paradis sur terre. Dali et Boughmiga Lihidheb Mohsen 10.2019

mardi 6 août 2019

Scarabée de Kafka et figue de Boughmiga.

Les scarabées de Kafka avec les figues de Boughmiga, qui arrive le premier tôt le matin, avec la rosée de l’aube, pour mordre en plein dedans, à pleine bouchée, de vie, d’énergie et de survivance. Le fruit dégoulinait de miel, de bonheur et de joie de vivre. Visiblement la petite bête ainsi que la bête humaine, se relayaient sur la proie et acceptent de l’être à leur tour, un jour, comme il se doit. Les figuiers vierges Elles étaient nombreuses, pendant mes randonnées heureuses, M’offraient leurs fruits chaque année, souriantes et mielleuses, Rares les personnes qui passent ici, dans ces vergers sauvages, Planté dans un isthme isolé, par des fellahs d’autres âges. Alors pour honorer ces offrandes et remercier les figuiers, Qui ont dû faire de grands efforts, pour produire et résister, Au manque de pluie et la sécheresse chronique, Et s’offrir, aux autres passants, par ses fruits magnifiques. Le passant peut être un insecte, un chien ou un renard errant, Les fourmis voraces de vie, les abeilles et bourdons, Alors, je mange de chaque arbre quelques fruits, En gratitude au créateur, et leur attachement à la vie. Dommage, pourtant pour les femelles rencontrées, Il y a, des fruits murs, à respecter et consommer, Mais, pour les humains, mystérieux et incertains, Il y a trop de confusion dans les sentiments et les instincts. Je trouve donc, plus de joie, avec des arbres devant moi, Qu’avec des humains fatigués, absents, compliqués et froids. Vive la nature, les arbres et la vie sauvage, Où je prends à la source les figues, les raisins, Les melons, les pastèques, les truffes et les grains, Et faire en les mangeant, un devoir et un hommage. Les figuiers étaient vierges pour moi le seul humain, Qui partage sa pitance, avec les animaux du coin. 02.08.2011 (Aux arbres fruitiers qui se reconnaitraient, et à Ejdaria)

samedi 3 août 2019

Livres ouverts sur la mer de Zarzis...

Pour garder la mémoire, il ne peut y avoir de meilleur réservoir que la mer, dans son mouvement et sa profondeur dans le temps. En effet, en face des vagues bleues, une foule d’enfants, avec plusieurs parents, écoutaient le conteur envoutant. Le cheval du prince, la fille du sultan, le vieux sage, la femme veuve et pauvre…, des personnages, des images, des métaphores…se succédaient dans les esprits des enfants comme dans un film, profond, très profond dans leurs imaginaires. Le conteur accompagné de temps en temps par un poète populaire, maîtrisait bien ce petit public, assoiffé de savoir et de connaissance. Quand il fallait répondre à des questions, les enfants se chamaillaient comme dans une salle de classe, pour répondre avec passion au sujet des péripéties des petites histoires contées. Dans une approche traditionnelle des années quarante, d’une société paysanne et honnête, le conteur avait peu intéresser les jeunes et les grands de ce rassemblement, en les faisant sortir progressivement du quotidien lourd des jeux sur portables et divers factices de la vie. Une tente géante en face de la mer de Zarzis ville, aménagée avec plusieurs tables pleines de livres pour enfants et d’autres pour adultes, un attirail de musique paradoxalement bruyante mais juste pour attirer les gens de leur relaxation sur la plage et quelques animateurs d’enfants….une initiative organisé par l’association des amis de la bibliothèque et du livre, en collaboration avec le festival des éponges de Zarzis dans 47ème session. Une manifestation réussie et qui assurera plusieurs ateliers pour enfants jusqu’à dimanche midi. Une belle attraction directe et indirecte, pour faire aimer la lecture et le livre, porteur de notre mémoire à tous, et certainement notre futur local et universel. Bravo à toute l’équipe, Salem Zouagha, Mme Ameri, Si Abdallah (musique), Si Jouneydi (compteur) et son compagnon (poète populaire). Lihidheb Mohsen Zarzis 02.08.19

jeudi 1 août 2019

Tourisme alternatif...

Un colloque, sur le thème du tourisme alternatif, avait été organisé le 01.08.19, par l’association du festival des éponges de Zarzis, dans la salle de l’école de pêche. Présidé par le professeur Hassen Khenissi, deux interventions avaient eu lieu, par l’imminent Docteur international T. Abichou et l’ingénieur Mme Romdhane. Par des exposés sur écran géant, en présence d’une assistance au nombre relativement respectable, les deux approches étaient fort intéressantes et peu conventionnelles, par l’analyse, la compréhension et le suivi visuel à force de paraboles zigzagants. Comme Madame Romdhane avait surpris par le rationnel de son allocution, le Docteur Abichou, avait fourni plusieurs chiffres clefs, suite à une étude académique effectuée sur le tourisme de la région de Djerba Zarzis. C’était comme ça qu’on a pu savoir que le touriste consomme 766 litres d’eau pour jour, vingt pour cent seulement des eaux usées sont recyclées et le reste va dans la mer, que trente six pour cent des déchets solides proviennent du tourisme, que ces visiteurs constituent en moyenne sept pour cent de la population, que les cubes géants des déchets de l’ile de Djerba conçus pour six mois, gisent depuis dix ans des conditions alarmantes pour toute la région, que l’accroissement de la population, la surconsommation et le réchauffement climatique, s’effectuent rapidement que ce soit sur les plans de l’eau ou l’énergie et aucune initiative alternative n’est en vigueur . Dans l’esprit pragmatique correspondant et suite aux débats, il s’est avéré pour tout le monde, que le village éco solaire de Zarzis est urgent et impératif, et selon Docteur T. Abichou, la solution aux difficultés énormes des déchets de Djerba réside dans la réouverture urgente de la déchetterie de Guellala en attendant une solution sérieuse. Ainsi, comme la région s’était intégrée dans son milieu, par la pêche aux éponges et la transformation de celle-ci en valeur lui permettant le plantage d’une oliveraie, l’intégration du tourisme, serait aussi dans le même comportement ancestral. Une intégration qui ne peut que s’effectuée aussi dans le futur et l’assimilation des « happenings », comme le réchauffement climatique, la désertification, la surpopulation, la surpêche, la surconsommation… Encore bravo à nos ingénieurs, aux rapporteurs Madame Kaouther Khenissi et Nabila Boulaaba, et l’équipe du festival des éponges de Zarzis. Lihidheb Mohsen 01.08.19

mardi 7 mai 2019

Boughmiga président...!!! non.

Comme si s’était une boutade, de l’humour noir, une extrapolation, un caprice égo centrifuge, un déluge d’intox, un flagrant paradoxe, un coup de tête, un lapsus obsolète, un narcissisme grotesque, une déprime manifeste, un leurre injuste versant dans l’erreur, un coup de cœur…pendant que Boughmiga, véritablement, n’avait jamais pensé à se présenter aux élections présidentielles ou autres, et ce n’étaient que les propositions amicales de certaines grandes personnalités de capacités et réputations internationales. Une aubaine, une occasion unique, pour vulgariser ses acquisitions et réalisations écologiques et humaines. Dans les faits, les supporters de la candidature, auraient peut être raison, quand ils suivaient le parcours du profil de Boughmiga, ses réalisations, ses productions littéraires et poétiques, ses films documentaires, ses installations artistiques, son record mondial en nettoyage des plages, ses positions protestataires et humanistes durant une trentaine d’années, son élan de convivialité universaliste, son authenticité ouverte et constructive, ses travaux sur le patrimoine, son attitude combattives vis-à-vis de toutes les dictatures et violences, son esprit libre et supra conjoncturel, sa qualification de commandos de l’esprit et maraudeur infatigable, sa voracité des livres en quatre langues et dans plusieurs disciplines, sa qualité de président de l’association des amis du livre et membre fondateur de plusieurs autres associations, ses approches insolites et peu conventionnelles, sa capacité à comprendre les sujets, les assimiler et promouvoir, ses prédispositions conceptuelles tranchantes et constructives, sa dextérité de séquençage et décryptage de l’échiquier géopolitique en mouvement, son relativisme objectif et mobile en avant dans le temps, son reflexe statisticien et profilitste des événements, sa position lucide avec le rudimentaire jusqu’aux dimensions astrophysiciennes, sa philosophie expérimentale le contraignant à subir toutes les expériences et les violences pour en déduire des acquis, sa démarcation vis-à-vis de touts les préétablis et couloirs d’unanimisme comportemental, sa faculté de fructifier chaque chose en traduisant ses valeurs honnêtement à l’aller et au retour de son parcours, son énergie débordante quand il le faut dans un tourbillon de pollinisation des idées et des faits, son militantisme pour sauver Djerba de la pollution jusqu’au jour où il se sentit repousser physiquement, son scepticisme criard envers les méga projets étouffants de la région, son insaisissabilité dans n’importe quel système ou idéologie, sa relation supra normale avec le créateur et l’ambiant…. Oui ils auraient peut être raison…visiblement. Mais, bien sur, on aurait jamais besoin de quelqu’un aussi libre penseur et indépendant, car comme partout, il faudrait quelqu’un, qui ferait l’affaire, porterait le chapeau, le costume ou la Jebba sur mesure, servirait les intérêts des prédominants et appliquerait à la lettre, les impératifs de l’orientation en vigueur de la corruption locale et d’ailleurs. Au dessus de cette candidature fictive et fantaisiste, il y a vraiment une part de vérité très douloureuse, quand depuis les années soixante dix du siècle dernier, Boughmiga, soufrait double et triple pour chaque sujet qu’il abordait. A chaque occasion, il annonçait dans les réunions des conseils municipaux, sur les journaux, sur la radio, puis plus tard sur le net, ses préoccupations écologiques, économiques ou politiques et proposait des solutions, alors encore possibles, mais que l’on n’écoutait pas sujettes à la risée générale des élus et autres. Il souffrait encore plus quand après quelques années ses prédictions se confirmaient et ça foirait, alors on appelait cyniquement à l’écouter, cette fois quand il est trop tard. Même pour un nouveau départ, juste et adéquat, les idées de Boughmiga étaient toujours avant leur temps et difficiles, ce qu’on lui avait dit directement à la face. Cette disproportionnalité dans le temps et dans l’espace, c’était passé des douzaines de fois, à l’échelle publique ou familiale, pour que lui-même, subisse douloureusement les répercussions négatives de ce qu’il avait préconisé auparavant et souffrait les douleurs de la scie de la médiocrité à l’aller et au retour. Il fût certes, à plusieurs reprises, l’ennemi numéro un des dictatures dans le pays et ailleurs, l’homme à abattre se cachant habilement derrière sa marginalité et sa mobilité comportementale tourbillonnante, l’opposant le plus radical et têtu, l’homme toujours présent dans les réunions (il pensait qu’il n’était pas locataire dans le bled) à argumenter fort et cassant contre courant, l’homme qui se bat corps à corps avec les médiocrités de toutes sortes….pour rester en fin de compte, l’ami de la nature, le respectueux des religions, l’ami de touts les êtres vivants, le patriote fidèle, l’universaliste et humaniste…jusqu’au bout. Une présentation, qui aurait servit à la vulgarisation de l’action écologique, mémoire de la mer et de l’homme, et permit la sensibilisation aux problèmes environnementaux et à la vie animale. Les questions de la migration clandestine et les violences organisées, auraient été les objets de la compagne. Il faut tout de même admettre que la pollution affecte gravement le pays du nord au sud une réaction énergique reste impérative. Ainsi, Boughmiga ferma le dossier, de cette candidature inadéquate, pour revenir à nettoyer les plages, à s’occuper de la mémoire des migrants victimes, à faire ses assemblages artistiques, à jouer aux échecs, à lire toutes sortes de livres, à participer aux activités culturelles dans les associations et à essayer de moins regarder la dérive….collective, Allah Yehdi. Que ceux qui se présenteraient, mettent en priorité la relance du pays, par le travail, l’honnêteté et la volonté, car les dimensions universelles de l’homme, commencent bien à partir de chez soi. Lihidheb Mohsen 20.04.19 Commentaire : Bénédicte Lienard Car les dimensions universelles de l'Homme commencent bien à partir de chez soi ! Face à la montée des fascistes ( résultat de nos élections européennes et en Belgique ) - hommes et femmes de tous pays- Unissons nous ! Commentaire : Mohamed Barrak mon ami j'ai confiance en toi je te choisis comme président avec plaisir et en toute raison et conscience . Commentaire Sayah Ourimi Winek yaa rajel leek wa7cha Inchallah tkoun bikhair:

samedi 20 avril 2019

Les chagrins de l'espoir.

Encore une fois, depuis trois quarts de siècle, les chèvres et moutons des voisins, investissent les jardins et errent dans le village à exterminer toute verdure et venir à bout des espoirs en quelques arbustes ou plants de vignes. En plus de l’éradication de l’oasis maritime, le tarissement des eaux artésiennes d’irrigation, le bétonnage en règle, l’engloutissement des gens dans le circuit consumériste, l’éloignement des gens des carrés de cultures maraichères familiales…ces bêtes aguerris et presque sauvages, viennent toujours à bout de tout ce qui est vert et debout. Il faut voir la déception des gens quand ils attendaient leurs plants d’oliviers grandir, ou surveillaient murir les grappes de raisins que raflaient gloutonnement le troupeau. Des histoires et des histoires avec la famille de ces nombreux animaux qui se renouvellent avec le temps avec un dressage agressif, sans de leur part, ne respectent l’éthique de voisinage et les règles de cohabitation entre paysans. A chaque fois, on ne pouvait rien faire aux agressions, car les bêtes étaient toujours naturellement innocentes, la famille insouciante d’un coté et très dangereuse en cas de conflit direct, car elle pouvait prétendre injustement des procès ou faire la victime. Une attitude de désertification de la région, qui atteint aussi l’oliveraie derrière la colline au dessus du plateau, quand elle amenait le troupeau la nuit et ne revenait à l’enclos que tard. Personnellement, j’avais séquestré ses intrus innocents à plusieurs reprises, sans que personne ne vienne les chercher pendant des jours. Je ne manquais pas de leur donner à boire et les laisser brouter les herbes de mon espace écologique, mais avec le temps, voyant leur lassitude et la monotonie de leur mouvement dans l’espace, je les libérais à même la route pour les voir cavaler joyeux vers leur famille. Devant ce dilemme presque centenaire, personne n’avait trouvé de solution à ses agressions et puisqu’on ne pouvait punir les bêtes et leurs propriétaires n’étaient pas moins peu sociaux et difficiles. Devant cette impasse, je viens d’avoir une idée, consistant à marquer les bêtes, quand elles attaquaient chez moi, avec des croix rouges et jaunes en peinture d’aérosol, afin de montrer la dénonciation et vulgariser publiquement ce comportement agressif. Un problème, qui rappelle les vieilles préoccupations des hommes sur la question palestiniennes, la violence, les famines, la migration clandestine, la pauvreté…et l’inégalité des chances entre les gens, qui méritent aussi un marquage par une croix en rouge et jaune, sur les dos des fautifs et ceux qui investirent, les premiers, les espaces naturels d’autrui. Alors, à travers ce tableau fantaisiste, on peut imaginer toutes les populations d’Europe, des Amériques, des Mongols, des Japonais, des Arabes, des Australiens…marqués à jamais, par les diverses iniquités, de violence, de génocides, de colonisation et de désertification en règle des pays des autres. Une image fidèle à l’histoire tout en restant apolitique, mais accablante, porte les chagrins de l’espoir, pour que chacun vérifie s’il est marqué et fait en sorte, pour rééquilibrer la donne et redonner au monde plus de justice et d’éthique humaine. Lihidheb Mohsen 20.04.19

dimanche 24 mars 2019

Journées Béchir Nebheni.

Sur une proposition de l’association du patrimoine de Zarzis, avec la collaboration de la maison de culture, les jeunes du club Zita et la maison de la jeunesse, une journée avait été organisée à la mémoire du martyr et sa famille, liquidés sauvagement lors de la bataille de Remada en mai 1958. L’implication engagée de Mohamed Noureddine Dhouib était décisive pour la réussite de la journée, ce que les activistes de l’association avaient concrétisé. Effectivement, la salle était comble et une très bonne élite d’intellectuels et mordus d’histoire et de savoir, voulaient avoir une idée plus précise sur cet évènement décisif de la lutte pour l’indépendance, surtout de la bouche d’un témoin direct et un peu « neutre ». Les interventions étaient très riches en informations relatives à cette période mouvementé et Si Béchir Ezzidi avaient bien contournés les conditions de la bataille et les divers évènements en Algérie, le panarabisme et les enjeux politiques internationaux, qui auraient influencé cet acte sanguinaire. Le droit de poursuite avec des bombardements et les barrages autours des casernes des colonisateurs, étaient les éléments de base d’une confrontation directe. Si Ali Myhoub, avait parlé de la constitution de l’armée Tunisienne, qui était très liées à la politique qui comme elle s’en servait pour la défense du territoire, s’en méfiait également. Elle était constituée par des anciens Yousséfistes graciés, des Tunisiens de l’armée Française et des militants recrutés. Paul Nicolas, avait parlé du colonel Mollot à travers le témoignage de sa famille, dans un petit livre qui parlait des péripéties de cette bataille vu du coté Bordj. Docteur Fatma Jrad, au sujet du 24 et 25 mai 1958, un pas vers l’indépendance totale. Elle avait relaté la chronologie des événements, les divers conflits, jusqu’à l’aboutissement à ladite bataille…pour souligner les étapes qui suivirent et aboutir jusqu’au retrait du pays jusqu’à Bizerte. Pendant que plusieurs parlent de la venue des avions de l’Algérie, Dr Fatma, affirme que le renfort aérien était partit de Gabès. Micallef George, en tant qu’ancien instituteur à Remada, collègue et ami du martyr, témoin direct des événements, se présenta pour la première fois devant un public dans cette journée et parla des fais. Il tenait une petite école en face de celle plus grande de Si Béchir et entretenait avec lui de bonnes relations professionnelles et amicales. Après la classe, il allait chaque après midi discuter pédagogie et littérature avec son collègue tout en parlant du temps des lumières et peu de politique. Le 24 mai à 18 heures, un soldat l’invita à rejoindre les familles des sous officiers au Bordj, sous la protection de l’armée, car la situation allait se compliquer. Au passage entre son école et le Bordj, il remarqua avec stupeur Si Béchir encore là avec sa voiture malgré qu’il ait dit aller vers Dhehibat. Il paraissait que touts les habitants de la petite bourgade en face de la caserne avaient quitté vers l’oasis un peu plus loin. Alors à 18 heures 30 il entendit un tir à la mitrailleuse, mais un peu lointain, ce qui affola femmes et enfants autours de lui. A vingt heures un tir d’obus explosa au milieu du Bordj suivi une demi-heure plu tard par deux obus l’un au garde et l’autre à coté. Sporadiquement des tirs de mitrailleuses d’entendait de loin en loin. A l’aube du 25 mai, s’étaient des avions qui intervenaient et sillonnaient le ciel sur un rayon de quarante km en tirant des roquettes sifflantes et assourdissantes. Après un long moment de silence absolu, il alla s’enquérir du sort de son collègue en face, mais il fut arrêter par un soldat à la mitraillette. En insistant, il parvint à accéder sous les débris des bombardements et constata la famille entière qui n’avait pas survécu aux grenades à main de l’armée. Comme le devoir de retenu et silence le retient encore, George n’avait pas décrit si son collègue était armé ou nom et hésita visiblement pour désigner un canon d’une arme indéfini dirigé vers le Bordj. Une affirmation ambiguë, qui déconcerte les deux positions. L’armée prétendait que l’instit était armé, ce qui était infirmé et d’un autre coté un semblant de petit canon pointé vers la caserne…qui reste peu probable. De son coté, Si Dhaoui Moussa, avait parlé des témoignages de la tradition orale, en citant plusieurs poèmes de célèbres narrations de faits. Toutefois, il insista sur le fait que le leadership était presque absent dans toutes les manifestations sociales et constata les diverses lectures des faits, à chacun son optique, à chacun sa vision auto satisfaite des événements. Ce qui nécessite une relecture juste de l’histoire contemporaine. De son coté, Si Med Noureddine Dhouib, confirma les interventions qui avaient bien contourné le sujet et s’engagea à faire un mémorial aux martyrs. Avec un passage respectable de Monsieur le Maire, les débats étaient au niveau des interventions et Messieurs, Abichou, Lihidheb, Msallem, Chaili, Khenissi, Fellah, Zridett, Mme Boubtane,…commentant les interventions et proposant des points de vues divers. Toutefois, le témoignage de George Micallef était fondamental, malgré sa limitation à un niveau de complaisance des deux parties. L’ambiance périphérique était importante à comprendre et les lectures partiales des tribus et des dissidents politiques étaient à retenir afin d’appeler à une plus grande rigueur scientifique dans l’historicisme. A un certain degré de réflexion et de compréhension, se basant arbitrairement sur le machiavélisme des uns et des autres, la création des événements, la gestion des circonstances, l’attaque d’une caserne avec des armes légères, les tirs à partir du toit d’une maison d’innocents civils, le chevauchement du Youssefisme sur une « infrastructure » Bourguibiste, la liquidation peu claire du leader BenJarbou pendant la bataille, le massacre par l’aviation d’un bon nombre militants des deux bords Tunisiens, l’ordre politique ou administratif, qui aurait été sommé au martyr Nebhani de rester sur place, ….toutes une série de questions qui incriminent l’armée coloniale incontestablement et dénonce aussi l’instrumentalisation politique d’enfants innocents, s’il ya leu, paix à leurs âmes. Lihidheb Mohsen 23.03.19